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Les montreurs de Lanterne magique

jeudi 31 mai 2012, par Léon la Lune

« Je lis partout que la lanterne magique a été inventée vers 1630 par le jésuite Athanase Kircher, et que l’on en trouve la description dans son Ars magna lucis et umbroe. Je l’y ai vainement cherchée.

La lanterne magique est certainement plus ancienne, et l’on peut en trouver l’origine dans les lanternes vives que les pâtissiers exposaient à la porte de leurs boutiques pour attirer les passants. Ces lanternes étaient circulaires, en toile ou en papier huilé. Entre eux et la lumière placée au milieu, des figures grotesques, formées de carton découpé, étaient fixées à un cercle mouvant, auquel on donnait une impulsion qui la faisait tourner. Les figures formaient alors des ombres mouvantes. Ces sortes de lanternes magiques avaient été d’abord en usage dans les représentations des mystères. Mathurin Régnier parle d’une vieille Égyptienne, qui :

Ressembloit, transparente, une lanterne vive
Dont quelque paticier amuse les enfans,
Où des oysons bridez, guenuches, éléfans,
Chiens, chats, lièvres, renards et mainte estrange beste
courent l’une après l’autre

Comme on le voit, les pâtissiers en conservèrent l’usage jusqu’au dix-septième siècle.

Plaque de lanterne magique

En 1656, la lanterne perfectionnée avait cessé d’être mise au rang des amusements enfantins. On s’en divertissait dans le monde, comme à cette
soirée de l’hôtel de Liancourt, dont Loret crut devoir rendre compte. Il termine ainsi son récit :

Cette magie est innocente,
J’en sçay la finesse excélente ;
Je n’en aprens point le secret

En 1692, un religieux, un père Théatin, se distinguait par la manière dont il exécutait « des figures pour la lanterne magique ». Celle-ci est ainsi décrite par Richelet : « C’est une petite machine d’optique, qui fait voir dans l’obscurité, sur une muraille blanche, plusieurs spectres et monstres affreux, de sorte que celui qui n’en sçait pas le secret croit que cela se fait par art magique ».

Cris de Paris dessinés d’après nature par M. Poisson - 1774

Ce spectacle fut surtout recherché par la bourgeoisie à la fin du dix-huitième siècle, et cette spécialité était presque exclusivement tombée aux mains de pauvres savoyards, qui, vers la fin de l’été, retournaient dans leur pays avec l’argent qu’ils avaient gagné à Paris durant la belle saison. « Ils promènent la lanterne magique sur leur dos, écrit S. Mercier, et l’annoncent le soir au moyen d’une orgue nocturne dont les sons deviennent plus agréables et plus touchans parmi le silence et les ténèbres ».

Les lanternes magiques étaient fabriquées par les lunetiers. »

Alfred Franklin (1830-1917) - Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle - 1906

Les collections de plaques de lanternes magiques de la Cinémathèque française

Messages

  • Je te conseille d’écouter cette merveille de Parabellum : St Lazare.
    Il en parle dans ton texte.

    http://gvink.pagesperso-orange.fr/parabellum/disk5.html#anchor211246

    C’est de la prison que j’t’écris mon pauv’ Polyt’,
    Hier soir ’chais pas se qui m’a pris à la visite.
    C’est des maladie qui s’voient pas quand ça s’déclare
    Et d’puis hier soir je suis dans l’tas à Saint-Lazare...

    Et pendant c’temps là, toi vieux chien, qu’est-c’tu vas faire ?
    Je peux t’envoyer rien de rien, c’est la misère.
    Ici tout l’mond’ est décavé, la braise est rare,
    ’Faut trois mois pour fair’ un linvé à Saint-Lazare...

    Bref’ de t’savoir com’ça sans l’sous, j’me fais une bile,
    ’T’es capabl’ de faire un sale coup, ’chuis pas tranquille !
    ’T’as trop d’fierté pour ramasser un bout d’cigare
    Pendant tout l’temps que j’vas passer à Saint-Lazare...

    Va-t-en trouver la grande Nana, dis que j’la prie
    D’casquer pour moi, j’lui rendrai ça à ma sortie.
    Surtout lui fais pas d’boniment pendant qu’j’m’marre
    Et que j’prends des médicaments à Saint-Lazare...

    Et puis mon p’tit loup, bois pas trop, tu sais qu’t’es teigne !
    Et quand ’t’as un p’tit coup sirop, tu fous la beigne !
    Si tu t’faisais coffrer un soir dans une bagarre,
    Y’a plus personn’ qui viendrait m’voir à Saint-Lazare...

    J’finis ma lettre en t’embrassant, Adieu mon Homm’,
    Malgré qu’tu sois pas caressant, moi j’t’ador’ comm’
    J’adorais l’Bon Dieu comm’ Papa quand j’étais p’tite
    Et que j’allais communier à Saint’-Marguerite....

    avec du son :
    http://www.youtube.com/watch?v=yDKCHmhgGR4

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