« On ne pouvait choisir une plus violente antithèse, — d’autant plus violente, lorsqu’on sort de la lecture du Satyricon de Pétrone et qu’on vient d’assister aux plantureuses goinfreries du festin de Trimalchion.
Les deux ripailles forment pendants, et l’on pourrait les accrocher aux murs d’une salle à manger comme on fait des Gras et des Maigres de l’humouriste anglais. Ce sont les deux extrémités de la vie sociale se rencontrant dans la satisfaction d’un besoin commun, avec des (…)
Articles les plus récents
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La Californie - 1859
20 mai 2012, par Léon la Lune -
Le marquis de Bacqueville, ses chevaux, son or, sa tête, ses aîles
18 mai 2012, par Léon la Lune« Jean-François Boyvin de Bonnetot (1688-1760), marquis de Bacqueville, officier général, si connu à Paris par la folle idée qu’il eut de se construire des ailes à ressort, avec lesquelles il prétendait traverser la Seine, et qui ne servirent qu’à lui faire casser la cuisse, par sa chute sur un bateau de blanchisseuses, a donné depuis des marques d’aliénation bien évidentes. Il s’était persuadé qu’il serait possible de vivre sans manger. Mais, avant de s’assujettir lui-même à ce nouveau (…)
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Le médecin parisien d’Asker-Khan, ambassadeur persan en France sous Napoléon Ier
17 mai 2012, par Léon la Lune« Asker-Khan, ambassadeur persan venu en France sous Napoléon Ier, se sentant malade depuis plusieurs jours ordonna qu’on fit venir M. Bourdois, l’un des plus habiles médecins de Paris, dont il connaissait le nom, ayant toujours soin de s’informer de toutes nos célébrités dans tous les genres. On s’empresse d’exécuter les ordres de l’ambassadeur ; mais, par singulière méprise, ce n’est pas M. le docteur Bourdois qu’on prie de se rendre auprès d’Asker-Khan, mais le président de la cour des (…)
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Essai sur les enseignes, par Alexandre Privat d’Anglemont - 1850
17 mai 2012, par Léon la Lune« Malgré tout ce qui m’a été dit et raconté de Londres, de Naples, de Constantinople et même de Calcutta, après une sincère comparaison de tous ces récits avec mes lectures, je suis et demeure persuadé qu’il y a certainement de plus belles et de plus grandes villes que Paris ; mais, en revanche, je suis intimement convaincu qu’il n’en est pas de plus curieuse.
Remarquez que nous ne parlons ni de Pékin, ni de Tombouctou, ces villes pour lesquelles les voyageurs réservent toutes les (…) -
Le chien qui aboie faux
17 mai 2012, par Léon la Lune« Rameau, rendant visite à une belle dame, se lève tout à coup de dessus sa chaise, prend un petit chien qu’elle avait sur ses genoux, et le jette subitement par la fenêtre d’un troisième étage. La dame épouvantée : « Eh ! que faites-vous, monsieur ! — Il aboie faux, » dit Rameau en se promenant avec l’indignation d’un homme dont l’oreille avait été déchirée. »
Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris - 1781 -
La calotte rouge de Privat d’Anglemont
16 mai 2012, par Léon la LunePrivat d’Anglemont, ce fouilleur intrépide des petits recoins de la vie parisienne, fit subir une mystification fort innocente à l’apôtre Jean Journet.
Privat avait la plus grande envie d’être complètement initié aux doctrines de l’apôtre. Malheureusement celui-ci vivait fort retiré et ne s’ouvrait pas volontiers au premier venu. La tenue pittoresque de Privat ne lui garantissait même pas ce petit accueil qu’on fait dès l’abord à tout homme bien vêtu.
Mais il n’était pas homme à (…) -
Les musiciens de Montmartre, par Erik Satie - 1900
14 mai 2012, par Léon la Lune« On me reprochera d’être bref, cela m’est égal.
Il y a deux ou trois cents ans, bien peu des musiciens actuels de la Butte existaient, leur nom était ignoré du gros public, et même du mince. Tout cela a bien changé, surtout — semble-t-il — depuis ces dix dernières années.
J’aurais voulu, au moyen d’usages talismaniques, hors de la portée des brucolaques, accomplir, au moins une fois, ce qui fut toujours mon plus grand désir : l’exécution d’un passage commémoratif pavoisant les musiciens (…) -
Le citoyen Chonmoru, libraire - 1903
13 mai 2012, par Léon la Lune« L’autre jour, je suis allé vers la Seine. J’ai profité d’un rayon de soleil pour rendre visite à mes bons amis les bouquinistes.
Comme j’achevais de longer le quai des Grands-Augustins, un assez étrange spectacle frappa ma vue. Quelques passants étaient assemblés ; au milieu d’eux se tenait une mendiante en haillons qui portait dans ses bras un poupon emmaillotté. Devant la pauvresse, un homme pérorait et gesticulait. Je le reconnus de suite, c’était M. Chonmoru, le vieil étalagiste, (…) -
Recette pour étuver les choux rouges : le testament de la duchesse d’Orléans - 1722
8 mai 2012, par Léon la Lune« Chaque légume a eu ainsi son heure de plus ou moins grande vogue ; même le chou qui, au siècle dernier, était recherché et servi sur les premières tables. A Versailles, aux jours des grands couverts, le chou rouge figurait parmi les entremets, assaisonné à la façon dite d’Orléans.
Louis XV raffolait de ce plat, et la marquise de Pompadour ne savait procurer de plaisir plus grand à son amant, que de lui faire apprêter, par un cuisinier émérite, un vol-au-vent au chou rouge à ses petits (…) -
Les bijoutiers des Halles - La mère Jadis - 1888
8 mai 2012, par Léon la Lune« A l’autre extrémité de la rue Berger, il existe encore un petit marché de légumes dans le pavillon formant angle sur la rue Pierre-Lescot. Il est d’ailleurs peu achalandé et les places qu’il contient ne sont guère recherchées.
La Ville les loue plutôt à des marchands de graines et de légumes secs, et même à des commerces absolument étrangers à l’alimentation. C’est là aussi que s’exerce l’industrie des bijoutiers, qui a succédé à l’invention légendaire de l’azard de la fourchette.
Leur (…)