J’ai eu l’honneur d’être au nombre des amis de Théodore Barrière — le regretté auteur dramatique — pendant les dernières années de celui-ci.
Quoi qu’on en dise, l’auteur de La Vie de Bohème des Faux Bonshommes, des Jocrisses de l’amour des Parisiens de la Décadence, restera un des plus vigoureux écrivains dramatiques de ce siècle. Une circonstance de la vie littéraire nous avait liés.
Un jour — il y a bien des années de cela, j’étais très jeune — je lui avais soumis un drame historique, (…)
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Alex. Privat d’Anglemont
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Un parisien d’autrefois - L’illustre Choquart - 1884
17 avril 2013, par Léon la Lune -
Le Berger en chambre - 1864
10 mars 2013, par Léon la LuneN m’accuserait certainement de fantaisie ou d’invention, si, pour justifier l’authenticité des types dont j’ai entrepris de tracer les silhouettes au crayon et à la plume, je ne citais pas mes auteurs. Le Berger en chambre n’existe plus aujourd’hui ; mais il existait hier. Ce n’est qu’à l’excessif développement de notre civilisation et aux travaux immenses entrepris récemment que nous devons la perte de ce type, l’un des plus curieux de cette modeste galerie. Avant nous, et avec plus (…)
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Une communauté d’artistes, La Childebert - 1851
9 mars 2013, par Léon la LuneL’exécution d’un arrêté préfectoral va, sous peu de jours, rayer de la carte de Paris une maison dont le souvenir mérite d’être consacré dans les annales de l’art contemporain.
En débouchant par la rue Saint-Germain-des-Prés sur la place de l’église, on a devant soi une vaste construction à laquelle ses proportions, sa régularité, donnent une apparence monumentale (huit croisées de façade sur cinq étages et demi de hauteur, sans compter un belvédère).
A ne considérer que le voisinage de (…) -
Un soir d’hiver - Mlle Clorinde et Privat - Souvenirs d’Alexandre Pothey - 1882
26 février 2013, par Léon la LuneIl y a déjà beaucoup plus de vingt ans que mon ami Alexandre Privat d’Anglemont est mort, et cependant, très souvent, je songe à ce cher compagnon de ma jeunesse. Pourquoi, cela ? C’est que Privat, contrairement à bien d’autres, ne s’est jamais écarté des sentiers un peu ardus de la Bohême pour aller croquer sur les grandes routes des os de dindons de l’esclavage.
Dans son portrait, tracé par lui-même, il dit « Le loup maigre n’a rien, n’est rien ; il ne veut rien être. Il agit, à sa (…) -
L’aristocratie de la chiffe - Alex. Privat d’Anglemont - 1855
9 octobre 2012, par Léon la LuneQuelquefois, lorsque les bras manquent dans les usines d’alentour, les industriels viennent demander des hommes de bonne volonté à la maison de la mère Marré, où ils sont certains de rencontrer beaucoup de monde, car il n’y a pas moins de trois cents locataires dans les chambrées de la vieille femme. S’il fait mauvais, s’il pleut, par exemple, ils trouveront quelques rares individus qui daigneront peut-être leur donner un coup de main ; mais dès que le beau temps reviendra, au moindre (…)
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Les frères Meurt-de-soif et la mère Moskow - Alex. Privat d’Anglemont -1855
28 septembre 2012, par Léon la LuneLorsqu’un habit a descendu tous les degrés de la toilette, que du tailleur il a passé au client, puis à son valet ou à son portier, puis au marchand de vieux habits, puis à quelque fashionable de barrière, il arrive au Temple, cette nécropole du costume parisien. Là on le retourne, on le rapièce, on le refait ; mais il lui reste une phase à parcourir avant d’être vendu aux fabriques des environs de Paris qui font l’engrais de laine. Cette dernière phase, c’est aux frères Meurt-de-Soif qu’il (…)
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Un nouveau Privat d’Anglemont - 1909
4 juillet 2012, par Léon la LuneJ’ai rencontré M. Durieu comme il allait prendre le tramway pour rentrer à Clamart, où il habite. Tous les jours, à sept heures, M. Durieu monte dans le tramway de Clamart. Tous les jours, sauf le dimanche. Si j’ajoute qu’il est correctement vêtu de noir, qu’il porte sous le bras une serviette de cuir, qu’enfin il a le teint clair et les yeux calmes de celui que ne torturent point des soucis d’avenir, vous devinerez aisément que M. Durieu est fonctionnaire. Il est en effet estimé, au (…)
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La Maison du Lapin-Blanc - 1859
26 juin 2012, par Léon la Lune« Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir, Maurice me dit, après avoir mis la main à la fenêtre et s’être assuré de la tranquillité de l’atmosphère. Je parie que tu ne sais pas ce que c’est que le numéro 6 de la rue aux Fèves ? C’est vrai, et après. Après, après... tu es indigne de l’amitié que te témoigne Jean Hiroux ! Ah ! et pourquoi ? Parce que, je le le répète, tu ne connais pas le numéro 6 de la rue aux Fèves, et, si tu m’en crois, fit il en allumant un cigare, nous allons y (…)
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La couturière de Privat
25 juin 2012, par Léon la LuneL’Eclipse attribue à Privat-d’Anglemont un trait tout à fait digne de ce roi de la basse bohème.
Il avait trouvé un moyen ingénieux de sacrifier à la tyrannie du costume, sans orner son domicile d’aucune couturière. Il entrait dans la loge du premier concierge venu, à l’épouse duquel il tenait à peu près ce langage :
-- Madame, j’ai une visite à faire chez un de vos principaux locataires mais je m’aperçois à l’instant même qu’il me manque un bouton. Seriez-vous assez bonne pour me le (…) -
Les oiseaux de nuit - Privat d’Anglemont - 1854
14 juin 2012, par Léon la LuneLa Halle de Paris à la lumière du gaz
À partir de minuit, heure terrible ou charmante, si l’on en croit les poètes d’opéra-comique à l’heure des amants, des voleurs, des joueurs et des fruitiers, le vaste espace compris entre la pointe Saint-Eustache et la rue de la Ferronnerie, la halle, en un mot, s’anime et se remplit de mouvement de tumulte et de vacarme : le sabbat de notre civilisation commence. C’est un contraste étrange, plein de terreurs et d’enseignements. Tout le Paris honnête (…)