Les démolitions viennent de raser tout un quartier malsain, bâti sur le versant de la montagne Sainte-Geneviève, entre l’École polytechnique et la rue Saint-Victor.
Le long des murs de l’École rampait une ruelle tortueuse malpropre, boueuse en toute saison, et nommée rue Traversine. Là demeuraient de nombreux chiffonniers qui sont allés grossir les agglomérations d’industriels de nuit qui peuplent l’île des Singes, la cité Doré et la butte aux Cailles.
De la rue Traversine descendaient, (…)
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Petits métiers des rues de Paris
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Les Métiers des Pauvres : Les Chanteurs ambulants - 1868
10 décembre 2012, par Léon la Lune -
Le bateleur de place - 1823
1er décembre 2012, par Léon la LuneSur le Pont-Neuf, entouré de badauds, Un charlatan criait à pleine tête : Venez, messieurs, accourez faire emplette D’un grand remède à tous les maux : C’est bien une poudre admirable Qui donne de l’esprit aux sots, La sagesse aux fripons, l’innocence aux coupables ; Aux vieilles femmes des amans, Aux vieillards amoureux une jeune maîtresse, Aux foux le prix de la sagesse, Et la science aux ignorans. Avec ma poudre il n’est rien dans la vie Dont bientôt on ne vienne à bout ; Par (…)
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Les souteneurs - 1893
1er septembre 2012, par Léon la LuneLa question qui se représente sans cesse à l’esprit, quand on s’occupe des souteneurs, est celle-ci : Comment les femmes qui se livrent au trafic de leur corps acceptent-elles ce parasite ?
Nous avons reçu à cet égard une déclaration qui nous a paru bien caractéristique et que voici, dans sa sincérité parfois triviale : « Je suis arrivée à Paris, venant de Bretagne, pour me mettre en place. J’avais eu le malheur d’avoir un enfant dans mon pays. J’appartenais à une famille de cultivateurs (…) -
La manière dont la pègre maquille son truque pour poissencher les pantres - 1844
22 juillet 2012, par Léon la LuneNomenclature et explication des vols dont chaque jour tout le monde est victime principalement les commerçants.
Le vol à l’écornage
Ce genre de vol se fait assez souvent par des gamins. Voilà comment se fait le vol à l’écornage : ils s’approchent de votre magasin et mettent entre le bois et le carreau la pointe d’un couteau, en pesant dessus légèrement ils obtiennent sans bruit une petite fente, et ensuite en posant l’ongle du pouce dessus la fêlure, et pesant un peu, ils font filer la (…) -
Funambules étonnans
22 juillet 2012, par Léon la LuneIl parut, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, des funambules étonnans. Christine de Pisan en parle avec admiration. Un d’eux voltigeait sur une corde tendue, depuis les tours de Notre-Dame jusqu’au palais. Il semblait, dit-elle, qu’il volât, aussi l’appelait-on le voleur.
Un jour, à l’entrée de la reine Isabeau de Bavière à Paris, il tendit une corde fixée à la cime d’une tour de Notre-Dame, et à une maison du Pont-au-Change, descendit pendant la nuit sur cette corde, en (…) -
Le Restaurant des pieds humides - 1910
27 juin 2012, par Léon la Lune« A côté des ambulantes, voici au Restaurant des pieds humides, la marchande de café, la marchande de pommes de terre frites, la marchande de journaux. Celles-ci sont des sédentaires. Les « restauratrices » des pieds humides et les marchandes de pommes de terre frites louent une encoignure à un marchand de vin ou bien s’entendent, — surtout les marchandes de café dont les mastroquets ne toléreraient pas la concurrence, — avec un concierge pour s’installer sous une porte ; elles donnent pour (…)
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Les entreprises de publicité
2 juin 2012, par Léon la LuneDu treizième au dix-septième siècle, nos journaux, nos avis divers, nos lettres de faire-part, nos affiches, tout ce qui constitue aujourd’hui la publicité était représenté par les crieurs, fonctionnaires publics assermentés qui, une clochette à la main, s’en allaient crier par les rues. De nombreux poètes populaires nous ont conservé leur souvenir.
Ils annonçaient ainsi les décès :
Or, dictes vos pate nostres Quand vous oyez que je sonne Pour honorable personne Qui a esté frère nostre ; (…) -
Les montreurs de Lanterne magique
31 mai 2012, par Léon la Lune« Je lis partout que la lanterne magique a été inventée vers 1630 par le jésuite Athanase Kircher, et que l’on en trouve la description dans son Ars magna lucis et umbroe. Je l’y ai vainement cherchée.
La lanterne magique est certainement plus ancienne, et l’on peut en trouver l’origine dans les lanternes vives que les pâtissiers exposaient à la porte de leurs boutiques pour attirer les passants. Ces lanternes étaient circulaires, en toile ou en papier huilé. Entre eux et la lumière placée (…) -
Anecdotes sur les Filous de Paris - 1775
25 mai 2012, par Léon la Lune« Un jour que j’étais fort pressé au parterre de la Comédie Italienne, je sentis une main étrangère se glisser dans mon gousset ; je la saisis aussitôt, et me préparais à crier au voleur, lorsque celui que je venais de prendre sur le fait me demanda si j’étais bien sûr que sa main eût été dans ma poche.
-- Je n’ai pas lieu d’en douter, lui dis-je, puisque je la tiens encore.
-- Ah ! Monsieur, que je vous ai d’obligations, me répondit-il assez bas pour n’être entendu que de moi seul. (…) -
Le citoyen Chonmoru, libraire - 1903
13 mai 2012, par Léon la Lune« L’autre jour, je suis allé vers la Seine. J’ai profité d’un rayon de soleil pour rendre visite à mes bons amis les bouquinistes.
Comme j’achevais de longer le quai des Grands-Augustins, un assez étrange spectacle frappa ma vue. Quelques passants étaient assemblés ; au milieu d’eux se tenait une mendiante en haillons qui portait dans ses bras un poupon emmaillotté. Devant la pauvresse, un homme pérorait et gesticulait. Je le reconnus de suite, c’était M. Chonmoru, le vieil étalagiste, (…)