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Histoire de Jourdain de Lisle, mauvais garçon - XIVème siècle
mercredi 2 janvier 2013, par
Au quatorzième siècle, un malfaiteur de bonne maison, nommé Jourdain de Lisle, s’avisa de devenir le chef d’une bande de larrons, mauvais garçons et meurtriers. Jourdain de Lisle se mit bravement à commettre des crimes de toutes les sortes, des vols, des assassinats, des sacrilèges, des esforcements de femmes et de vierges : grâce à l’intervention du prévôt de Paris, le Châtetet ne voulut pas connaître de dix-huit crimes dont le moindre aurait valu à tout autre criminel une mort ignominieuse ; mais, a dit un historien, Jourdain de Lisle ne put abstenir de sa damnée accoutumance, et fit pis que devant.
Il fallut remplacer le prévôt de Paris, pour que la justice du Châtelet se décidât à frapper ce noble malfaiteur, qui menaçait la cour et le roi lui-même ; le nouveau prévôt lui envoya un sergent du guet, pour lui enjoindre de comparaître aux assises du Châtelet : Jourdain de Lisle assomma le pauvre sergent. Enfin, les archers de la prévôté réussirent à le surprendre et à le conduire en prison : Jourdain de Lisle fut traîné dans les rues de Paris, attaché à la queue d’un cheval, et pendu au gibet public.
Jourdain de Lisle avait épousé une parente, une nièce du pape Jean XXII, à cause de la hautesse de son lignage ; le curé de Saint-Merri s’empressa de réclamer le cadavre de ce neveu bien-aimé du souverain pontife, pour lui faire les honneurs de son église ; les funérailles furent magnifiques, et, le lendemain, ce bon curé de Saint-Merri écrivait au pape Jean XXIII : « A peine votre neveu était-il pendu, qu’avec grand luminaire nous allâmes le prendre à la potence ; nous le fîmes porter à notre église, où nous l’avons enterré honorablement et gratis. »
Maurice Alhoy (1802-1856) - Louis Lurine (1810-1860) - Les prisons de Paris : histoire, types, moeurs, mystères - 1846