Les rares promeneurs qui se risquent, le soir, dans le haut de la rue Saint-Jacques et regardent curieusement, à travers une vitrine enfumée, des silhouettes barbues et chevelues, ne se doutent guère qu’ils passent devant un établissement célèbre.
Les étymologistes l’appellent « Académie », à cause de quarante tonneaux dressés en ligne le long des murs. L’idée est drôle ; mais pourquoi diable oublient-ils les fûts cerclés de paletots qui sont rangés autour des tables et servent au (…)
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Rades, guinches, tapis francs, cabermuches, empoisonneurs patentés, etc,.
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L’académie de la Bohème ou la poésie de l’absinthe - 1876 - P.L. Imbert
11 septembre 2013, par Léon la Lune -
Le Cochon fidèle - 1867
2 mai 2013, par Léon la LuneA l’ombre de la Sorbonne, rue des Cordiers, se trouve l’établissement du Cochon fidèle.
Ce nom est expliqué par une légende assez apocryphe : Un jeune cochon — d’où sortait-il ? — venait chaque jour dans la rue contempler par la vitre la demoiselle du comptoir, et, des heures entières, il restait en extase. Un garçon — bon coeur ! — avait soin de lui ménager le rideau toujours relevé.
Un beau matin la demoiselle se maria et reparut dame au comptoir.
L’animal revint prendre son poste, (…) -
Au Café-Chantant - Eugénie Emma Valladon dite Thérésa - 1867
29 avril 2013, par Léon la LuneA travers la fumée, nous aperçûmes deux ou trois places vides où nous n’arrivâmes point sans difficulté. Quelle atmosphère ! Quelle odeur mélangée de tabac, de spiritueux, de bière et de gaz ! C’était la première fois que j’entrais dans ce lieu, la première fois que je voyais des femmes dans un café fumant. Nous avions autour de nous non-seulement des femmes, mais des Dames.
Il y a vingt ans, on eut inutilement cherché ce spectacle dans tout Paris. Visiblement, ces dames avaient traîné là (…) -
Alexandre Leclerc, le Michel-Ange du Château de la Canne - 1874
28 mars 2013, par Léon la LuneAvez-vous connu le Château de la Canne ? « Ô le plaisant, le philosophique, le malicieux, le brillant et bruyant cabaret ! Et comme nous y rîmes maintes fois à belles gorgées, et de quelles franches lippées, assaisonnées de joie franche, nous nous régalâmes en cet aimable réduit ! » Et quelles merveilleuses, quelles plantureuses soupes aux choux nous y mangeâmes !... Ce n’était pas une soupe, c’était tout le diner ! et de cette mirifique et gigantesque soupière sortaient à l’infini les (…)
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Le cabaret de la Canne - 1862
23 mars 2013, par Léon la LuneCe n’est ni un café, ni une brasserie, ni un cabaret, — c’est un trou. Il peut même se faire que ce soit une cave, car il y a des tonneaux au fond et des marches à l’entrée.
Cela n’a pas la moindre apparence. C’est un endroit très-femme honnête, gui n’a jamais fait parler de lui et qui n’en fera jamais parler. Mais à côté de cette modestie il y a du bon vin, — et cela fait compensation.
Cherchez-le dans le jour, sur le boulevard extérieur, entre la barrière Rochechouart et la barrière (…) -
Le château de la Canne, cabaret bohême de la rue du Poteau - 1860
23 mars 2013, par Léon la LuneGardez-vous bien, si vous êtes né timide, Ô lecteur très précieux ! de vous laisser éblouir par ce nom pompeux et seigneurial de château. Ce n’est là qu’un titre de fantaisie, ironiquement inventé par quelques Gaulois francs railleurs, titre qui ne rappelle aucune autre féodalité que celle de l’esprit, titre usurpé, si vous voulez, mais que les rigueurs d’une loi récente ne menacent en aucune façon.
Ma franchise naturelle m’oblige a confesser que ce château, ainsi baptisé dans nos (…) -
Une excursion dans le faubourg Saint-Marceau - La mère Louis et son caboulot - VI - 1859
19 mars 2013, par Léon la LuneLa douleur de la jeune Marie, privée pour toujours de sa mère, fut profonde et toucha au désespoir. Habituée, depuis sa naissance, à vivre avec elle, n’ayant eu qu’elle pour compagne dans les différentes phases de son existence, se voyant seule, isolée dans le monde par suite de cette perte cruelle, elle fut comme brisée par ce coup ; longtemps inconsolable, elle ne se plaisait que dans la solitude, où ses souffrances morales se ravivaient plus poignantes encore. Elle voulait vivre avec sa (…)
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Une excursion dans le faubourg Saint-Marceau - La mère Louis et son caboulot - V - 1859
13 mars 2013, par Léon la LuneQuatre années s’étaient écoulées depuis le départ de Julien. Dans la maison habitée par la mère Louis et sur le même carré, vivaient, dans une modeste chambre, deux pauvres femmes : la mère et la fille. L’une, sans être encore âgée, portait sur sa figure les traces profondes d’une vieillesse prématurée. Elle était pâle, chétive, malingre ; on eût dit un fantôme : elle avait le corps voûté ; ces tristes empreintes que laissent les chagrins cachés, les peines morales, plus encore que la (…)
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Une excursion dans le faubourg Saint-Marceau - La mère Louis et son caboulot - II, III et IV - 1859
12 mars 2013, par Léon la LuneII
A cette époque de révolutions, d’émeutes continuelles, le faubourg Saint-Marceau renfermait une population nombreuse, turbulente, affamée, et qui, n’ayant que des ressources équivoques, semblait surgir exprès des bas-fonds de la société pour se livrer au désordre. La mère Louis, jeune, vive, accorte et entreprenante, résolut de la faire manger, et cela aux prix les plus réduits. Tandis que, dans le beau Paris, des industriels ouvraient les somptueux établissements connus sous le nom de (…) -
Une excursion dans le faubourg Saint-Marceau - La mère Louis et son caboulot - Première partie - 1859
11 mars 2013, par Léon la LuneLes faubourgs de Paris sont, en général, composés d’une population mélangée d’individus appartenant aux différentes classes de la société. Malgré le caractère dominant de l’une ou de plusieurs de ces classes dans chaque quartier, qui offre ainsi un caractère particulier, le mélange n’en existe pas moins.
Ainsi la classe aristocratique domine dans le faubourg Saint-Germain ; la classe bourgeoise et marchande dans les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin ; la classe industrielle dans les (…)