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	<title>Paris Anecdote</title>
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		<title>Les chevaliers du brouillard - 15 f&#233;vrier 1881</title>
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		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec une audace incroyable, une bande nocturne d&#233;molissait les devantures et pillait les boutiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle apportait m&#234;me dans ses exploits une sorte de fantaisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces estimables voyous entr&#232;rent un soir chez M. J., faubourg Saint-Martin, et y burent et mang&#232;rent toute la nuit, sans rien emporter, pas m&#234;me la timbale d'argent avec laquelle ils avaient trinqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les agents, pr&#233;venus, surveill&#232;rent le quartier ; ils aper&#231;urent, une nuit, un individu au guet &#224; l'angle d'une rue lat&#233;rale ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec une audace incroyable, une bande nocturne d&#233;molissait les devantures et pillait les boutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle apportait m&#234;me dans ses exploits une sorte de fantaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces estimables voyous entr&#232;rent un soir chez M. J., faubourg Saint-Martin, et y burent et mang&#232;rent toute la nuit, sans rien emporter, pas m&#234;me la timbale d'argent avec laquelle ils avaient trinqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/fbg_st_martin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/fbg_st_martin.jpg' width='500' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fontaine rue du Faubourg Saint-Martin - Eug&#232;ne Atget - 1900
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les agents, pr&#233;venus, surveill&#232;rent le quartier ; ils aper&#231;urent, une nuit, un individu au guet &#224; l'angle d'une rue lat&#233;rale ; celui-ci se doutant, &#224; leur approche, de la surveillance dont il &#233;tait l'objet, quitta son poste d'observation et se dissimula dans l'encoignure d'une porte-coch&#232;re. Les agents se dispers&#232;rent et firent semblant d'entrer dans diff&#233;rentes maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques minutes, un coup de sifflet aigu, strident, retentit dans la direction de la rue Saint-Martin. L'individu sortit de l'ombre et se dirigea de ce c&#244;t&#233;, o&#249; il rejoignit deux de ses camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient en train de se concerter quand les gardiens, tombant sur eux &#224; l'improviste, les arr&#234;t&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6581126h/f302.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faits divers, crimes, d&#233;lits, accidents de l'ann&#233;e 1881&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Silhouettes De Paris : Chopi - 1924</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=301</link>
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		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Le seul aspect de cet homme d&#233;courageait la vermine.&#034; L&#233;on Bloy. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je les ai tous connus autrefois, ces vagabonds, mais la guerre, la vieillesse et la maladie ont eu raison des plus robustes, et la petite place o&#249; ils venaient, d'habitude, s'asseoir, pour dormir au soleil, est aujourd'hui d&#233;serte. Il y avait l&#224; Pampelune, l'idiot ; F&#233;lix, un ancien fripier tomb&#233; dans la mis&#232;re noire. Jacques Trinom, qui avait la folie des grandeurs, et &#224; qui l'on faisait croire qu'il &#233;tait, tour &#224; tour, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Le seul aspect de cet homme d&#233;courageait la vermine.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#233;on Bloy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les ai tous connus autrefois, ces vagabonds, mais la guerre, la vieillesse et la maladie ont eu raison des plus robustes, et la petite place o&#249; ils venaient, d'habitude, s'asseoir, pour dormir au soleil, est aujourd'hui d&#233;serte. Il y avait l&#224; Pampelune, l'idiot ; F&#233;lix, un ancien fripier tomb&#233; dans la mis&#232;re noire. Jacques Trinom, qui avait la folie des grandeurs, et &#224; qui l'on faisait croire qu'il &#233;tait, tour &#224; tour, le maire de la ville, le Pape ou l'Empereur de la Terre de Feu. Il y avait aussi Pipi, le muet ; Joli-Coeur, au sang m&#234;l&#233;, qui, lorsqu'on lui demandait :
&lt;br /&gt;&#8212; O&#249; es-tu n&#233;, Joli-C&#339;ur ?&lt;br class='manualbr' /&gt;r&#233;pondait en z&#233;zayant :
&lt;br /&gt;&#8212; Z&#233; souis n&#233; &#224; Saffi, moussi&#233;. Un bien zoli pays, que z&#233; t&#233; dis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui encore ? Nez-de-Tabac, un bel ivrogne, qui prisait autant qu'il buvait. Marie-Marie, un paralytique, que les enfants harcelaient.
&lt;br /&gt;&#8212; Attends ! que je t'attrape ! hurlait Marie-Marie en frappant le sol de son b&#226;ton. Attends ! Canaille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants s'enfuyaient en riant. Ils lui &#171; lan&#231;aient des pieds de nez &#187;.
&lt;br /&gt;&#8212; Attends ! fils de garce...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/clochards_bords_de_seine.jpg' width='500' height='630' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les clochards sur les bords de la Seine - Photographie de presse - Agence Meurisse - 1933
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Bande du Soleil (ainsi appelait-on ces vagabonds) &#233;tait nombreuse. Elle comptait encore un ancien sous-officier m&#233;tromane, qui portait sa canne comme un sabre, et qu'on surnommait Pisse-Trois-Gouttes. Un jour, qu'un colonel s'avan&#231;ait vers lui, sur le trottoir, Pisse-Trois-Gouttes s'arr&#234;ta devant le colonel brandit sa canne et, tombant en garde, prof&#233;ra :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour commander un r&#233;giment...Il faut avoir du... sssentiment.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-dessus, il fit deux ou trois appels de son pied droit, remit sa canne sous son bras, et s'&#233;loigna, en lissant ses moustaches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Large des &#233;paules, fin des hanches, blond de poil, rond de visage, tel &#233;tait Chopi. Il vous e&#251;t soulev&#233; deux cents kilogs sans sourciller... Il avait fini par prendre une telle habitude de l'alcool que, m&#234;me ivre au del&#224; des possibilit&#233;s ordinaires aux autres ivrognes, ses fr&#234;res, il marchait droit, fier comme Artaban. Quand il &#233;tait bien saoul, il arrivait que les enfants fissent cercle autour de lui. Alors, il discourait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai bu ! J'ai bu ! Notre-Dame ! T&#226;te mon ventre, s'il est gros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants s'esclaffaient. Ils enfon&#231;aient leurs petits doigts timides dans la chair rebondie de Chopi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oh ! L&#224; la ! Quelle panse !
&lt;br /&gt;&#8212; Hein ? Qu'est-ce que vous en dites, volaille ? Boire ! Ce n'est rien ! N'importe oui peut boire ! Mais &#234;tre saoul ! Tout le monde n'en est pas capable, voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants se tordaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous riez ! Volaille ! Quelle mauvaise graine ! Viens ici, toi ! Hum ! Tu es encore plus canaille que moi. Quand tu seras grand, &#233;coute-moi bien, tu seras soldat... Et alors... Eh bien ! tu iras &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=tgXEvnnzwMA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biribi&lt;/a&gt;, comme moi. Et pourquoi ? Pour rien... comme &#231;a... On te mettra dans le silo, si tu ne marches pas droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ivre, Chopi parlait toujours de Biribi. Cela revenait dans ses discours comme le grain sous la meule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; A Biribi-les-Fers, mon petit gars ! Un beau pays ! Si tu savais les belles oranges qu'ils ont la-bas ! Grosses comme ta t&#234;te, ta t&#234;te de b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il riait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Biribi_de_Georges_Darien_-_couverture_de_Maximilien_Luce.jpg' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Biribi_de_Georges_Darien_-_couverture_de_Maximilien_Luce.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Par exemple, reprenait-il, faut marcher droit. Tu verras. Tu dis ; &#171; Mon capitaine, la soupe est mauvaise : elle sent le suint. &#8212; Dans le silo ! que te r&#233;pond le capitaine ! &#8212; Monsieur le major, je suis malade ! &#8212; Dans le Silo ! que te r&#233;pond le major ! &#187; Quand je te dis qu'il faut marcher droit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants ouvraient de grands yeux. Biribi, le silo, ils ne savaient pas ce que cela voulait dire. Mais ils devinaient qu'il s'agissait d'une chose terrible. Et Chopi levait les bras au ciel, comme quelqu'un qui en sait long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Un trou, rien qu'un trou dans la terre, voil&#224; le silo. On te ligote, on te fourre l&#224; dedans. Rien &#224; manger et rien &#224; boire... Bah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se mettait &#224; r&#233;fl&#233;chir. Et puis, au bout d'un moment, il murmurait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quand je pense &#224; ma vie, je m'ennuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, il haussait les &#233;paules, en s'en allant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Euh ! disait-il aux enfants. Tout &#231;a vous &#233;pate ! Vous n'avez rien vu, volaille !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un apr&#232;s-midi que je passais devant la maison o&#249; Chopi logeait &#8212; il couchait dans une &#233;curie &#8212; je le vis appuy&#233; contre la porte. Il pleurait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh quoi ? Chopi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses larmes redoubl&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ils m'ont vol&#233; mon portemonnaie, larmoya-t-il. Oui, mon petit gars ; vol&#233; mon portemonnaie, &#224; moi, comprends tu cela ? Et il y avait quarante sous dedans ! Ah ! Ah ! Ah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'essuyait les yeux du dos de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quarante sous ! Ah ! Ah ! Ah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me prit &#224; t&#233;moin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et tu m'as vu ce matin, toi. J'&#233;tais pas saoul. Ils m'ont vol&#233; mon portemonnaie... oui... oui... oui... Ah !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gens s'&#233;taient rassembl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qu'est-ce ?... demandaient-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; On lui a vol&#233; son argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chopi regardait les gens attroup&#233;s autour de lui. Il continuait de pleurer. Quelqu'un de charitable lui tendit une pi&#232;ce de cinq francs, mais Chopi eut un cri de rage. Il s'empara de la pi&#232;ce blanche, et la jeta sur le trottoir, o&#249; elle rebondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oh ! hurla-t-il, oh ! Voil&#224; qu'&#224; pr&#233;sent on me fait la charit&#233; ! Et qui &#234;tes-vous pour me faire la charit&#233; ?... Moi, je suis Chopi... Et il n'y en a pas un ici qui pourrait dire le contraire. J'ai &#233;t&#233; &#224; Biribi... Parfaitement, dans le silo... De l'eau jusqu'au ventre... Rien &#224; manger et la gueule au soleil... Voil&#224;... Oh ! ils me font la charit&#233; ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;loigna en sanglotant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne revis plus Chopi de longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;190&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/declaration.jpg' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Message du Pr&#233;sident de la R&#233;publique ... La France vient d'&#234;tre l'objet d'une agression brutale et pr&#233;m&#233;dit&#233;e... Haut les coeurs ! et Vive la France ! Paris, 4 ao&#251;t 1914. Raymond Poincar&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que je le rencontrai, c'&#233;tait le jour de la d&#233;claration de guerre. Chopi &#233;tait ivre &#8212; mais plus ivre de l'ivresse commune que d'alcool. Il s'agenouillait dans la rue, les bras tendus, dans l'attitude d'un tireur. Il retenait son souffle, fermait un &#339;il, et brusquement, s'&#233;criait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pan ! Pan !... Attrape ! Nigaud ! Pan ! Dans ta gueule !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se redressait. Il s'&#233;lan&#231;ait comme pour une charge...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pan ! Pan !... Encore un jour ou deux... Attendez...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, au cours d'une rixe qui &#233;clata dans une auberge, Chopi, ayant bris&#233; une vitre d'un coup de poing, se fit une entaille au poignet. Le sang coula en abondance. Le lendemain, il avait une fi&#232;vre telle qu'il fallut l'hospitaliser. La gangr&#232;ne s'en m&#234;la. Il mourut quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76368165/f5.image.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jacques Dharblay&lt;/strong&gt; - Paris-soir - 31 octobre 1924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&amp;adv=1&amp;tri=&amp;t_relation=cb303007464&amp;q=georges+darien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges Darien - Biribi : discipline militaire - 1890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un club bien fr&#233;quent&#233; - Les &#171; Truands Baveux &#187; se &#171; rencontrent &#187; au S&#233;basto - 1924</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=302</link>
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		<dc:date>2015-01-15T10:38:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Deux bless&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Maria l'Ivrognesse, membre du Club des &#171; Truands Baveux &#187;, sait parfaitement stimuler l'&#233;pilepsie, que d'aucuns nomment le &#171; haut mal &#187;. Maria l'Ivrognesse sait &#233;galement &#234;tre la m&#232;re d&#233;sol&#233;e &#224; la recherche d'une arche &#224; sec pour abriter son b&#233;b&#233;. Elle pleure au &#171; commandement &#187; et conna&#238;t tous les agents, ceux qui, philosophes, haussent les &#233;paules lorsqu'elle est trop ivre, ceux qui l'emm&#232;nent aux postes et ceux qui l'ignorent, mais qu'elle conna&#238;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Maria l'Ivrognesse est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux bless&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria l'Ivrognesse, membre du Club des &#171; Truands Baveux &#187;, sait parfaitement stimuler l'&#233;pilepsie, que d'aucuns nomment le &#171; haut mal &#187;. Maria l'Ivrognesse sait &#233;galement &#234;tre la m&#232;re d&#233;sol&#233;e &#224; la recherche d'une arche &#224; sec pour abriter son b&#233;b&#233;. Elle pleure au &#171; commandement &#187; et conna&#238;t tous les agents, ceux qui, philosophes, haussent les &#233;paules lorsqu'elle est trop ivre, ceux qui l'emm&#232;nent aux postes et ceux qui l'ignorent, mais qu'elle conna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria l'Ivrognesse est une fausse mendiante, mais qui aime sans discernement. Elle connut d'abord l'amour de L&#233;on Bonato, pr&#233;sident du Club des &#171; Truands Baveux &#187;, o&#249; l'on forme de vrais &#171; compagnons torche-culs, tire-laines, vide goussets et faux estropi&#233;s, manchots, &#224; l'occasion boxeurs et culs-de-jatte volontiers coureurs &#224; pied lorsque le guet les poursuit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/paris_soir.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/paris_soir.jpg' width='500' height='689' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Bonato, pr&#233;sident imputrescible du Club des &#171; Truands Baveux &#187;, avait interdit &#224; deux n&#233;ophytes, Marcel Palarie et Raymond Pr&#233;tigny le droit et l'honneur du soci&#233;tariat de son association. Pourquoi fallut-il que Maria l'Ivrognesse, oublieuse de tout devoir, se promena au bras de Marcel Palarie vers le &#171; S&#233;basto &#187; l'autre nuit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fatalit&#233; ch&#232;re aux capitaines de navires de guerre fit se rencontrer, d'une part, L&#233;on Bonato, amant premier de Maria l'Ivrognesse et pr&#233;sident du Club, et, d'autre part, Maria, Marcel Palarie et son f&#233;al Raymond Pr&#233;tigny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Palarie re&#231;ut un coup de couteau au ventre. Il fut &#224; l'H&#244;tel-Dieu, puis &#224; Lariboisi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond Pr&#233;tigny, gratifi&#233; d'un coup de lame &#224; la poitrine, &#171; marqua le coup &#187;, mais partit avec Maria l'Ivrognesse, qui le pansera sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Bonato, s'&#233;tant prestement r&#233;fugi&#233; dans des lieux seuls connus des &#171; Truands Baveux &#187;, la police le recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76368202/f2.image.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paris-Soir, 4 novembre 1924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;125&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/sebasto.jpg' width='500' height='657' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;14.11.20, manifestation des &#233;tudiants de Paris pour l'emprunt - Boulevard de S&#233;bastopol - Photographie de presse/Agence Rol
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034;truand baveux&#034; ne s'est pas &#233;chapp&#233; de Lariboisi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Palarie, &#171; truand baveux &#187; de premi&#232;re classe, bless&#233; &#224; coups de couteau, &#233;tait soign&#233; &#224; Lariboisi&#232;re. Le 2 novembre, des amis vinrent le voir et, le 2 novembre, il quittait l'h&#244;pital paisiblement, &#233;tant gu&#233;ri de son coup de couteau. C'est tout. Des gens bien intentionn&#233;s avaient vu un groupe myst&#233;rieux entourant le lit du bless&#233;, lui apportant des v&#234;tements de rechange et bousculant tout le personnel de l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, il n'est rien de cela. Tant pis pour les amateurs. Palarie, truand baveux, est sorti, tout simplement, les mains dans les poches, de l'h&#244;pital, parce qu'il &#233;tait en bonne sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7636824q/f3.image.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paris-Soir, 8 novembre 1924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/cafes_restaurants_annonces.jpg' width='500' height='479' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#233;serviste du Canal St-Denis - 1881</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=296</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Me promenant de nuit derni&#232;rement sur les bords du canal Saint-Denis, je fis cette remarque que ces parages sont hant&#233;s par des nu&#233;es de vagabonds et compl&#232;tement d&#233;nu&#233;s de surveillance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien de plus facile que l'assassinat dans ces lieux d&#233;serts, surtout quand on conna&#238;t le proc&#233;d&#233; dont se servent les escarpes qui ornent les solitudes de La Villette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cadavres retrouv&#233;s dans le canal portent rarement des traces de blessures ou de contusions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par l&#224;, les assassins ont une fa&#231;on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Me promenant de nuit derni&#232;rement sur les bords du canal Saint-Denis, je fis cette remarque que ces parages sont hant&#233;s par des nu&#233;es de vagabonds et compl&#232;tement d&#233;nu&#233;s de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus facile que l'assassinat dans ces lieux d&#233;serts, surtout quand on conna&#238;t le proc&#233;d&#233; dont se servent les escarpes qui ornent les solitudes de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadavres retrouv&#233;s dans le canal portent rarement des traces de blessures ou de contusions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Le_Canal_Saint_Denis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Le_Canal_Saint_Denis.jpg' width='500' height='778' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par l&#224;, les assassins ont une fa&#231;on d'op&#233;rer qui ne manque pas d'ing&#233;niosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;serviste que l'on vient de tirer de l'eau a probablement &#233;t&#233; la victime d'un attentat commis dans les conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons-le en &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;, ce qui est vraisemblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cherche son chemin et longe le canal. Tout &#224; coup il est aveugl&#233;, &#233;tourdi, chancelle, et tombe sans connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'il vient d'&#234;tre frapp&#233; avec la queue de morue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La queue de morue n'est pas une image. C'est bien la queue du poisson sus-nomm&#233;. Elle est vid&#233;e pr&#233;alablement de sa partie sup&#233;rieure, et remplie de sable. La queue elle m&#234;me forme comme la poign&#233;e de ce qui fit une esp&#232;ce de massue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet du coup est immanquable. L&#224; victime s'abat comme un b&#339;uf. Fouill&#233; et d&#233;valis&#233; pendant qu'il est couch&#233; sur le terrain, il n'a pas encore repris ses sens lorsque l'op&#233;ration est termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant d'&#234;tre attaqu&#233;, il a pu voir, il pourra reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est dangereux ; il devient donc urgent de s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/villette.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/villette.jpg' width='500' height='682' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le canal est l&#224; &#224; deux pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'escarpe est seul, il est toujours assez vigoureux pour pousser dans l'eau un homme &#233;vanoui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils sont deux, l'un prend la t&#234;te, l'autre les pieds, et le tour est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La queue de morue a cette inappr&#233;ciable propri&#233;t&#233; de ne pas laisser de traces, ainsi que nous l'avons dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadavre rep&#234;ch&#233; para&#238;t avoir s&#233;journ&#233; dans l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appartenait au &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6357029z.r=.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;25&#176; r&#233;giment de chasseurs de Vincennes&lt;/a&gt;. Il n'a pas encore &#233;t&#233; reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56086764/f5.image.r=.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Crime illustr&#233; : faits divers, finances, th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fin tapageuse d'une maison de jeu clandestine - 1860</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=275</link>
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		<dc:date>2014-06-19T12:33:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Si&#232;cle du 11 octobre 1860, &#224; la rubrique Nouvelles Diverses : &lt;br class='autobr' /&gt;
J. Delagny - Les souteneurs ou Les amants de coeur : &#233;tudes de moeurs - 1860&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k727077w/f3.image.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e &lt;strong&gt;S&lt;/strong&gt;i&#232;cle du 11 octobre 1860&lt;/a&gt;, &#224; la rubrique &lt;strong&gt;N&lt;/strong&gt;ouvelles &lt;strong&gt;D&lt;/strong&gt;iverses :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Le_siecle_1_1860.jpg' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Delagny - &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6439896f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les souteneurs ou Les amants de coeur : &#233;tudes de moeurs&lt;/a&gt; - 1860&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nattes adh&#233;rentes - 1855</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=273</link>
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		<dc:date>2014-06-07T20:18:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>

-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/nattes_adherentes.jpg' width='500' height='410' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vieille place Maubert dispara&#238;t peu &#224; peu - Allez vite voir ce qu'il en reste ! 1928</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=270</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y a bien longtemps qu'elle est d&#233;funte, la Place Maubert des chansonniers. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la place Maub' l'avez-vous vue, C'&#233;tait la plus bath du troupeau... &lt;br class='autobr' /&gt;
Les maisons neuves dont on l'a coiff&#233;e, comme d'une couronne de mari&#233;e, ont fini par noircir. J'y ai cherch&#233; vainement les emplacement de la vieille fontaine et de la foire o&#249; les marchands d'orvi&#233;tan dressaient leurs estrades sous l'&#339;il narquois des gaillardes comm&#232;res. A peine y retrouve-t-on le souvenir du cabaret, o&#249; l'on donnait &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a bien longtemps qu'elle est d&#233;funte, la Place Maubert des chansonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la place Maub' l'avez-vous vue,&lt;br class='manualbr' /&gt;C'&#233;tait la plus bath du troupeau...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maisons neuves dont on l'a coiff&#233;e, comme d'une couronne de mari&#233;e, ont fini par noircir. J'y ai cherch&#233; vainement les emplacement de la vieille fontaine et de la foire o&#249; les marchands d'orvi&#233;tan dressaient leurs estrades sous l'&#339;il narquois des gaillardes comm&#232;res. A peine y retrouve-t-on le souvenir du cabaret, o&#249; l'on donnait &#224; la corde. Il a disparu, lui aussi, ce caveau qui vit D&#233;taille dessiner, et Verlaine, appuy&#233; sur son b&#226;ton de cornouiller, engager d'interminables conversations avec de pauvres h&#232;res...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le vieux Paris n'est plus. La forme d'une ville &lt;br class='manualbr' /&gt;Change plus vite, h&#233;las ! que le corps d'un mortel...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bouges o&#249; les personnages de Privat-d'Anglemont se survivaient &#224; eux-m&#234;mes, le d&#233;cor des &lt;i&gt;Myst&#232;res de Paris&lt;/i&gt;, il faudra ranger cela au rancart, avec les vieilles lunes. Bient&#244;t, la place Maubert - qui fut l'asile de la mis&#232;re, du vice et du crime - ne sera plus qu'une gare de m&#233;tro...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/rue_des_trois_portes.jpg' width='500' height='650' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Taudis, rue des Trois-Portes - 1913
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6924002g/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : Gallica&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tant pis pour les romanciers : la Maub', sa d&#233;pendance, aura elle aussi compl&#232;tement chang&#233; d'&#226;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-y, pendant qu'il est temps encore, avant qu'elle n'ait lib&#233;r&#233; toutes ses humeurs, comme un malade qui veut rena&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore une belle capitale. Elle a cinq avenues : la rue des Trois-Portes, la rue de l'H&#244;tel-Colbert, la rue Galande, un tron&#231;on de la rue de Dante et un tron&#231;on de la rue Lagrange : cinq avenues et une dizaine de redoutes, dix bars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluez les derniers bastions respect&#233;s ! C'est l&#224; que les mis&#233;rables, chass&#233;s de la vieille place, par le d&#233;molisseur, s'install&#232;rent, b&#226;ton en main et la musette au c&#244;t&#233;. Leur citadelle principale &#233;tait tomb&#233;e aux mains de l'ennemi, mais ils conservaient encore un beau territoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lis repr&#233;sentaient une force immense : celle de la mis&#232;re dont des commer&#231;ants avis&#233;s savent toujours tirer de l'or. Guignard, ancien tenancier de bouge &#224; Whitechapel - qui, apr&#232;s fortune faite dans l'East End de Londres, v&#238;nt recommencer &#224; la Maubert - devint leur nouveau roi, Miclo, son successeur prosp&#233;ra, comme prosp&#233;r&#232;rent Albert, Marcel, et d'autres... souverains-ma&#238;tres des cabarets voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fradin n'&#233;tait plus. Mais vivent Guignard, Miclo, Albert et Marcel...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour des Miracles ne tenait plus qu'un seul &#238;lot, &#224; la Maub' mais elle le tenait bien...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/impasse_maubert.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/impasse_maubert.jpg' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Taudis, impasse Maubert - 1913
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69238500/f1.item.r=maubert.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : Gallica&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces g&#238;tes, il faut &#234;tre en haillons pour n'&#234;tre point remarqu&#233; et seuls y fraternisent ou se tol&#232;rent ceux qui poss&#232;dent le langage ma&#231;onnique de l'extr&#234;me d&#233;nuement. Un curieux y serait rapidement consid&#233;r&#233; comme une proie ou comme un &#233;pouvantail. Des policiers refus&#232;rent de m'y accompagner. &#171; En nous voyant, ils s'enfuiraient tous &#187;, dirent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le rendez-vous des vagabonds qui ne sont jamais compl&#232;tement en d&#233;saccord, ni avec la morale des hors-la-loi, ni avec la l&#233;galit&#233;. Des vieux, des vieilles, de rares jeunes gens, peu ou pas de jeunes femmes. Les femmes sont mendiantes et chiffonni&#232;res - c'est-&#224;-dire qu'elles maraudent sur le bien des vrais chiffonniers sous la menace du crochet des biffins. Les hommes sont &#171; s&#233;nateurs &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils d&#233;chargent les p&#233;niches sur les berges et les wagons dans les gares. Ils sont mendiants, figurants dans les th&#233;&#226;tres, ramasseurs de m&#233;gots, ouvreurs de porti&#232;res, tondeurs de chiens, ramasseurs de crottes et quelquefois voleurs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quels &#171; laiss&#233;s pour compte &#187; ne couvrent-ils point leur corps cass&#233;, leur t&#234;te pouilleuse, leurs jambes gonfl&#233;es. Jaquettes d'autrefois, smokings d&#233;mod&#233;s, imperm&#233;ables spongieux, corsages &#224; manches &#224; gigot, ch&#226;les du Second Empire, c'est l&#224; seulement, dans ce mus&#233;e de la curiosit&#233;, qu'on peut vous retrouver, encore !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/rue_galande.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/rue_galande.jpg' width='489' height='1073' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rue Galande par Eug&#232;ne Atget (vers 1900)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/2512-rue-galande/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis retourn&#233; hier &#224; la Maubert et j'y ai constat&#233; tous les signes d'une liquidation prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an pass&#233; &#224; la m&#234;me &#233;poque, deux cents mis&#233;rables &#233;taient fraternellement group&#233;s, sous les vo&#251;tes de l'ex-cabaret de Guignard. .le n'en ai pas retrouv&#233; cinquante autour du comptoir, bien qu'au dehors, la pluie fit rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'angle de la rue de l'H&#244;tel-Colbert et de la rue Dante, j'ai vainement frapp&#233; aux volets du bar d'Albert. Ce geste audacieux m'eut attir&#233; autrefois plus d'une injure. Seule la joyeuse chanson d'un &#233;b&#233;niste m'a r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un calicot tendu sur l'enseigne m'a renseign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ferm&#233; pour cause de transformation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bar d'Albert, &#224; c&#244;t&#233; duquel on a d&#233;j&#224; install&#233; une boutique ultra- moderne, va devenir un &#233;tablissement &#171; chic &#187;. D'autres cabarets du quartier vont suivre la m&#234;me destin&#233;e. Les redoutes de la Maub' sont investies. Clochards sonnez la retraite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bouge d'Albert &#233;tait constitu&#233; par deux salles bien distinctes. Dans la premi&#232;re il n'y avait pas de si&#232;ge. On s'y tenait, donc debout ou accroupi (mais seuls les habitu&#233;s &#233;taient autoris&#233;s &#224; se tenir dans cette position simiesque). J'omets cependant de signaler la cage du monte-charge o&#249; un &#234;tre humain avait la latitude de s'effondrer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me salle, s&#233;par&#233;e de la premi&#232;re par une cloison vitr&#233;e, il y avait des tables, sur lesquelles on pouvait dormir, sous condition de boire et de faire renouveler les consommations - ce &#224; quoi les clients ne manquaient, d'ailleurs pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/place_maubert-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/place_maubert-2.jpg' width='500' height='731' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La vieille place Maubert en 1889
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fond de la client&#232;le &#233;tait constitu&#233; comme chez Guignard par des d&#233;bardeurs, des chiffonniers et des mendiants. Les chiffonniers y arrivaient le matin vers dix heures ; les mendiants y s&#233;journaient le jour et la nuit, mais &#224; partir de sept heures des accents guerriers r&#233;sonnaient autour du comptoir : les vieux soldats occupaient la place, avant d'aller aux Halles faire les corv&#233;es mara&#238;ch&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une heure quarante exactement, que ce fut l'hiver ou l'&#233;t&#233;, le barman ouvrait toutes grandes les portes. Un cri r&#233;veillait les dormeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Debout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils partaient, assurant sur leur dos, musettes et sacs. Ah ! le beau d&#233;fil&#233; de sorci&#232;res et de patriarches. Ils rejoignaient les &#233;chapp&#233;s du bar de Miclo, du bar de Marcel, ceux des bars de la rue Galande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur procession gagnait le pont Notre-Dame et la place du Parvis, mais elle r&#233;apparaissait deux heures plus tard, rue Dante...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit y avoir une heure aussi pour la r&#233;ouverture de l'Enfer... A quatre heures du matin, Miclo, Marcel et Albert recommen&#231;aient &#224; servir &#224; boire !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela qui date d'hier est, d&#233;j&#224;, en partie, du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un corps d'arm&#233;e de la mis&#232;re va changer de camp. La Cour des Miracles &#233;migrera bient&#244;t tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adieu, Maubert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Danjou - &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k603125x/f5.zoom.r=privat%20d%27anglemont.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Presse&lt;/a&gt; - 12 d&#233;cembre 1928&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Temple - Etude de m&#339;urs parisiennes - 1857</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=140</link>
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		<dc:date>2012-12-03T17:24:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#8212; Savez-vous ce que c'est que le Temple ?... Si vous &#234;tes riche, ma question vous fera faire la moue et vous r&#233;pondrez d&#233;daigneusement : &#171; A quoi bon conna&#238;tre le Temple ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous &#234;tes pauvre, &#244; ami lecteur, vous soupirerez avec convoitise, en r&#233;pliquant : &#8212; &#171; H&#233;las ! je ne le connais pas assez. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Temple a ses m&#339;urs, son langage, ses us et coutumes, son histoire nationale, son patriotisme, ses admirateurs et ses ennemis. C'est le dernier monument pa&#239;en &#233;lev&#233; au dieu Hasard et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; Savez-vous ce que c'est que le Temple ?... Si vous &#234;tes riche, ma question vous fera faire la moue et vous r&#233;pondrez d&#233;daigneusement : &#171; A quoi bon conna&#238;tre le Temple ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes pauvre, &#244; ami lecteur, vous soupirerez avec convoitise, en r&#233;pliquant : &#8212; &#171; H&#233;las ! je ne le connais pas assez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Temple a ses m&#339;urs, son langage, ses us et coutumes, son histoire nationale, son patriotisme, ses admirateurs et ses ennemis. C'est le dernier monument pa&#239;en &#233;lev&#233; au dieu Hasard et &#224; la d&#233;esse mi-chauve : l'Occasion. Le Temple de Paris, c'est la ressource du pauvre, c'est la Providence des &lt;br class='autobr' /&gt;
petites bourses, c'est la terre promise des n&#233;cessiteux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/15394427-carreau-du-temple-covered-city-market-paris-created-by-fichot-published-on-l-illustration-journal-un.jpg' width='253' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Carreau-du-Temple - 1863
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa c&#233;l&#233;brit&#233; est europ&#233;enne ; toutes les villes de France nous l'envient ; c'est l'&#233;tablissement le plus populaire de Paris. Demandez o&#249; bon vous semblera le chemin du Temple, dans le faubourg Saint-Germain, la rue Picpus, les Champs- Elys&#233;es, &#224; Belleville, aux Thernes, &#224; Mont-Parnasse ? Partout vous trouverez un boutiquier, un passant, un gamin, qui vous indiquera, sans h&#233;siter, ce bazar de la guenille, ce caravans&#233;rail des bottes &#233;cul&#233;es, ce capharnaum des vieux chapeaux et des frais rubans ; ce pand&#230;monium habit&#233; par la ruse, la probit&#233;, l'int&#233;r&#234;t sordide, la richesse, la mis&#232;re, l'infamie, l'honneur, l'habilet&#233;, toutes choses qui hurlent, en se rencontrant c&#244;te &#224; c&#244;te, sous le quadruple hangar nomm&#233; le Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre hangars, examin&#233;s &#224; vol d'oiseau, ressemblent &#224; des sphinx &#233;gyptiens accroupis, et gardant les abords de la Rotonde, un gros b&#226;timent &#224; colonnes &#233;cras&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le Temple est un sphinx qui ne dit jamais le mot de son &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui croit le conna&#238;tre ne le conna&#238;t pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est myst&#232;re pour le profane qui p&#233;n&#232;tre, pour la premi&#232;re fois, sous ces hangars noircis par le h&#226;le des vents et l'humidit&#233; des brouillards. S'il &#233;coute en observateur minutieux, il se croit transport&#233; au fond de quelque myst&#233;rieux puits de l'Inde, o&#249; sont r&#233;unis les affili&#233;s aux myst&#232;res d'Isis, la bonne d&#233;esse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Topographie &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#226;timens du Temple sont encadr&#233;s : 1&#176; par la rue du Temple, en face de l'&#233;glise Sainte-Elisabeth ; 2&#176; par la rue Dupetit-Thouars ; 3&#176; par la Rotonde ; 4&#176; et par la rue Perc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point central des quatre carr&#233;s est situ&#233; le bureau de l'inspecteur du march&#233;, M. Straubharth, un homme intelligent, juste, obligeant, doux, et cependant tr&#232;s ferme. C'est le juge de paix sans cesse plac&#233; entre l'acheteur molest&#233; et la marchande criarde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Turgot_temple.jpg' width='360' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'enclos du Temple - Plan de Turgot - 1730
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quatre carr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces compartiments, perc&#233;s d'innombrables ruelles, contient 1,888 places, pour lesquels il y a 900 titulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jadis, un marchand pouvait occuper autant de places qu'il en d&#233;sirait ; aujourd'hui, on ne lui accorde que quatre places au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les places sont lou&#233;es &#224; la semaine, moyennant la somme de 2 fr. 35 c. sur lesquels 2 fr. 10 c. reviennent &#224; la ville, et 25 c. aux douze gardiens qui veillent nuit et jour sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Temple rapporte, en moyenne, 200,000 fr. &#224; l'administration municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les places ne sont pas &#233;galement bonnes, celles du centre ne valent pas les &#233;choppes fortun&#233;es qui regardent la rue du Temple, la Rotonde et la rue Dupetit-Thouars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux carr&#233;s qui sont &#224; la droite du grand passage central se nomment la s&#233;rie rouge, les carr&#233;s de la gauche forment la s&#233;rie noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guide du voyageur dans la For&#234;t-Noire et autres lieux circonvoisins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecteur, n'ayez pas peur ! la &lt;i&gt;For&#234;t-Noire&lt;/i&gt; dont il s'agit est, tout bonnement, un des quatre grands compartiments du Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais commen&#231;ons par le commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Palais-Royal&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier carr&#233;, &#8212; le plus renomm&#233;, parce qu'il est le rassemblement des objets de luxe, &#8212; est d&#233;cor&#233; du titre de Palais-Royal. On y trouve par ci, par l&#224;, des marchandes jeunes, jolies, et m&#234;me polies avec les gens qui marchandent sans acheter ; qualit&#233; excessivement rare et qu'il faut se &lt;br class='autobr' /&gt;
h&#226;ter de signaler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des plus charmantes actrices des Vari&#233;t&#233;s a &#233;t&#233; longtemps boutiqui&#232;re au Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vous nommerai pas toutes les artistes dramatiques qui, apr&#232;s avoir v&#233;g&#233;t&#233; ou brill&#233; quelques ann&#233;es sur la sc&#232;ne, sont venues prendre boutique au march&#233;. Faites comme moi, promenez-vous dans le Palais-Royal, vous les reconna&#238;trez.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Palais_royal.jpg' width='402' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Palais-Royal - Gustave Dor&#233; - 1860
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le genre de marchandises qu'on exhibe dans ce carr&#233; se nomme des &lt;i&gt;frivolit&#233;s&lt;/i&gt;. Ce sont des chapeaux de femme, des fleurs, des rubans, du velours, des dentelles, des robes, des bijoux en faux, des costumes, et tout ce qui concerne la d&#233;froque th&#233;&#226;trale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le rendez-vous de beaucoup d'actrices qui ont des r&#244;les nouveaux &#224; &#233;tablir. On y rencontre aussi les jeunes premiers du boulevard qui ach&#232;tent, chez madame Dottman, des gants nettoy&#233;s &#224; 50 centimes, et des gants superfins &#224; 60 et 75 centimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y voit aussi des lorettes dans la panne qui, pour aller en partie fine, se paient un chapeau retap&#233; de 6, 5 ou m&#234;me 3 francs. Quant aux bibis d'occasion, ils ne se vendent gu&#232;re plus de dix sous, tandis que le bonnet prol&#233;taire se maintient encore &#224; un franc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au Palais- Royal que s'approvisionne la grisette, qui a &#233;conomis&#233; sou &#224; sou pour s'habiller &#224; P&#226;ques ou &#224; la Toussaint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le laborieux ouvrier et la pauvre cabotine qui visitent le Temple. Voyez cette grande dame par&#233;e de velours et de fourrure. Elle descend de sa voiture armori&#233;e devant Sainte-Elisabeth, et s'engouffre sournoisement dans les ruelles du bazar. Voyez aussi ces lorettes parcimonieuses qui font provision d'&#233;l&#233;gance &#224; bon march&#233; et de &lt;i&gt;comfort&lt;/i&gt; dans les prix doux. Un galant leur a donn&#233; quelques billets de mille francs pour s'acheter un cachemire. Elles viennent en faire emplette au Temple, et placent le reste de leur argent en actions de chemins de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pavillon de Flore&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le carr&#233; du drapeau, surnomm&#233; &lt;i&gt;Pavillon de Flore&lt;/i&gt;, par analogie au pavillon de ce nom qui, aux Tuileries, supporte le drapeau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, plus de brillantes &lt;i&gt;frivolit&#233;s&lt;/i&gt; : c'est la bourgeoisie &#224; c&#244;t&#233; de l'aristocratie nobiliaire ; l'utile succ&#232;de &#224; l'agr&#233;able. On n'aper&#231;oit qu'amas de matelas, de couvertures, d'objets de literie, de layettes, de rideaux et de modestes robes d'indienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_462 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pavillon_de_flore.jpg' width='500' height='622' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le pavillon de Flore - Gustave Dor&#233; - 1860
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le nom du troisi&#232;me carr&#233; ne demande qu'&#224; glisser de notre plume, et nous h&#233;sitons &#224; le tracer.... mais le devoir commande, la v&#233;rit&#233; n'admet pas les demi-r&#233;v&#233;lations. Tant pis pour les gens trop d&#233;licats, nous dirons donc que ce carr&#233; a &#233;t&#233; surnomm&#233; par ses primitifs habitants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le pou volant&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;tend que ce surnom n'est pas une diffamation. Parcourons donc avec &lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;caution les domaines de cet insecte aux ailes mythologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce quartier s'&#233;talent les nippes les plus sales, les guenilles les plus ignobles, le chenet malpropre, le cadenas rouill&#233;, la clef veuve de serrure, le piton cyclop&#233;en, le clou centenaire, la lime sans dents, la scie sans voix, toute la ferraille infecte rep&#234;ch&#233;e aux &#233;gouts ou dans les immondices de &lt;br class='autobr' /&gt;
La Villette. C'est le tonneau des Dana&#239;des, toujours plein, toujours vide, o&#249; viennent se d&#233;verser le sac du marchand d'habits ambulant, la hotte du chiffonnier et la s&#233;bile du gratteur de ruisseaux nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! il y a quelque chose de plus curieux que ce carr&#233;, c'est le quatri&#232;me quartier, qu'on a baptis&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La For&#234;t-Noire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nom lui vient-il de l'aspect sombre que lui donnent les noires chaussures r&#233;gnant en souveraines ?.... ou n'est-ce pas plut&#244;t parce qu'en la &lt;i&gt;For&#234;t-Noire&lt;/i&gt; on est vol&#233; comme dans un bois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre officiel des cordonniers du Temple, est &lt;i&gt;marchands de bottins&lt;/i&gt;, leur sobriquet &lt;i&gt;fafioteurs&lt;/i&gt;. Il est rare, qu'en fait de chaussures, l'acheteur ait &#224; se louer du &lt;i&gt;neuf&lt;/i&gt; qu'il acquiert en ce local. Quant au &lt;i&gt;vieux&lt;/i&gt;, nous en parlerons &#224; propos du grand art de &lt;i&gt;mastiquer le bottin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lisi&#232;re de la &lt;i&gt;For&#234;t-Noire&lt;/i&gt; est occup&#233;e, du c&#244;t&#233; de la rue &lt;i&gt;Dupetit-Thouars&lt;/i&gt;, par une formidable ligne de fripiers, rompue &#224; deux ou trois endroits par l'&#233;talage des marchands de malles et autres articles de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argot du Temple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que la Bourse, le th&#233;&#226;tre, la peinture, le clerg&#233;, l'&#233;tat militaire et tous les corps de m&#233;tier, le Temple a un jargon qui lui est propre. Il forme m&#234;me, avec la jargon des saltimbanques, celui qui se rapproche le plus du v&#233;ritable argot, l'argot des voleurs le plus imag&#233;, le plus savant et le plus remarquable de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marchand d'habits qui court les rues s'y nomme &lt;i&gt;chineur&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;roulant&lt;/i&gt;. Le n&#233;gociant qui lui ach&#232;te ses nippes et les restaure pour les revendre s'appelle &lt;i&gt;ressuceur&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;rebouiseur&lt;/i&gt;. La courti&#232;re qui les vend sur le Carreau est une &lt;i&gt;r&#226;leuse&lt;/i&gt;. Les &lt;i&gt;cambrousiers&lt;/i&gt; forment une esp&#232;ce de bande noire qui ach&#232;te tout, depuis la ferraille d'un liard jusqu'au mobilier de 30,000 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Carreau&lt;/i&gt; est la place comprise entre le Temple et la Rotonde. C'est le parquet, la Bourse du march&#233;. Le Carreau a ses &lt;i&gt;beauces&lt;/i&gt; (patrons) et ses &lt;i&gt;beauceresses&lt;/i&gt;, renomm&#233;s comme les agents de change du boulevard des Italiens. Son Tortoni est le cabaret de l'El&#233;phant, situ&#233; sur la place de la Rotonde. On n'y parle pas &lt;i&gt;prime&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;report&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;fin courant&lt;/i&gt;, mais on y cause fortement de &lt;i&gt;pistole&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;croix&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;point&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;demi-point&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la &lt;i&gt;pistole&lt;/i&gt; veut dire dix francs ; la &lt;i&gt;croix&lt;/i&gt;, six francs ; la &lt;i&gt;demi-croix&lt;/i&gt;, trois francs ; le &lt;i&gt;point&lt;/i&gt;, un franc ; le &lt;i&gt;demi-point&lt;/i&gt;, cinquante centimes, et le &lt;i&gt;rond&lt;/i&gt; un sou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chapeau de femme est nomm&#233; pittoresquement un &lt;i&gt;d&#233;crochez-moi &#231;a&lt;/i&gt; ; un chapeau d'homme une &lt;i&gt;niolle&lt;/i&gt;, et le chapelier un &lt;i&gt;niolleur&lt;/i&gt;. Venir vendre ses v&#234;tements est appel&#233; &lt;i&gt;bibelotter ses frusques&lt;/i&gt; ; s'habiller, se &lt;i&gt;renfrusquiner&lt;/i&gt; ; le pantalon est un &lt;i&gt;montant&lt;/i&gt;, l'habit une &lt;i&gt;pelure&lt;/i&gt;, la chemise une &lt;i&gt;limace&lt;/i&gt;. N'avoir pas le sou s'articule &lt;i&gt;nib de braise&lt;/i&gt;, ou sa variante &lt;i&gt;nisco braisicoto&lt;/i&gt;, et tromper un client &lt;i&gt;monter un gandin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_467 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/daumier1.jpg' width='399' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;R&#226;leuses cherchant &#224; attirer la pratique (Promeneur harcel&#233; par deux comm&#232;res) - Daumier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un myst&#232;re d&#233;voil&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a diverses fa&#231;ons de cacher aux profanes le prix minimum que doit accepter la fille de boutique ou le commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des combinaisons assez g&#233;n&#233;ralement employ&#233;e est celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot COMPAGNIE, avec ses neuf lettres, sert de clef Fichet &#224; ce syst&#232;me d'arithm&#233;tique. C repr&#233;sente le chiffre 1, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C O M P A G N I E &#8211; W &lt;br class='manualbr' /&gt;1 2 3 4 5 6 7 8 9 &#8211; 0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il y a sur un objet les lettres &lt;i&gt;c.o.a.w.&lt;/i&gt;, cela veut dire que son dernier prix est &#8212; 12 fr. 50 c. Avis aux acheteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une dizaine de mots de ce genre usit&#233;s au Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marchands fantaisistes et farceurs ont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B A I S E M O N . . (sans l) &lt;br class='manualbr' /&gt;1 2 3 4 5 6 7 8 9 0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines boutiqui&#232;res ne marquent qu'en chiffres, et, ordinairement, le milieu de la somme inscrite d&#233;signe le chiffre vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple 8132 signifie 13 fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de varier &#224; l'infini, avec un tel syst&#232;me de marque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conseils aux gens du monde, ou l'art de briller &#224; peu de frais en soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art de savoir acheter au Temple exige un certain tact une sorte d'initiation qu'on n'acquiert qu'en le fr&#233;quentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce bazar a ses inconv&#233;nients pour le n&#233;ophyte, il est d'un grand secours pour l'initi&#233; indigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pauvre peut s'y v&#234;tir des pieds &#224; la t&#232;te, moyennant quarante sous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pantalon d'&#233;t&#233;.. 50 c. &lt;br class='manualbr' /&gt;Saute-en-barque.. 55 &lt;br class='manualbr' /&gt;Escarpins d'occasion.. 25 &lt;br class='manualbr' /&gt;Casquette.. 20 &lt;br class='manualbr' /&gt;Chemise &#233;chang&#233;e.. 50 &lt;br /&gt;&#8212; &lt;br class='manualbr' /&gt;Total. 2 f. c.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une chemise &#233;chang&#233;e ? allez-vous demander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprenez qu'il y a au Temple des &#233;choppes o&#249; l'on &#233;change, s&#233;ance tenante, sa chemise sale contre une propre. On passe derri&#232;re un paravent ; la marchande jette une chemise blanche et reprend en &#233;change la chemise port&#233;e. Cela co&#251;te cinquante centimes ; c'est un prix fait comme les petits &lt;br class='autobr' /&gt;
p&#226;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'acheteur a quelque affection pour les chaussettes ; il peut s'en procurer le luxe, &#224; raison de dix centimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque est poss&#233;d&#233; de la coquetterie du faux col va faire un tour chez madame Lachambre, il en voit des pointus, des ronds, des carr&#233;s, des pr&#233;tentieux, des modestes, qu'il peut acqu&#233;rir &#224; bon compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le tarif : Echange d'un faux col sale contre un propre, 1 sou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achat de trois faux cols sans abandon, 2 sous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne faisons pas de fantaisie : tous les prix que nous d&#233;signons sont de la plus stricte v&#233;rit&#233;. Cependant ne croyez pas que, pour les obtenir, il suffise de se pr&#233;senter au Temple comme dans une boutique &#224; prix fixe. On y surfait &#233;norm&#233;ment, et nous ne saurions trop le r&#233;p&#233;ter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art d'acheter au Temple exige un apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel revendeur demande quarante francs d'un objet qu'il finit par laisser pour cent sous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle g&#233;n&#233;rale : le marchand ne base pas sa demande sur la valeur de la marchandise, mais sur le besoin que le client semble en avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Code de l'acheteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'entrez jamais dans une boutique du Temple sans en avoir &#233;t&#233; pri&#233; par le vendeur ou son commis. Si vous y p&#233;n&#233;trez tout d'abord, sans invitation, le marchand se dit : &#8212; Ou ma camelotte a plu &#224; ce monsieur, ou sa vanit&#233; lui fait craindre d'&#234;tre reconnu par ses connaissances. Il payera bon. Quiconque entre si cr&#226;nement a le gousset garni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le n&#233;gociant tient la drag&#233;e haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au contraire, c'est &#224; force d'importunit&#233;s qu'un passant met le pied chez lui, le commer&#231;ant se dit : &#8212; Il faut s&#233;duire le client par la belle occasion. Et, comme il n'op&#232;re ce genre de racolement forc&#233; qu'aux jours de ventes faibles, aux veilles d'&#233;ch&#233;ances, il diminue volontiers ses pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bon acheteur doit pratiquer le syst&#232;me de l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_465 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/robes.jpg' width='347' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;March&#233; du Temple - Les robes, vers 1860
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diagnostic&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne puis me lasser d'admirer la s&#251;ret&#233; de coup d'&#339;il avec laquelle la fille de boutique devine, en une seconde, le c&#244;t&#233; malade de la toilette du passant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez ceci : les hommes qui racolent ne sont jamais aussi habiles que les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'une de ces fines mouches crie au passant : &#8212; Monsieur, nous avons de beaux pantalons, des pantalons &lt;i&gt;&#224; la mode... &#224; la mode&lt;/i&gt; ! &#8212; Soyez persuad&#233; que l'homme qui passe a un pantalon qui n'est plus de mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle ajoute : &#8212; Tout &lt;i&gt;neuf&lt;/i&gt;, monsieur ; &#8212; c'est que son pantalon est vieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle dit : &#8212; &lt;i&gt;Bien chaud&lt;/i&gt; ! &#8212; c'est qu'elle a vu grelotter le pauvre h&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un passant, mal v&#234;tu, lui a-t-il lanc&#233; un regard moqueur, elle lui criera : &#8212; &#199;a rend les hommes beaux, monsieur ; voyez donc mes pantalons... ils ont des fonds... &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt; est prononc&#233; d'une fa&#231;on outrageante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;0 bossus, cagneux, bancals, borgnes, manchots ! si vous n'avez point l'intention d'acheter, ne passez pas trop pr&#232;s des friperies. A votre premier refus, on vous proposera les modes les plus saugrenues. &#8212; Au bossu, ce sera une redingote &#171; &#224; la Mayeux. &#187; Au bancal, on dira &#8212; &#171; Examinez donc nos manches de veste, vous devez vous y conna&#238;tre. Profitez de ce que les affaires vont cahin-caha. &#187; On f&#233;licitera, avec aplomb, le louche &#8212; &#171; de pouvoir regarder, en m&#234;me temps, la Bastille et la Madeleine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gare au patient qui se f&#226;che ! Il voit fondre sur sa personne une nu&#233;e de quolibets, un d&#233;luge de mots risqu&#233;s, une avalanche de sarcasmes qui l'&#233;tourdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voyage en zig-zags&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Temple, certains objets de toilette n'ont aucune valeur, un habit noir, par exemple ; parce qu'il est tr&#232;s peu demand&#233; dans la classe ouvri&#232;re. On trouve facilement, pour quatre francs, un bel habit noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vieille m&#232;re Coupry, &#8212; une bonne femme qui se tient toujours au Carreau, sur son tabouret, &#8212; a la sp&#233;cialit&#233; des gilets blancs. Leur cours moyen se maintient toujours &#224; dix sous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs connaissent l'&#233;choppe de Leli&#232;vre, o&#249; les perruques sont entass&#233;es, &#224; la fa&#231;on des sardines, dans un tonnelet. La perruque varie de trente sous &#224; cent francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fleuristes vendent des tours de t&#234;te tout frais pour cinquante centimes.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un corset neuf va de un franc cinquante centimes &#224; deux francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bas de femme (occasion) ne valent gu&#232;re plus de douze sous, dix sous et m&#234;me six sous la paire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prix, jet&#233;s au hasard, prouvent le bon march&#233; de divers articles dans ce grotesque bazar parisien. Mais &#224; c&#244;t&#233; de la robe de toile qu'on vend quinze sous, on rencontre la robe de soie qu'on vend deux cents francs, les dentelles de trente louis et le vrai cachemire de l'Inde, qui repr&#233;sente &lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs billets de mille francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le Temple a sa client&#232;le riche comme il a sa client&#232;le pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matadors de l'endroit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrez dans l'&#233;choppe de Wail pour y acheter une modeste paire de rideaux de cent sous, et il vous conduira dans ses vastes magasins de la rue Dupetit-Thouars, o&#249; vous pourrez d&#233;penser cinquante mille francs si vos moyens vous le permettent. Je vous le souhaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, vous verrez tout ce que le luxe a enfant&#233; : les tapis somptueux, les pendules les plus splendides, les glaces &#233;normes, les ameublements grandioses. C'est Wail qui a achet&#233; la majeure partie des mobiliers provenant de la vente des ch&#226;teaux de la famille d'Orl&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_468 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;139&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/daumier2.jpg' width='324' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La rotonde du temple : La d&#233;esse du lieu, le chef coiff&#233; du plus jeune de ses chapeaux... Niolleuse marchande de vieux chapeaux - Daumier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Temple a ses matadors, parmi lesquels on cite : d'abord Wail le tapissier, puis Servi&#232;re le tailleur, &#224; &lt;i&gt;la Pomme d'or&lt;/i&gt;. Celui-ci donne du travail &#224; cent ouvriers, occupe six places au march&#233;, fait des achats de quarante mille francs de drap, et fournit d'effets de confection presque tous ses coll&#232;gues fripiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore Beaumont, &lt;i&gt;&#224; la Gr&#226;ce de Dieu&lt;/i&gt;, un assez curieux type de vendeur d'articles de voyage ; madame Gillet, &lt;i&gt;&#224; la Coupe d'or&lt;/i&gt; ; Damard, &lt;i&gt;&#224; la Redingote grise&lt;/i&gt; ; Lebel, dans l'article matelas ; madame Laserme, dans la lingerie et les layettes ; et B&#233;guin, le marchand de rubans, de ch&#226;les et de nouveaut&#233;s, qui occupe &#224; lui seul dix-sept places : c'est le dernier grand cumulard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore Desmazures, parmi les marchands d'ustensiles de m&#233;nage ; Adenet, &lt;i&gt;au Sapeur pompier&lt;/i&gt;, parmi les cordonniers ; Nody, qui vend des outils d'horlogerie et de menuiserie ; et madame Letellier, une fleuriste &#224; laquelle les femmes de th&#233;&#226;tre accordent l'&#233;l&#233;gance et le bon go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le carreau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Carreau, ou parquet de la Bourse aux d&#233;froques, sert de trait-d'union entre le march&#233; du Temple et la Rotonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; ouvre &#224; six heures en &#233;t&#233;, et &#224; huit heures moins vingt minutes en hiver. Il ferme &#224; huit heures en &#233;t&#233; et &#224; cinq heures en hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cloche qui annonce l'ouverture du &lt;i&gt;Carreau&lt;/i&gt; sonne &#224; onze, heures. La fermeture a lieu &#224; deux heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Rotonde du Temple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Rotonde est une grande maison ovale, orn&#233;e de piliers formant un p&#233;ristyle m&#233;diocrement beau. Elle est habit&#233;e, au dehors, par des fripiers de toutes sortes ; et, au dedans, par des cohortes de &lt;i&gt;niolleurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;fafioteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;chineurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ressuceurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;rebouiseurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;chardonneurs&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cambrousiers&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une v&#233;ritable caserne desservie par douze escaliers et contenant plus de mille locataires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/rotonde.jpg' width='333' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rotonde du Temple (gravure du XIX&#176; si&#232;cle tir&#233;e d'un livre ancien)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'habitent les grands-pr&#234;tres du culte de l'Occasion. Presque toutes les boutiques arborent cette annonce : &lt;i&gt;Fait des envois en province et &#224; l'&#233;tranger&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseigne n'est pas menteuse. Tel marchand, M. Giroux, par exemple, traite avec tous les maires des petites communes de France, pour habiller, &#224; 'bon march&#233;, les gardes nationaux de leur localit&#233;. Il fait un n&#233;goce consid&#233;rable et un cr&#233;dit &#233;norme aussi n'a-t-il pas de rivaux &#224; craindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maison Bienfait, &lt;i&gt;&#224; l'Aigle imp&#233;rial&lt;/i&gt;, a pour sp&#233;cialit&#233; le carrick des cochers de fiacre, qu'il confectionne avec des d&#233;bris de capote de la troupe de ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait chez les marchands de la Rotonde du Temple, que Don Pedro, Don Miguel et autres pr&#233;tendants habillaient leurs troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empereur Soulouque s'y approvisionnait aussi. Voici, dit-on, l'&#233;v&#233;nement qui l'y a fait renoncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faustin Ier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulouque avait command&#233; au Temple l'&#233;quipement complet d'un bataillon de garde imp&#233;riale. On lui exp&#233;dia sur-le-champ, habits bleus &#224; plastrons blancs, culottes blanches, gu&#234;tres noires et shakos-tromblons orn&#233;s de plumets, guirlandes et plaques de cuivre en carr&#233; long, selon l'ordonnance de notre premi&#232;re &#232;re imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet uniforme obtint un succ&#232;s marqu&#233;, au d&#233;ballage, devant la cour moricaude de Faustin Ier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;para lestement une grande revue de troupes, et, des dignitaires fran&#231;ais, traversant le pays, furent invit&#233;s &#224; venir admirer le nouvel uniforme des soldats de Soulouque. La revue commence, les troupes man&#339;uvrent et d&#233;filent. Nos Fran&#231;ais s'amusent m&#233;diocrement &#224; l'aspect de ces n&#233;griots enr&#233;giment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;121&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/soulouque.jpg' width='361' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faustin Soulouque (1782-1867), mieux connu sous le nom de Faustin Ier, fut pr&#233;sident et empereur d'Ha&#239;ti de 1847 &#224; 1859
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, une musique guerri&#232;re annonce l'arriv&#233;e du fameux bataillon v&#234;tu &#224; la fran&#231;aise. Le monarque interroge nos compatriotes du regard. Ils aper&#231;oivent les shakos, et, soudain, ils partent ensemble d'un si violent &#233;clat de rire que Soulouque en devient p&#226;le sous sa peau noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'avaient donc vu les Fran&#231;ais ? Le voici : &#8212; La petite plaque de cuivre qui ornait les coiffures guerri&#232;res portait ces mots : &lt;i&gt;Sardines &#224; l'huile, Martin, &#224; La Rochelle&lt;/i&gt;. C'&#233;tait avec des plaques &#224; l'usage des bottes &#224; sardines, que l'exp&#233;diteur avait d&#233;cor&#233; les shakos de l'arm&#233;e soulouquienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monarque, ne voulant pas faire une nouvelle d&#233;pense, laissa son bataillon sous l'invocation des sardines &#224; l'huile ; mais il cessa toute relation avec le Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#234;teurs d'argent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Rotonde et chez les marchands de vins des environs logent ou s'embusquent les pr&#234;teurs &#224; la petite semaine qui pullulent dans les march&#233;s publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a aucune id&#233;e de l'&#233;normit&#233; des int&#233;r&#234;ts qu'ils pr&#233;l&#232;vent sur les marchandes n&#233;cessiteuses. Presque toujours l'argent leur rapporte 400 p. 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns pr&#234;tent &#224; la semaine les autres &#8212; et ce sont les plus nombreux &#8212; pr&#234;tent &#224; la journ&#233;e. Cinq francs pr&#234;t&#233;s le matin rapportent dix sous &#224; la chute du jour. Ainsi, cent sous rapportent trois francs cinquante centimes au bout de la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas oublier que ce n'est point la marchande, mais l'acheteur qui, par contre-coup, paye ces int&#233;r&#234;ts-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ruses du Temple &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous am&#232;ne naturellement &#224; parler des moyens frauduleux employ&#233;s par le commer&#231;ant qui veut offrir sa marchandise moins cher que celle de son voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, le matelas qu'il vendra dix ou douze francs contiendra plus de poils de lapin et de chien, plus de franges coup&#233;es aux vieux ch&#226;les. que de bonne et vraie laine. Les deux coins plac&#233;s du c&#244;t&#233; du public en seront seuls garnis. Pour amorcer le client, il d&#233;coudra l'un de ces coins, afin d'en faire admirer le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu un pauvre diable qui avait achet&#233;, &#224; vil prix, une redingote bleue d'assez belle apparence. Le jour m&#234;me de son acquisition, il essuya une forte ond&#233;e, et rentra chez lui avec un v&#234;tement qui ressemblait au costume bigarr&#233; d'un arlequin. Sa redingote &#233;tait compos&#233;e de morceaux de drap &lt;br class='autobr' /&gt;
de diff&#233;rentes nuances. Une teinture g&#233;n&#233;rale &#224; la brosse leur avait donn&#233; une couleur unique. Ce que le lavage avait donn&#233;, le lavage le reprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un habitu&#233; de l'endroit vient acheter un habit ou une redingote, son premier soin est de regarder le collet, les parements, le dessous des bras, la saign&#233;e : ce sont les places qui s'usent le plus promptement, et font appr&#233;cier l'&#226;ge et les conditions de long&#233;vit&#233; de l'acquisition projet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le &lt;i&gt;ressuceur&lt;/i&gt; a exerc&#233; son industrie occulte, l'acheteur n'y verra goutte. Gr&#226;ce &#224; l'emploi habile du chardon, il aura redonn&#233;, aux d&#233;pens de l'&#233;toffe, un poil factice au collet ou au parement endommag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pantalons, us&#233;s aux genoux, sont saupoudr&#233;s de poils retenus avec de la simple gomme. A la premi&#232;re promenade, le poil surnum&#233;raire dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste, pour les connaisseurs, l'art de &lt;i&gt;faire sonner le drap&lt;/i&gt; ; en lui donnant des petites chiquenaudes (art que tout le monde ne saurait connaitre), il r&#233;v&#232;le aux habiles la juste mesure de la force et de la qualit&#233; du drap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la friperie, si nous passons &#224; la tapisserie, je vous dirai : &#8212; D&#233;fiez-vous &#233;galement des tapis &lt;i&gt;retondus&lt;/i&gt;. En reprenant une certaine fra&#238;cheur d'aspect, ils ont perdu toute solidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/le_marche_du_temple.jpg' width='326' height='496' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Charles-Francois Daubigny - Le March&#233; du Temple
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Prenez garde ! si vous &#233;changez vos vieilles pendules contre des neuves. Maintenant le zinc imite parfaitement le bronze. Prenez garde ! si vous les donnez &#224; nettoyer ou &#224; redorer. Gr&#226;ce aux nouveaux proc&#233;d&#233;s de dorure &#224; la pile, on retire tout l'or plac&#233;, jadis, &#224; l'aide du mercure, et le syst&#232;me Ruolz est appliqu&#233; &#224; votre pendule. N'oubliez pas que la quantit&#233; d'or qu'on en retire, est toujours plus grande que celle qu'on y met.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : De l'or en moins et la main d' &#339;uvre en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marchandes savent tellement que le neuf est en discr&#233;dit pr&#232;s des habitu&#233;s du march&#233;, qu'elles ach&#232;tent des &#233;toffes de soie l&#233;g&#232;res, les font coudre en robes, les portent deux ou trois fois, et les vendent &#8212; comme occasion &#8212; &#224; un meilleur prix que si elles &#233;taient neuves. Pourquoi ?... Parce que personne ne croirait faire une bonne emplette, en achetant trente francs une robe de soie neuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! la b&#234;tise du chaland fait na&#238;tre la ruse du vendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'allez pas dans la For&#234;t-Noire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit o&#249; l'on vole le plus, au Temple, c'est dans la &lt;i&gt;For&#234;t-Noire&lt;/i&gt;. On y vend des souliers vernis &#224; 3 fr. 50 c., dont les semelles, au lieu d'&#234;tre cousues, sont simplement coll&#233;es ; l'int&#233;rieur des escarpins et des pantoufles est en gros papier &#224; chandelle, recouvert d'une peau mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est n&#233;cessaire que, vu le prix, le soulier soit pr&#233;sent&#233; comme occasion, on gratte l'int&#233;rieur de vieux souliers, on m&#234;le cette gratture avec de l'eau, et de ce m&#233;lange, nomm&#233; &lt;i&gt;ribouis&lt;/i&gt;, on barbouille la semelle ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, moyennant quatre ou cinq sous, on trouve chaussure &#224; son pied. Mais il n'y a pas d'exemple qu'une semelle de cette nature ait r&#233;sist&#233; plus de quinze pas au contact du macadam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'a assur&#233; que lorsque des clients partaient avec ces chaussures aux pieds, ils &#233;taient suivis par des moutards apost&#233;s, qui, moyennant un sou, se chargeaient de rapporter leurs semelles avant qu'ils aient eu le temps de regagner leur logis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boutique d'un &lt;i&gt;fafioteur&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;ramastiqueur&lt;/i&gt; de bottins est un vrai traquenard. L&#224;, les talons ne tiennent que gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie de la colle ; la vieille semelle est pr&#234;te &#224; tirer la langue ; l'&#339;ill&#232;re ne demande qu'&#224; ouvrir largement sa paupi&#232;re, et le cuir verni est toujours dispos&#233; &#224; se crever de &lt;br class='autobr' /&gt;
rire au nez du niais qui l'ach&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la chaussure est ce qu'il y a de plus d&#233;plorable au Temple. Le bon n'y existe qu'&#224; l'&#233;tat de paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/marche-2.jpg' width='178' height='279' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;March&#233; du Temple - 1862
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grande revue des savates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel curieux spectacle que la grande revue des chaussures pass&#233;es par quelque Rothschild de la Savate, le long de la partie la moins fr&#233;quent&#233;e de la Rotonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'appareiller des millions de chaussures achet&#233;es aux ventes des h&#244;pitaux et de la Morgue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces charret&#233;es de souliers des morts m'ont fait parfois r&#234;ver philosophiquement &#224; ce que vivent les roses, les humains et les savates. Il faut donner &#224; ces derni&#232;res la prime de long&#233;vit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque soulier solitaire est accoupl&#233; &#224; un compagnon inconnu, comme un for&#231;at &#224; son camarade de cha&#238;ne. La botte du pendu c&#244;toie la botte du noy&#233;, le brodequin de la fille morte &#224; Saint-Lazare va de pair avec le brodequin de la fille d'un g&#233;n&#233;ral puis tout rentre class&#233; au magasin, en attendant que, par une m&#233;tempsycose famili&#232;re, l'escarpin du dandy devienne la chaussure du balayeur, et la bottine de la grande dame un oripeau de carnaval pour la figurante des Funambules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je ne craignais pas d'assombrir ce tableau, je pourrais parler de certains v&#234;tements tach&#233;s de sang, venant de l'&#233;chafaud au Temple. D&#233;tournons nos yeux de cette face lugubre, et constatons que, dans ce march&#233; o&#249; la ruse est &#224; l'ordre du jour, on ignore ce que c'est que le vol et la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle diff&#233;rence avec la Bourse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voleurs et receleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voleurs de profession ne viennent jamais vendre directement au Temple : la surveillance des agents y est trop active. Ce ne sont que les filous au biberon, et les assassins qui ne savent pas leur m&#233;tier qui donnent dans cette sourici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le rec&#233;leur s'y d&#233;barrasse sournoisement de ses criminels achats, c'est &#224; l'abri de sa patente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un proverbe de voleurs qui dit : &#171; Le rec&#233;leur qui pr&#234;te le plus &#224; Paris, c'est le mont-de-pi&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; s'approvisionne le Temple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Temple s'approvisionne partout : chez le riche, chez le pauvre ; dans les ruisseaux et dans les palais ; &#224; l'h&#244;tel du banquier et &#224; l'h&#244;pital ; chez vous et chez moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher lecteur, le vieux paletot que tu donnes &#224; ton domestique passera par les mains du marchand d'habits avant d'orner le dos de quelque colleur d'affiches endimanch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aimable lectrice, votre soulier mignon sera &lt;i&gt;mastiqu&#233;&lt;/i&gt; avec un affreux &lt;i&gt;ribouis&lt;/i&gt;, et il deviendra la chaussure d'une fille perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, mesdames, ne croyez pas &#233;viter le sort commun en jetant vos bottines au coin de la borne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La borne est le grand chemin du Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous les jetez &#224; la rivi&#232;re, on les rep&#234;chera ; si vous les perdez &#224; dessein, dans les rues de Marseille ou de Perpignan, afin de leur &#233;pargner la honte d'une vente ignoble, sachez que le Temple a ses commis voyageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; moins de livrer votre d&#233;froque aux flammes, elle est condamn&#233;e par avance aux G&#233;monies du Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent chemins d&#233;tourn&#233;s conduisent la loque &#224; l'h&#244;tel du Hasard. Elle y est amen&#233;e par la femme de chambre, le portier, le chiffonnier, le gar&#231;on de salle, l'huissier, le voleur, l'h&#233;ritier ou par le pauvre, qui l'a ramass&#233;e dans la boue, et l'&#233;change contre une cro&#251;te de pain ou un verre d'eau-de-vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le savoir, vous et moi, nous sommes les pourvoyeurs de ce paradis de la d&#233;pouille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Temple hors du Temple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Temple n'est pas seulement dans le Temple, &lt;i&gt;il est partout o&#249; se r&#233;pand sa gloire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alentours du march&#233; sont occup&#233;s par une myriade de gens qui en vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la marchande de feu, qui, moyennant un sou par matin&#233;e, alimente l'aristocratique chaufferette ou le d&#233;mocratique gueux de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a le restaurateur, le cafetier, le marchand de pains et de g&#226;teaux. Pour un sou, Caillol fournit du caf&#233; au lait avec cassonnade. Son &#233;tablissement en plein vent est connu sous le nom de l'estaminet des &lt;i&gt;Pieds humides&lt;/i&gt;. En effet, ses consommateurs ont les pieds dans le ruisseau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_473 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pieds_humides.jpg' width='312' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Restaurant des pieds humides - L'Illustration, Journal Universel - Paris - 1858
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De midi &#224; deux heures, la vieille m&#232;re Cadet fait son apparition sur le Carreau, avec son &#233;ventaire, porteur d'un fourneau et d'une po&#234;le. Elle d&#233;bite, &#224; tous prix, le gras-double, les saucisses, le boudin, les tripes et les grillades, en les accompagnant d'injures ou de mi&#232;vreries c&#226;lines, selon son humeur du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore les gargotiers Protat et Dumoutier, qui vendent de la soupe et du g&#226;teau de riz sucr&#233;, pour trois sous, deux sous et m&#234;me pour les modestes cinq centimes. Les femmes du march&#233; pr&#233;tendent qu'il faudrait un adroit ma&#238;tre d'armes pour crever un &#339;il &#224; leur bouillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, la quantit&#233; de gens que le Temple fait vivre est incalculable. Une partie de Paris et ses environs, dans un rayon de trente lieues, s'y approvisionnent ordinairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir la client&#232;le des dames du Temple est chose tr&#232;s recherch&#233;e. Comme elles ne font pas de cr&#233;dit, elles n'en demandent &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre des Folies-Dramatiques est le spectacle qu'elles affectionnent. Elles y vont par bandes, les samedi, dimanche et lundi, aux places &#224; vingt sous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les splendeurs f&#233;eriques du Cirque les larmoiements vertueux de la Gaiet&#233; ; les op&#233;rettes fantaisistes des Folies-Nouvelles ; les pierrotades des Funambules ; les vaudevilles &#224; femmes des D&#233;lassements ; les roucoulades du Th&#233;&#226;tre-Lyrique ne valent pas, &#224; leurs yeux, les pi&#232;ces comico-sentimentales des Folies-Dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont un mot qui peint toute leur admiration : elles disent que c'est un th&#233;&#226;tre rigolo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'achetez pas du neuf au Temple, mais en revanche, d&#233;fiez-vous du vieux qu'on y vend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achetez-y, vous aurez raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y achetez jamais, vous n'aurez pas tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;fiez-vous ou ne vous m&#233;fiez pas, le r&#233;sultat sera identiquement pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DERNIER CONSEIL D&#201;COCH&#201; EN FUYANT A LA FA&#199;ON DES PARTHES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites comme il vous plaira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; moi, j'ai une opinion bien arr&#234;t&#233;e. mais je la garde pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Albert Monnier - &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 15 mars 1857&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le B&#339;uf gras - 1739</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=106</link>
		<guid isPermaLink="true">http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=106</guid>
		<dc:date>2012-09-12T21:07:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#192; Paris &amp; dans la pl&#251;part des grandes villes du Royaume, les Gar&#231;ons Bouchers de chaque quartier se rassemblent ordinairement tous les ans le Jeudi gras, &amp; prom&#232;nent par la Ville, au son des Instrumens, un B&#339;uf qu'il choisissent de belle encolure, &amp; qu'ils parent de guirlandes de fleurs &amp; autres ornemens ; On l'apelle &#224; Paris, Le B&#339;uf gras, &amp; dans plusieurs Villes de Province, Le B&#339;uf vill&#233;, parce qu'on le prom&#232;ne par la ville. &lt;br class='autobr' /&gt; Cet usage, qui est fort ancien, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#192; Paris &amp; dans la pl&#251;part des grandes villes du Royaume, les Gar&#231;ons Bouchers de chaque quartier se rassemblent ordinairement tous les ans le Jeudi gras, &amp; prom&#232;nent par la Ville, au son des Instrumens, un B&#339;uf qu'il choisissent de belle encolure, &amp; qu'ils parent de guirlandes de fleurs &amp; autres ornemens ; On l'apelle &#224; Paris, Le B&#339;uf gras, &amp; dans plusieurs Villes de Province, Le B&#339;uf vill&#233;, parce qu'on le prom&#232;ne par la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet usage, qui est fort ancien, paro&#238;t &#234;tre un reste de certaines F&#234;tes du Pagannisme, &amp; singulierement des Sacrifices que l'on faisoit aux faux Dieux. En effet, les Gar&#231;ons Bouchers s'habillent pour cette c&#233;r&#233;monie, &#224; peu pr&#232;s de m&#234;me que l'&#233;toient les Esclaves des Sacrificateurs ; Le Beuf gras est par&#233; dans le m&#234;me go&#251;t, que ceux que l'on immoloit pour victimes, &amp; les Bouchers ont des Instrumens, comme on en avoit aux Sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_349 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/boeuf_gras3.jpg' width='362' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Carnaval des rues de Paris - 18&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Tout ce qu'il y a de plus ici, c'est que l'on met sur le B&#339;uf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy, ce qui a sans doute &#233;t&#233; introduit dans les temps, o&#249; la pl&#251;part des Communaut&#233;s donnoient &#224; leur Chef le titre de Roy, comme les Rois de l'Arbaleste &amp; de l'Arquebuse, le Roy des Violons, &amp; plusieurs autres semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Gar&#231;ons Bouchers de la Boucherie de l'Aport de Paris, n'ont pas attendu cette ann&#233;e le jour ordinaire pour faire leur F&#234;te du B&#339;uf gras ; d&#232;s le mercredi matin, 4. du mois de f&#233;vrier, veille du Jeudi gras, il se rassemblerent, &amp; promenerent par la Ville un B&#339;uf, qui avoit sur la t&#234;te, au lieu d'aigrette, une grosse branche de Laurier-cerise, &amp; il &#233;toit couvert d'un tapis qui lui servoit de housse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le jeune Roy de la F&#234;te, qui &#233;toit mont&#233; sur le Boeuf gras, avoit un grand Ruban bleu, pass&#233; en Echarpe, et tenoit d'une main un Sceptre dor&#233; &amp; de l'autre son &#233;p&#233;e nu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Gar&#231;ons Bouchers qui l'accompagnaient, environ au nombre de quinze, &#233;toient tous v&#233;tus de corsets rouges, avec des trousses blanches, ayant sur la t&#234;te une espece de turban ou de toque rouge, bord&#233; de blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux d'entre eux tenoient le Boeuf par les cornes, &amp; le conduisoient ; plusieurs avaient des Violons, Fifres et Tambours, et les autres portoient des b&#226;tons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Boeuf_gras.jpg' width='430' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le boeuf gras et le Carnaval de Paris - 1857
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Ils allerent en cet &#233;quipage en differens Quartiers de Paris, &amp; principalement l'H&#244;tel du Bailliage, ch&#233;s M. le Premier Pr&#233;sident, pour lui donner une Aubade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme ce Chef du Parlement &#233;toit encore &#224; la Grand-Chambre, les Bouchers prirent le parti de l'aller attendre sur son passage ; &amp; pour cela ils firent monter le Boeuf par l'Escalier de la Sainte Chapelle, &amp; vinrent dans la Grand'-Salle du Palais, jusqu'&#224; la Porte du Parquet des Huissiers de la Grand'-Chambre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/boeuf_gras1.jpg' width='359' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le boeuf gras achet&#233; par un boucher de la rue Montmartre - 1936
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Lorsque le Premier Pr&#233;sident sortit, il se mirent en haye sur son passage, &amp; le salu&#233;rent au son de leurs Instrumens. Pendant cette Aubade ils avoient &#233;loign&#233; le Boeuf gras vers le passage des Enqu&#234;tes ; &amp; apr&#232;s que ce Magistrat fut pass&#233;, ils se promenerent avec le Boeuf dans plusieurs des Salles du Palais, et le firent descendre enfin par l'Escalier de la Cour neuve, du c&#244;t&#233; de la Place Dauphine ; &amp; ils continuerent leur c&#233;r&#233;monie dans Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On n'avoir point encore v&#251; le Boeuf gras dans les Salles du Palais, lesquelles sont au moins &#224; la hauteur d'un premier &#233;tage ; &amp; on aurait peine &#224; le croire, si un grand nombre de Parisiens n'avoient v&#251; ce Spectacle singulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le lendemain des Bouchers d'un autre quartier promenerent aussi un Boeuf, mais ils ne vinrent point au Palais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercure de France - F&#233;vrier 1739 - Pages 387 &#224; 390&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le doyen des voleurs - 1873</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=48</link>
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		<dc:date>2012-05-22T20:13:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Le nouveau commissaire de police du quartier des Halles, M. Dodr&#233;au, vient de faire une assez curieuse capture. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est celle d'un vieillard qui peut &#224; juste titre passer pour le doyen des voleurs de Paris. Nous ne pensons pas du reste qu'aucun de ses coll&#232;gues vienne r&#233;clamer cette qualification. &lt;br class='autobr' /&gt; Il se nomme Legrand est &#226;g&#233; de soixante-quatorze ans, et pratique le vol depuis sa plus tendre enfance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a subi dix-huit condamnations pour vol ; ses peines accumul&#233;es forment un total de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Racontars de feuilles de choux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Voleur.jpg' width='405' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le nouveau commissaire de police du quartier des Halles, M. Dodr&#233;au, vient de faire une assez curieuse capture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est celle d'un vieillard qui peut &#224; juste titre passer pour le doyen des voleurs de Paris. Nous ne pensons pas du reste qu'aucun de ses coll&#232;gues vienne r&#233;clamer cette qualification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il se nomme Legrand est &#226;g&#233; de soixante-quatorze ans, et pratique le vol depuis sa plus tendre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a subi dix-huit condamnations pour vol ; ses peines accumul&#233;es forment un total de cinquante et un ans de prison, auxquels s'ajoutent trente ans de surveillance de la haute police ; en tout le nombre respectable de quatre-vingt-un ans. On voit qu'il a de la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas plus de trois mois qu'il a quitt&#233; la maison centrale de Clairvaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement la r&#233;sidence de Paris lui &#233;tait interdite ; mais, pour un vieux routier, Paris est la seule ville possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revint donc &#224; Paris, o&#249; il avait de nombreuses cachettes et o&#249; il &#233;tait &#224; peu pr&#232;s certain de se soustraire aux recherches de la police. Legrand, d'ailleurs, est un solitaire, n'a jamais de complices et ne risque pas d'&#234;tre trahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vint l'amour... &#224; soixante-quatorze ans ! Une marchande du pavillon aux fruits, exception parmi ce corps honorable des dames de la Halle, fut s&#233;duite par l'argent du vieillard et ne s'enraya pas des moyens par lesquels cet argent &#233;tait obtenu. Abusant au contraire de l'ascendant que lui donnait sur Legrand la passion qu'elle avait su lui inspirer, elle le poussa de plus en plus au vol par ses exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Legrand lui remettait chaque jour tout le r&#233;sultat de ses larcins, sans lui demander compte de l'usage qu'elle en pouvait faire. Cet argent, elle le d&#233;pensait en orgies en compagnie d'autres individus, avec lesquels elle se moquait de son s&#233;nile adorateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour elle voulut un mobilier, et Legrand dut le lui donner ; d'autrefois c'&#233;taient des bijoux, des toilettes, et le vieux voleur se mettait en quatre pour les lui procurer, oubliant &#224; la fin sa prudence habituelle pour satisfaire les d&#233;sirs ou plut&#244;t les ordres de sa ma&#238;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/la_vie_aux_halles.jpg' width='459' height='647' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La vie aux Halles - 1933 - Agence Meurisse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; au pavillon des fruits, au moment o&#249;, sous pr&#233;texte de marchander des p&#234;ches, il fouillait les poches de ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conduit au commissariat, il a fait des aveux complets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps on trouvait sa complice dans un bouge de la rue des Lyonnais, o&#249; elle habitait avec Legrand... un v&#233;ritable repaire de bandits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le vieux pickpocket a appris dans quel &#233;tat sa ma&#238;tresse avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, il s'est &#233;cri&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Moi qui la croyais mon amie ! moi qui me fiais &#224; son amour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;sillusion a &#233;t&#233; terrible pour le vieux voleur. Il a jur&#233; de rompre avec le m&#233;tier, un peu tard, il est vrai &#8212; et de faire conna&#238;tre &#224; la justice un grand nombre de ses confr&#232;res, ou plut&#244;t de ses &#233;l&#232;ves, car il para&#238;t que, comme le vieux juif des romans de Dickens, Legrand &#233;tait professeur de vol &#224; la tire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Figaro, 4 ao&#251;t 1873&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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