Rue des Anglais, à deux pas du Château-Rouge ; une façade d’un rouge brun, étroite, pareille exactement à une armoire vitrée. Buvette du Père Lunette, est-il écrit sur la corniche, et, au-dessus de l’entrée, une petite lanterne carrée porte des lunettes peintes. C’est bien une buvette, en effet ; le comptoir est à gauche ; à droite, un banc étroit, au-dessus duquel de petits tonneaux qui le surplombent sont rangés, debout sur une planche. M’ame Mary, la veuve du père Mary, successeur du (…)
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Rades, guinches, tapis francs, cabermuches, empoisonneurs patentés, etc,.
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La buvette du Père Lunette - 1889
9 juin 2012, par Léon la Lune -
La truie qui file - 1889
5 juin 2012, par Léon la LuneUne longue bâtisse n’ayant qu’un étage, vers le milieu de la rue Fontaine : c’est un café, que rien au premier abord, ne distingue des autres, si ce n’est son nom archaïque et bizarre qui court tout le long de l’enseigne, en larges lettres d’or :
[| LA TRUIE QUI FILE |]
La salle intérieure est banale au possible, avec de hautes glaces et des dorures. Dés le commencement de la soirée, le monde des soupeuses envahit l’établissement bruyant et multicolore. Mais c’est surtout au sous-sol (…) -
La bibine du Père Pernette et la Guillotine - 1875
30 mai 2012, par Léon la Lune« Le pâté de maisons compris entre le boulevard Saint-Germain et le quai de Montebello contient encore quelques curieux spécimens des vieux tapis-francs d’autrefois. Dans une ruelle, à côté de la boutique dégoûtante d’un tripier, en face d’un marchand de vieux habits dont les défroques balancées par le vent traînent jusque dans le ruisseau, s’ouvre une porte basse et vitrée qui donne entrée dans un couloir étroit, pavé, resserré entre un comptoir d’étain grisâtre et une rangée de tonneaux : (…)
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Le Vieux Chêne - 1864
28 mai 2012, par Léon la LuneAlfred Delvau - Les Cythères parisiennes : histoire anecdotique des bals de Paris - 1864
« V’là qu’un lundi qu’il faisait beau, Ros’ sans prévenir chez elle, Oh ! Oh ! Met son bonnet, son chal’ ponceau, Ses bottin’s de prunelle Oh ! Oh !
Et, sans reprendre haleine, La v’là qui s’sauve et qui s’en va Droit au bal du Vieux-Chêne, Ah ! ah ! »
Ainsi chante Charles Colmance, le Béranger à deux sous des aimables faubourgs de Paris, le Nadaud du peuple. Le chansonnier, vous le connaissez (…) -
La Californie - 1859
20 mai 2012, par Léon la Lune« On ne pouvait choisir une plus violente antithèse, — d’autant plus violente, lorsqu’on sort de la lecture du Satyricon de Pétrone et qu’on vient d’assister aux plantureuses goinfreries du festin de Trimalchion.
Les deux ripailles forment pendants, et l’on pourrait les accrocher aux murs d’une salle à manger comme on fait des Gras et des Maigres de l’humouriste anglais. Ce sont les deux extrémités de la vie sociale se rencontrant dans la satisfaction d’un besoin commun, avec des (…) -
Dix-huit heures de coups de fourchette au restaurant Philippe, rue Montorgueil - 1867
5 mai 2012, par Léon la Lune« Maintenant que Borel et son restaurant du Rocher de Cancale n’existent plus que dans le souvenir des gourmets reconnaissants, le Restaurant Philippe, — tenu aujourd’hui par Pascal, ancien cuisinier du Jockey-Club, — est la gloire de la rue Montorgueil et une des meilleures maisons de Paris. Sa clientèle n’a que de vagues rapports avec celle des différents établissements précédemment mentionnés : n’y vont, à vrai dire, que les gens qui tiennent à très-bien déjeuner ou à très-bien dîner, (…)
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Le sénateur du Vert-Noyé - 1884
30 avril 2012, par Léon la Lune« Il existe dans un quartier excentrique, aux abords de la Seine, une ruelle qui aurait fait le bonheur de Ponson du Terrail. Une bande de pavés raboteux entre deux terrains vagues clôturés en planches. A un bout, un réverbère que l’administration renonce à utiliser ; à l’autre, une sordide masure peinte en rouge et un jardin où se promène une chèvre étique, sous la garde d’un maigre chien roux de mauvaise mine.
Au reste, pas une âme sur le grand chemin, sinon dans le jour, deux ou trois (…) -
Rapport du sieur Vincent, agent de police, sur le dîner que l’état-major de la Confrérie des mendians de la capitale donna, dans l’année 1786, chez un marchand de vin de la rue Saint-Jacques
20 avril 2012, par Léon la Lune« Je me suis transporté chez le sieur Drouet, cabaretier, près de l’Estrapade. Il avait fait, dès le matin, enlever les cloisons d’une salle basse dont les fenêtres grillées donnent sur le clos des Génovéfains. Une table en fer-à-cheval large et clouée sur de puissans tréteaux se trouvait disposée, chargée de près de deux cents couverts.
Le sieur Drouet, que je connais de longue date consentit à satisfaire ma curiosité et me fit passer près des commissaires ordonnateurs du festin pour un (…) -
Paris la nuit en 1910, par Georges Cain, conservateur du musée Carnavalet de 1897 à 1919
19 avril 2012, par Léon la Lune[| Autour de Saint-Merri - L’hôtel de la Haute-Loire - Chez Emile - Le Caveau des Halles|]
« Onze heures ; de gros nuages violacés passent devant la lune, et parfois des coups de tonnerre mêlés d’éclairs— tels des jets de lumière électrique— découpent sur le ciel les silhouettes aiguës de l’immense ville... Dans le grand atelier où ils achèvent les cigares, nos amis s’énervent... Ils ont hâte de partir, d’aller fouiller quelques coins bizarres, tragiques ou comiques du Paris nocturne. (…)