<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Paris Anecdote</title>
	<link>http://parisanecdote.usebynet.com/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?id_rubrique=5&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Le devin du Pont-Neuf - 1819</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=276</link>
		<guid isPermaLink="true">http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=276</guid>
		<dc:date>2014-06-25T14:55:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Devin du Pont-Neuf a &#233;tabli la salle de ses consultations &#224; l'entr&#233;e du quai des Lunettes, presque vis-&#224;-vis la baraque qui masque les travaux de la colonne que l'on &#233;l&#232;ve &#224; la gloire de la Grande-Arm&#233;e. C'est un vieillard, un peu courb&#233; : Une petite table est devant lui. Sur cette table sont plusieurs vases remplis d'une eau limpide : ceux qui le consultent prennent au hasard plusieurs cartes dans le jeu qu'il leur pr&#233;sente ; ils les tiennent par devers eux, et le Devin, &#224; chaque (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=5" rel="directory"&gt;Les agitateurs du Pont Neuf&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Devin du Pont-Neuf a &#233;tabli la salle de ses consultations &#224; l'entr&#233;e du quai des Lunettes, presque vis-&#224;-vis la baraque qui masque les travaux de la colonne que l'on &#233;l&#232;ve &#224; la gloire de la Grande-Arm&#233;e. C'est un vieillard, un peu courb&#233; : Une petite table est devant lui. Sur cette table sont plusieurs vases remplis d'une eau limpide : ceux qui le consultent prennent au hasard plusieurs cartes dans le jeu qu'il leur pr&#233;sente ; ils les tiennent par devers eux, et le Devin, &#224; chaque &#233;v&#233;nement qu'il leur r&#233;v&#232;le, ajoute : &lt;i&gt;C'est ce que m'indique telle carte que vous devez avoir dans votre main : donnez-moi telle carte&lt;/i&gt;. Il prononce ces mots d'un air riant et gracieux, et les accompagne d'un petit mouvement des deux mains, les coudes press&#233;s contre son corps ; geste assez remarquable, et qui donne un nouveau charme &#224; son talent pour la divination. La personne qui le consulte, &#233;tonn&#233;e de voir qu'il d&#233;signe successivement toutes les cartes qu'elle a tir&#233;es, ne sait plus qu'en penser, et tous les assistans partagent sa stup&#233;faction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pont_neuf_detail.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pont_neuf_detail.jpg' width='500' height='976' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Pont-Neuf - Meryon, Charles (1821- 1868) - 1853 - D&#233;tail
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55001118d/f1.item.r=.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour que je me promenais en r&#234;vant &#224; mes Personnages, je me trouvai du nombre de ses spectateurs. Ce n'&#233;tait pas me distraire de mon sujet : lui-m&#234;me &#233;tait un des h&#233;ros que j'avais &#224; c&#233;l&#233;brer. Tout d'ailleurs autour de moi ne cessait de me rappeler l'objet de mes m&#233;ditations : d'un c&#244;t&#233;, j'entendais la bruyante harmonie du Musicien des Promenades ; d'un autre le r&#233;citatif du second Marchand d'Encre. Par l&#224;, s'exer&#231;ait le Batonniste &#224; faire sauter la pi&#232;ce de monnaie ; par ici, se distinguait le Marchand de Pierres &#224; Briquets &#224; faire son roulement inimitable ; mes regards m&#234;mes, ainsi que mes oreilles, &#233;taient partout entretenus de ma secr&#232;te pens&#233;e : les nombreuses affiches qui couvrent la baraque, celles que l'on appose au parapet, m'offraient de toutes parts la r&#233;union des diverses c&#233;l&#233;brit&#233;s connues jusqu'alors ; je voyais : HOMMES C&#201;L&#200;BRES, FEMMES C&#201;L&#200;BRES, FILLES C&#201;L&#200;BRES, ENFANS C&#201;L&#200;BRES, CHIENS C&#201;L&#200;BRES, CHEVAUX C&#201;L&#200;BRES, etc., etc. ; et je me repaissais de la douce id&#233;e que parmi tous ces titres, bient&#244;t ressortirait : PERSONNAGES C&#201;L&#200;BRES DANS LES RUES DE PARIS. Telle &#233;tait ma r&#234;verie, et cependant je ne pouvais revenir de mon admiration &#224; la vue du nouveau Personnage qui devait encore trouver place dans mon histoire. Je m'avise tout &#224; coup de mettre sa science &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me pr&#233;sente les cartes ; j'en extrais au hasard un certain nombre que je garde en main, et me voil&#224; attendant mon sort. &lt;i&gt;J'avais les quatre rois, le sept de carreau, le sept de pique, l'as et le dix de treffle, et le dix de c&#339;ur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur, me dit-il, il est tr&#232;s-possible que vous soyez amoureux de quelque belle, mais vous br&#251;lez principalement de l'amour de la gloire. &#187; Ce petit pr&#233;lude me flatta singuli&#232;rement, et je m'empressai de r&#233;pondre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuez, Denis........&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, monsieur, reprit le Devin, veuillez me bien &#233;couter. Vous &#234;tes souvent environn&#233; d'une soci&#233;t&#233; de Personnes extr&#234;mement illustres, et vous m&#233;ditez une entreprise de la plus haute importance : C'est ce que m'indiquent les quatre rois et l'as de treffle ; donnez moi l'as de treffle et les quatre rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse &#224; penser si mon homme me parut sorcier. Je continuais d'&#234;tre int&#233;rieurement tr&#232;s flatt&#233; de mon horoscope.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/mendiant_pont_neuf.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/mendiant_pont_neuf.jpg' width='500' height='506' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Un mendiant tenant son chapeau &#224; la main est debout sur le Pont-neuf - 18&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8409189z/f1.item.r=pont%20neuf.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Monsieur, continua le Devin, ici un voile imp&#233;n&#233;trable m'emp&#234;che de pouvoir vous d&#233;signer les choses. Je ne sais quelle voix inconnue vous inqui&#232;te ; je vous vois menac&#233; d'une arme toute petite, mais dont les coups sont terribles.... vous pourriez bien &#234;tre un peu courouc&#233; : c'est ce que m'indiquent le sept de pique et le sept de carreau ; donnez-moi, s'il vous pla&#238;t, le sept de carreau et le sept de pique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci changeait de note et je n'&#233;tais plus satisfait. Cependant il me restait une carte, et l'attendais avec beaucoup d'inqui&#233;tude, lorsqu'heureusement le Devin ajouta : mais, monsieur, rassurez-vous, ce l&#233;ger nuage sera suivi d'une victoire compl&#232;te : c'est ce que m'indique le dix de c&#339;ur ; donnez-moi le dix de c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mots furent accompagn&#233;s d'un salut de sa part auquel je r&#233;pondis par une l&#233;g&#232;re offrande qui lui &#233;tait bien due, et je m'&#233;loignai, ne me lassant point d'admirer le tireur de cartes et surtout de r&#233;fl&#233;chir &#224; mon horoscope.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Personnage fait aussi plusieurs tours d'adresse et distribue &lt;i&gt;gratis&lt;/i&gt; des pierres &#224; enlever les taches, mais il pr&#233;vient qu'elles n'enl&#232;vent pas celles que l'on a sur la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Gouriet (1774-1855) - &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6438399n/f347.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les charlatans c&#233;l&#232;bres, ou Tableau historique des bateleurs, des baladins, des jongleurs, des bouffons, des op&#233;rateurs, des voltigeurs, des escamoteurs, des filous, des escrocs, des devins, des tireurs de cartes, des diseurs de bonne aventure, et g&#233;n&#233;ralement de tous les personnages qui se sont rendus c&#233;l&#232;bres dans les rues et sur les places publiques de Paris, depuis une haute antiquit&#233; jusqu'&#224; nos jours - Tome 2&lt;/a&gt; - Seconde &#233;dition - 1819&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Grandeur et d&#233;cadence du Pont-Neuf par le Bibliophile Jacob - 1842</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=117</link>
		<guid isPermaLink="true">http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=117</guid>
		<dc:date>2012-10-21T13:07:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Que demandait d'abord un &#233;tranger, en arrivant &#224; Paris, dans les deux derniers si&#232;cles ? Le Pont-Neuf. C'&#233;tait toujours au Pont-Neuf qu'il se faisait conduire, encore couvert de la poussi&#232;re du voyage : c'&#233;tait le Pont-Neuf qu'il voulait voir avant le Louvre, avant Notre-Dame, et, apr&#232;s l'avoir vu, il pouvait se vanter de conna&#238;tre presque tout Paris. On parlait alors du Pont-Neuf, avec admiration, jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le czar Pierre le Grand, qui vint &#233;tudier la civilisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=5" rel="directory"&gt;Les agitateurs du Pont Neuf&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que demandait d'abord un &#233;tranger, en arrivant &#224; Paris, dans les deux derniers si&#232;cles ? Le Pont-Neuf. C'&#233;tait toujours au Pont-Neuf qu'il se faisait conduire, encore couvert de la poussi&#232;re du voyage : c'&#233;tait le Pont-Neuf qu'il voulait voir avant le Louvre, avant Notre-Dame, et, apr&#232;s l'avoir vu, il pouvait se vanter de conna&#238;tre presque tout Paris. On parlait alors du Pont-Neuf, avec admiration, jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vue_pont_neuf.jpg' width='263' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue du Pont-Neuf prise du quay de la Vall&#233;e - 18&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le czar Pierre le Grand, qui vint &#233;tudier la civilisation fran&#231;aise sous la r&#233;gence du duc d'Orl&#233;ans, d&#233;clara qu'il n'avait rien trouv&#233; de plus curieux &#224; Paris que le Pont-Neuf ; et, soixante ans apr&#232;s, le philosophe Franklin &#233;crivait &#224; ses amis chim&#233;rique qu'il n'avait compris le caract&#232;re parisien, qu'en traversant le Pont-Neuf, et que ce c&#233;l&#232;bre pont m&#233;ritait bien qu'on fit deux mille lieues pour le rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/samaritaine-2.jpg' width='356' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Samaritaine - 18&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'&#224; cette &#233;poque, le Pont-Neuf, qui ressemble aujourd'hui &#224; la plupart des autres ponts, se distinguait entre tous par une foule de d&#233;tails de m&#339;urs particuliers qu'on n'e&#251;t pas observ&#233;s ailleurs. Il a compl&#233;tement chang&#233; d'aspect depuis la R&#233;volution, et pourtant il n'a pas subi la moindre m&#233;tamorphose dans son architecture ; il n'est ni moins long ni moins large qu'en son beau temps, et s'il a perdu la Samaritaine qui partageait sa c&#233;l&#233;brit&#233;, il a retrouv&#233; une statue &#233;questre d'Henri IV, aussi lourde, aussi triviale que l'ancienne, que le nom fameux de son auteur, Jean Boulogne, ne pr&#233;serva pas d'&#234;tre fondue en gros sous &#224; l'effigie de la Libert&#233; de 91.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/mascaron.jpg' width='306' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mascaron du Pont Neuf de Germain Pilon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Pont-Neuf du si&#232;cle de Louis XIV, quoique plus jeune de cent quatre-vingts ans qu'il ne l'est &#224; pr&#233;sent, avait &#233;t&#233; d&#233;j&#224; refait, restaur&#233;, consolid&#233;, de telle sorte qu'on l'accusait d'&#234;tre vieux et de menacer ruine, &#224; chaque crue des eaux, &#224; chaque d&#233;b&#226;cle de glaces ; on ne lui promettait pas une plus durable existence qu'aux ponts, ses voisins, qui, charg&#233;s de maisons en pierre ou en bois, devaient infailliblement, un jour ou l'autre prendre feu ou s'&#233;crouler dans la rivi&#232;re. Mais cependant on s'accordait &#224; lui trouver des m&#233;rites que n'avaient pas tous les ponts anciens et modernes : on vantait son plan g&#233;n&#233;ral, d&#251; &#224; Androuet Ducerceau, qui toucha 50 livres pour en avoir fourni les premiers dessins ; on vantait sa construction &#224; la romaine, due &#224; Guillaume Marchand et &#224; Fran&#231;ois Petit ; on vantait surtout sa corniche ext&#233;rieure, support&#233;e par de grandes consoles et de bizarres mascarons dus au ciseau de Germain Pilon ; on vantait tout ce que nous remarquons &#224; peine aujourd'hui, et, de plus, les Parisiens &#233;taient fiers du magnifique panorama qu'on d&#233;couvre du haut de leur pont favori et qui n'a d'&#233;gal au monde, disaient-ils, que l'entr&#233;e du port de Goa et celle du port de Constantinople. Heureux Parisiens, qui ne songeaient gu&#232;re &#224; y aller voir !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_400 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vue_du_pont_neuf_depuis_st_germain_l_auxerrois.jpg' width='333' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vu&#235; de Paris, depuis le Carrefour Saint Germain l'auxerrois, le Pont neuf, etc. en 1771
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et n&#233;anmoins, en d&#233;pit du respect et de l'admiration qu'il inspirait sous le r&#232;gne de Louis XIV, le Pont-Neuf avait encouru les critiques de certains esprits chagrins qui, &#224; coup sur, n'&#233;taient pas n&#233;s &#224; Paris. Le po&#232;te Claude le Petit, n&#233; a Poitiers, signala son entr&#233;e dans ce Paris, qu'il eut l'audace de traiter de &lt;i&gt;ridicule &lt;/i&gt; en vers, par cette &#233;pigramme, hardie contre le Pont-Neuf, &#233;pigramme qui alluma sans doute le b&#251;cher de son auteur, br&#251;l&#233; en place de Gr&#232;ve comme ath&#233;e. Claude le Petit ne croyait pas plus &#224; l'infaillibilit&#233; du Pont-Neuf qu'&#224; celle du pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons ici renfort de pointes : &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce chemin nous m&#232;ne au Pont-Neuf. &lt;br class='manualbr' /&gt;D'un bon r&#233;gal de nerfs de b&#339;uf&lt;br class='manualbr' /&gt;Saluons ces vo&#251;tes mal jointes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vraiment ! Pont-Neuf, il fait beau voir&lt;br class='manualbr' /&gt;Que vous ne vous daigniez mouvoir,&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand les &#233;trangers vous font f&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;Savez-vous bien, nid de filous,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il passe de plus grosses b&#234;tes&lt;br class='manualbr' /&gt;Par-dessus vous que par-dessous ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourquoi nous faites-vous la morgue&lt;br class='manualbr' /&gt;Avecque votre nouveaut&#233; ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pont en cent endroits rajust&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout ainsi qu'un vieux soufflet d'orgue ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous qui faites compassion&lt;br class='manualbr' /&gt;A la moindre inondation,&lt;br class='manualbr' /&gt;D'o&#249; vous vient cette humeur alti&#232;re ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Est-ce &#224; cause que vous avez&lt;br class='manualbr' /&gt;Cent &#233;gouts dans votre rivi&#232;re ?...&lt;br class='manualbr' /&gt;Quoiqu'entre tous les ponts des eaux,&lt;br class='manualbr' /&gt;Grands ou petits, vieux ou nouveaux&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous passiez pour un patriarche,&lt;br class='manualbr' /&gt;Dites-moi, Pont-Neuf, mon mignon,&lt;br class='manualbr' /&gt;Si vous aviez encore une arche,&lt;br class='manualbr' /&gt;Seriez-vous pas un peu plus long ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physionomie du Pont-Neuf, &#224; cette &#233;poque, &#233;tait bien diff&#233;rente de &lt;br class='autobr' /&gt;
ce qu'elle est aujourd'hui. Si nous empruntons quelques faits &#224; un tableau qui n'a pas moins de v&#233;rit&#233; que s'il eut &#233;t&#233; fait d'apr&#232;s nature, la statue de Henri IV, qu'on appelait le &lt;i&gt;Cheval de bronze&lt;/i&gt;, par un &#233;trange oubli du&lt;i&gt; seul roi dont le peuple a gard&#233; la m&#233;moire&lt;/i&gt;, attirait autour d'elle, sur le terre-plein o&#249; elle &#233;tait &#233;rig&#233;e, malgr&#233; les amas d'immondices qui la d&#233;shonoraient, une foule compacte et tumultueuse qui se renouvelait sans cesse. L&#224; &#233;taient &#233;tablis les tr&#233;teaux des joueurs de gobelets, des chanteurs, des vendeurs d'orvi&#233;tan et de th&#233;riaque, des bateleurs et des charlatans de toute esp&#232;ce, que la police ne molestait pas encore dans l'exercice de leur industrie. Vis-&#224;-vis du Cheval de bronze, la place Dauphine, qui n'avait encore de rivale &#224; Paris que la place Royale recevait une pareille affluence de curieux, de promeneurs et de d&#233;s&#339;uvr&#233;s : l&#224; &#233;tait encore dress&#233; plus d'un th&#233;&#226;tre en plein vent, charg&#233; de baladins, de farceurs, d'op&#233;rateurs et de toute la joyeuse descendance de Tabarin, qui avait, pendant vingt ou trente ans, donn&#233; la com&#233;die au peuple sur le Pont-Neuf.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/mendiant.jpg' width='399' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Un mendiant tenant son chapeau &#224; la main est debout sur le Pont-Neuf - 18&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La nuit, le Pont-Neuf &#233;tait aussi d&#233;sert et redout&#233; qu'il &#233;tait peupl&#233; et fr&#233;quent&#233; le jour : quand on cherchait &#224; rencontrer quelqu'un, on n'avait qu'&#224; se planter en sentinelle &#224; l'entr&#233;e du pont, et l'on voyait bient&#244;t venir la personne &#224; qui l'on avait affaire. Cette hyperbole , imagin&#233;e pour repr&#233;senter la circulation active et incessante des passants sur le pont, avait &#233;t&#233; prise &#224; la lettre par les mouchards, qui restaient post&#233;s deux ou trois jours &#224; la m&#234;me place, attendant leur homme, et qui affirmaient ensuite, s'ils ne l'avaient point aper&#231;u, que le quidam ne pouvait pas &#234;tre &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les farceurs ou plaisants du Pont-Neuf ne contribu&#232;rent pas peu &#224; mettre ce pont en honneur et y attirer sans cesse de tous les points de la ville, cit&#233; et universit&#233;, une multitude d'allants, de venants et de s&#233;journants. Ces farceurs eurent l'un apr&#232;s l'autre une vogue et une r&#233;putation dont h&#233;rita le Pont-Neuf. Le premier de tous, celui qui n'attendit pas que le pont f&#251;t achev&#233; pour y jouer son personnage fut l'illustre Tabarin, auteur des chansons qu'il chantait et des &lt;i&gt;coq-&#224;-l'ane, rencontres, fantaisies&lt;/i&gt; et gaillardises qu'il d&#233;bitait avec une verve et une joyeuset&#233; intarissables : Tabarin narrait &#224; ses auditeurs les aventures du capitaine Rodomont et les amours d'Isabelle ; il leur confiait ses querelles de m&#233;nage et souhaitait &lt;i&gt;bon jour, bon an &#224; MM. les cornards de Paris&lt;/i&gt; ; il s'adressait de pr&#233;f&#233;rence &lt;i&gt;aux artisans de la gueule et supp&#244;ts de Bacchus&lt;/i&gt;, et il n'avait jamais la voix plus claire qu'apr&#232;s avoir bu au cabaret avec son &#233;l&#232;ve, le baron de Grattelard, qui l'assistait dans ses farces, rev&#234;tu de sa livr&#233;e de toile de matelas. Tabarin sur ses tr&#233;teaux balan&#231;a la renomm&#233;e des com&#233;diens ordinaires du roi, Turlupin, Gros-Guillaume et Gaultier Guarguille, tellement que l'h&#244;tel de Bourgogne porta envie au Pont-Neuf.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/tabarin.jpg' width='335' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tabarin : esquisse de d&#233;cor de l'acte II : Place Dauphine / Philippe Chaperon - 1884
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Tabarin succ&#233;da le Savoyard, qui devait ce sobriquet &#224; sa naissance et &#224; son patois fortement accentu&#233; ; sorte de rhapsode vagabond, aveugle comme Hom&#232;re, remarquable par sa haute taille et par sa grande barbe, il composait aussi lui-m&#234;me des chansons burlesques en vers baroques, les r&#233;p&#233;tait d'une voix de stentor, en pin&#231;ant du luth, et les distribuait imprim&#233;es par feuilles volantes. Son contemporain, Fagottini, avait alors l'exploitation du petit th&#233;&#226;tre de Brioch&#233; qui importa d'Italie en France les marionnettes et qui fit fortune sur le Pont-Neuf ; en outre, Fagottini, que la mode appela depuis dans les assembl&#233;es avec ses marionnettes, vendait des parfums, des drogues et des affiquets d'Italie, avant et apr&#232;s les repr&#233;sentations de ses acteurs de bois ; mais, lorsqu'il se fut enrichi et qu'il se vit recherch&#233; par les ruelles des &lt;i&gt;pr&#233;cieuses&lt;/i&gt;, il abandonna le Pont-Neuf &#224; ses valets et ne se montra plus que dans les &lt;i&gt;cercles&lt;/i&gt; de la bourgeoisie, o&#249; l'on disait, en se promettant beaucoup de plaisir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aurez Fagottin et les marionnettes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/boutique.jpg' width='227' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pont-Neuf : boutique dessin&#233;e en 1847
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les bas-c&#244;t&#233;s de ce pont, &#233;lev&#233;s de plusieurs marches au-dessus de la chauss&#233;e destin&#233;e aux carrosses, aux charrois et aux chaises &#224; porteurs n'&#233;taient pas uniquement r&#233;serv&#233;s aux pi&#233;tons : les marchands de toute esp&#232;ce, notamment les merciers, les confiseurs, les revendeurs et les bouquinistes s'emparaient du parapet, qui leur servait d'&#233;tal pour leur marchandise, et usurpaient m&#234;me une large part du pav&#233; au profit de leur commerce, que ne g&#234;nait aucune patente. En outre, chacun des espaces vides semi-circulaires, qui couronnaient les piles des arches et qui ont &#233;t&#233; remplis depuis par des gu&#233;rites en pierre transform&#233;es en boutiques, se trouvait occup&#233; par la tente ou la baraque de quelque industriel &#233;m&#233;rite qui gagnait sa pauvre vie en arrachant des dents, en vendant des onguents et des sp&#233;cifiques, en montrant des serpents ou des reliques de saints, en chantant aux sons de la viole ou de la guitare ces refrains populaires auxquels est rest&#233; le nom g&#233;n&#233;rique de &lt;i&gt;pont-neuf&lt;/i&gt;, en racontant des l&#233;gendes miraculeuses, en faisant des tours de passe-passe ou des exercices d'adresse, et en tirant des horoscopes suivant les conjonctions des plan&#232;tes, les concordances des nombres, les lignes des mains et les hasards des cartes ou des tarots. Le pont, d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre, retentissait du concert &#233;clatant des trompes, des fifres, des tambours, des luths, accompagn&#233;s de chants, de cris, de rires, de hu&#233;es et d'applaudissements qui se m&#234;laient aux aboiements des chiens, &lt;br class='autobr' /&gt;
aux jurons des charretiers, au bruit sourd et confus des voitures et des chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_399 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vielleur.jpg' width='332' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Vielleux du Pont-Neuf - Augustin de Saint-Aubin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi la population ordinaire du Pont-Neuf, les badauds et les filous &#233;taient toujours en majorit&#233;. Les badauds s'arr&#234;taient en extase devant les boutiques et les th&#233;&#226;tres, la bouche b&#233;ante, l'oreille tendue et l'&#339;il fixe pour ne rien laisser &#233;chapper de ce qui pouvait &#234;tre et entendu ; les filous s'arr&#234;taient aussi avec eux et faisaient &#224; la ronde une exacte visite des poches, sans jamais &#234;tre troubl&#233;s dans cette agr&#233;able occupation : on savait d'ailleurs, qu'en traversant ce pont, moins s&#251;r en plein jour que la for&#234;t de Bondi en pleine nuit, on devait tenir &#224; deux mains sa bourse et sa montre pour les emp&#234;cher de dispara&#238;tre. Combien de gens, qui &#233;taient all&#233;s r&#233;gler leur montre sur l'horloge de la Samaritaine, horloge souvent d&#233;traqu&#233;e et rarement fid&#232;le, revenaient chez eux le gousset vide et ne retournaient plus chercher l'heure au Pont-Neuf ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vue_du_pont_neuf.jpg' width='364' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue du Pont neuf &#224; Paris - Bunbury, H. W - 1771
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous Louis XIII et Louis XIV, en d&#233;pit du guet, du lieutenant de police et des lanternes du Cheval de bronze, les voleurs, &#224; main arm&#233;e, s'emparaient du pont d&#232;s le coucher du soleil et ran&#231;onnaient quiconque s'aventurait dans ce coupe-gorge : il ne faisait pas bon se d&#233;fendre contre ces malfaiteurs, qui poignardaient leur victime et la jetaient &#224; l'eau, morte ou vive. Les jeunes seigneurs de la cour, Gaston d'Orl&#233;ans, fr&#232;re du roi, leur donnant l'exemple, s'&#233;taient quelquefois divertis &#224; d&#233;valiser les passants et &#224; se faire les &lt;i&gt;tireurs de laine&lt;/i&gt; du Pont-Neuf. Ce proverbe courait alors les rues : &#034;on vole plus de manteaux sur le Pont-Neuf qu'on n'en taille chez les drapiers des piliers des Halles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/cite_et_pont_neuf.jpg' width='366' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Cit&#233; et le pont neuf vu du Pont des Arts - 19&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gloire du Pont-Neuf allait s'&#233;clipsant, lorsque les g&#233;nies de la farce furent remplac&#233;s par le coryph&#233;e des op&#233;rateurs, ce &lt;i&gt;gros Thomas&lt;/i&gt;, qui r&#233;unit longtemps autour de sa science universelle une nombreuse et cr&#233;dule client&#232;le : &#034;Il &#233;tait reconnaissable de loin par sa taille gigantesque, disent les M&#233;moires du temps, et par l'ampleur de ses habits ; mont&#233; sur un char d'acier, sa t&#234;te &#233;lev&#233;e et coiff&#233;e d'un panache &#233;clatant figurait avec la t&#234;te royale de Henri IV ; sa voix m&#226;le se faisait entendre aux deux extr&#233;mit&#233;s du pont, aux deux bords de la Seine. La confiance publique l'environnait, et la rage de dents semblait venir expirer &#224; ses pieds ; des mains sans cesse &#233;lev&#233;es imploraient ses rem&#232;des, et l'on voyait fuir le long des trottoirs les m&#233;decins constern&#233;s et jaloux de ses succ&#232;s. Enfin, pour achever le dernier trait de l'&#233;loge de ce grand homme, il est mort sans avoir reconnu la Facult&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/bateleur.jpg' width='339' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le bateleur du Pont Neuf - Stefano della Bella
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de Louis XV, il y eut encore sur le Pont-Neuf et des op&#233;rateurs et des bateleurs ; mais leurs devanciers avaient &#233;puis&#233; la confiance et l'admiration publiques. Le peuple devenait moins badaud, moins paresseux, moins dupe : la R&#233;volution se pr&#233;parait dans les basses classes comme dans les sommit&#233;s sociales. Le Pont-Neuf fut alors envahi par les &lt;i&gt;vendeurs de chair humaine&lt;/i&gt; ou recruteurs, qui avaient mission d'alimenter l'arm&#233;e du roi, o&#249; le m&#233;tier de h&#233;ros n'&#233;tait plus fait pour tenter personne. Les philosophes avaient si bien d&#233;cri&#233; l'art de la guerre, que, sans les recruteurs, cet art-l&#224; e&#251;t bient&#244;t fini, faute de combattants. Les recruteurs plant&#232;rent donc leurs drapeaux &#224; chaque bout du pont, afin de mieux happer au passage les paysans qui d&#233;barquaient &#224; Paris, les mauvais sujets qui comptaient, pour d&#238;ner, sur la bourse du prochain, les fils de famille qui sortaient des tripots, et, en g&#233;n&#233;ral, tous ceux qui ne savaient pas r&#233;sister &#224; l'app&#226;t d'un sac d'&#233;cus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces racoleurs firent d'abord leurs affaires &#224; la descente du Pont-Neuf, o&#249; la boutique d'un d'eux offrait pour enseigne le roi Salomon sur son tr&#244;ne, avec cette inscription tir&#233;e du th&#233;&#226;tre de Voltaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier qui fut roi fut un soldat heureux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vue_tour_pont_neuf.jpg' width='294' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue des rives de la Seine, prise de la Porte Neuve - 17&#232;me si&#232;cle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, les recruteurs se promenaient, la t&#232;te haute, l'&#233;p&#233;e sur la hanche, appelant tout haut les jeunes gens qui passaient, leur frappant sur l'&#233;paule, les prenant sous le bras et les invitant, d'un ton c&#226;lin ou matamore, &#224; les suivre au cabaret, pour y &#233;couter entre deux pintes le r&#233;cit de la bataille de Fontenoi. Mais le Pont-Neuf fut enfin d&#233;livr&#233; de ce commerce honteux, qui s'exer&#231;ait avec autant de violences que la vente des n&#232;gres au Congo : le Pont-Neuf, d'ailleurs, ne produisait presque plus de soldats, et les pi&#232;ges grossiers qu'on tendait aux passants &#233;taient connus des moins fins, qui ne s'y laissaient pas prendre comme autrefois. Un Anglais paria qu'il se prom&#232;nerait deux heures durant le long de ce pont, en offrant de c&#233;der des &#233;cus neufs de six livres &#224; 24 sols la pi&#232;ce, et qu'il ne trouverait pas &#224; vider ainsi un sac de douze cents francs. En effet, il eut beau crier : &lt;i&gt;A 24 sols les &#233;cus de six livres !&lt;/i&gt; on ne s'approchait de lui que pour le regarder avec d&#233;fiance, pour palper ses &#233;cus et les lui rendre en haussant les &#233;paules et en disant : &lt;i&gt;ils sont faux !&lt;/i&gt; Le Pont-Neuf n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus la terre promise des charlatans : on y semait en vain la ruse et la fourberie sans produire des dupes. Le r&#232;gne du Pont-Neuf se termina par la d&#233;molition de la Samaritaine, qui, depuis longtemps, avait perdu le jet de sa fontaine et le carillon de son horloge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/samaritaine_1.jpg' width='318' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Maintenant le Pont-Neuf, d&#233;barrass&#233; des tr&#233;teaux, des th&#233;&#226;tres, des chars d'acier et des &#233;talages qui obstruaient la voie publique, ne se distingue des autres ponts que par sa longueur et par le nombre des pi&#233;tons et des voitures qui le traversent &#224; toute heure du jour et de nuit. Les d&#233;crotteurs et les tondeurs de chiens ont pris la place des op&#233;rateurs et arracheurs de dents ; les sergents de ville, des recruteurs ; et un factionnaire, l'arme au bras, veille &#224; la d&#233;fense de la statue d'Henri IV, qui n'a plus &#224; ses pieds une cour burlesque de chanteurs, de paillasses et de marionnettes. Jadis le Pont-Neuf &#233;tait une foire perp&#233;tuelle ; &#224; pr&#233;sent, ce n'est plus qu'un pont o&#249; l'on passe sans s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul L. Jacob, Bibliophile - &lt;i&gt;Autrefois ou le bon vieux temps - Types fran&#231;ais de dix-huiti&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt; - 1842&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/le_pont_neuf.jpg' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#232;gles et statuts et ordonnances de la Caballe des filous reformez depuis huict jours dans Paris, ensemble leur police, estats, gouvernement... - Vers 1625</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=69</link>
		<guid isPermaLink="true">http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=69</guid>
		<dc:date>2012-10-19T08:39:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Reigles, Statuts et Ordonnances de la Caballe des filous reformez depuis huict jours dans Paris, ensemble leur Police, Estat, Gouvernement, et le moyen de les cognoistre d'une lieue loing sans lunettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Athen&#233;e, le plus falot des hommes apr&#232;s Lucian, dit que de son temps tous les filous, tire-laines, coupeurs de bourses, destrousseurs de passans, et autre telle canaille qui ayment autant le bien d'autruy que le leur, avoient accoustum&#233; de s'assembler &#224; Rome aux Ides de juin, et illec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=5" rel="directory"&gt;Les agitateurs du Pont Neuf&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reigles, Statuts et Ordonnances de la Caballe des filous reformez depuis huict jours dans Paris, ensemble leur Police, Estat, Gouvernement, et le moyen de les cognoistre d'une lieue loing sans lunettes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Athen&#233;e, le plus falot des hommes apr&#232;s Lucian, dit que de son temps tous les filous, tire-laines, coupeurs de bourses, destrousseurs de passans, et autre telle canaille qui ayment autant le bien d'autruy que le leur, avoient accoustum&#233; de s'assembler &#224; Rome aux Ides de juin, et illec donner ordre au gouvernement et estat de leurs affaires, recevoir les plaintes, punir les delinquans, c'est-&#224;-dire ceux qui laissoient leurs oreilles en chemin ou se laissoient espousseter par le bourreau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/samaritaine.jpg' width='326' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Samaritaine, Sur le Pont Noeuf &#224; Paris - 1750
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il semble que tous les fr&#232;res de la Samaritaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait que les abords de la Samaritaine &#233;toient le quartier g&#233;n&#233;ral des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soldats de la courte esp&#233;e et gens de telle farine, ayent leu ce passage et en ayent voulu renouveller la coustume : car jeudi dernier, sur les onze heures du soir, ils s'assembl&#232;rent sur le pont Neuf, du cost&#233; de l'escolle, et, comme chats-huants taciturnes, vindrent &#224; tastons de toutes parts, pour deliberer de leurs affaires et apporter un nouveau reglement &#224; l'entretien de leur chetive, pauvre et miserable vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fouille-Poche, general de l'assembl&#233;e, oncle en dernier ressort de Carfour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le capitaine Carrefour, fameux voleur de ce temps-l&#224;, sur les exploits et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et proche parent du petit Jacques, comme ayant le plus d'interest en la conservation de son ancien droit, qui est de prendre ce qu'il rencontre, s'y trouva le premier ; et pour son si&#233;ge plia trois ou quatre manteaux en quatre, qu'il venoit de desrober, et qu'il portoit vendre au frippier Gueulle-Noire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n'est point au hasard que ce nom de Gueulle-Noire est donn&#233; au fripier. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, maistre recelleur des halles ; et, apr&#232;s avoir longtemps attendu ses camarades, voyant que minuit s'approchoit, il commen&#231;a ainsi : &#171; Mes confr&#232;res, il est &#224;-propos de faire un bon reglement pour l'etablissement de nos affaires ; je voy que de jour &#224; jour nostre nombre diminue, et que le plus souvent les nouveaux receus, pour ne s&#231;avoir l'art de la vollerie, sont troussez en malle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On disoit d'un homme mort en peu de temps qu'il avoit &#233;t&#233; trouss&#233; en malle. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et sont conduits &#224; Mon-faucon, pour l&#224; faire la sentinelle et faire des cabriolles en l'air. Je suis d'advis, pourveu que me prestiez l'espaule, de nous exempter de cet affront, et laisser, si nous pouvons, les eschelles en leurs places, sans aller attaquer ou prendre le ciel par escalade. &#187; Tous les coupeurs de bourses, grands et petits, trouv&#232;rent l'advis tr&#232;s bon et approuv&#232;rent son conseil, desirans infiniment d'estre exempts d'un tas de coups de baston qui greslent quelquefois sur leurs espaules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Premierement, dit-il (ce qui est bien difficile &#224; faire), il faudroit que nous puissions faire revivre le legislateur Lycurgue, afin de persuader aux Fran&#231;ois que le larcin est une tr&#232;s bonne chose, et qu'on le doit permettre pour deniaiser le monde ; toutesfois, puisque les machoires luy sont tomb&#233;es, et que le pauvre h&#232;re ne peut plus parler, je feray mes ordonnances au mieux qu'il me sera possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/boesmiens.jpg' width='292' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les boh&#233;miens - La halte des boh&#233;miens : les diseuses de bonne aventure - Callot, Jacques (1592-1635)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#232;gles, Statuts et Ordonnances des coupeurs de bourses.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premierement&lt;/strong&gt;, tous novices et apprentifs de nostre estat et mestier seront tenus d'avoir fortes espaules pour porter les coups de baston qu'on leur donnera, venant &#224; estre descouverts et pris en deffault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voulons et ordonnons que personne ne puisse estre receu maistre pass&#233; en l'art s'il n'a les deux oreilles coup&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La punition des filous &#233;toit d'avoir les oreilles coup&#233;es, ou, comme on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et quatre ou cinq estafilades sur le nez ; et parce qu'en diverses rencontres ils pourroient se trouver en lieu dangereux, seront tenus lesdits postulans de porter des oreilles d'escarlatte dans leurs pochettes, et s'en servir aux occurrences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voulons que tout homme qui aspire &#224; nostre mestier soit de la famille des Rougets et des Grisons, autrement descheu de tous privil&#233;ges, munitez, exemptions, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque postulera pour estre receu maistre de nostre dit office et estat sera contraint, en entrant en nostre communaut&#233;, de bailler son nom et monstrer les armoiries du roy grav&#233;es en beau caract&#232;re sur ses epaules.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/vol.jpg' width='485' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrera ledit suppl&#233;ant en charge, aura son quartier, rendra bon compte de ses expeditions, ne songera en aucune fa&#231;on &#224; la paulette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En vertu d'un &#233;dit rendu en 1604, &#224; l'instigation du secr&#233;taire du roi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : car sa place, venant &#224; vaquer, par mort civile ou criminelle, gal&#232;re, fuitte, exil, bannissement, fo&#252;et, etc., sera donn&#233;e au plus vaillant et plus subtil de la trouppe, sans qu'aucuns de ses heritiers y puissent pr&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordonnons que nostre boutique sera principalement ouverte les grandes festes et jours solennels, dimanches et autres jours ; que nous dresserons nostre banque dans les assembl&#233;es, march&#233;s, places publiques, pour l&#224; debiter nostre drogue aussi bien que Padel, et attraper les marchands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que si quelque pauvre diable, par malheur, est pris sur le fait en coupant quelque chaisne, tablier, pochette, bourse, sera tenu de jouer, escrimer, estrama&#231;onner de l'esp&#233;e &#224; deux jambes ; laisser plustost &#224; la pluie toute sorte d'engins, ciseaux, couteaux, tenailles, sur peine d'estre eslev&#233; sur une busche de quinze pieds de haut, et d'espouser ceste vefve qui est &#224; la Gr&#232;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En argot, la guillotine est encore appel&#233;e la veuve.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voulons en outre, quand quelqu'un s'enfuira et qu'il sera poursuivi par les bourgeois, archers et autres gens, que trois ou quatre de nos filous arrestent les plus hastez, fassent passage au delinquant, sous ombre de s'enquerir du fait et de courir apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seront d'ordinaire bien habillez, manteaux de taffetas satin, pourpoints decoupez, effrontez, hardis &#224; l'entreprise, fins et subtils, hauts &#224; la main, bonne mine, bon pied, bon &#339;il, marquent une chasse pour le lendemain, diligens, actifs, forts et puissants, afin que si, par cas fortuit, ils sont envoyez &#224; Marseille pour servir le roy, ils aillent gaillardement avec ceste rodomontade : Valeamus &#224; galeras por servir el re nuestro seignor, et qu'estant l&#224; arrivez ils escrivent dans l'eau avec une plume de quinze pieds de long&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce qu'on appeloit obtenir un brevet d'espalier. Regnard n'a pas craint (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et tiennent bonne posture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/brigands.jpg' width='410' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les brigands
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IX.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on pendra quelqu'un des nostres, les officiers de la Samaritaine seront tenus d'en faire rapport &#224; l'assembl&#233;e, afin de le degrader comme un poltron et un coquin, faineant et inhabile ; et neanmoins deputeront quatre des principaux pour assister &#224; sa mort, voir s'il n'accuse personne ; et dans l'affluence du peuple qui se trouve &#224; telle deffaite, joueront lesdits deputez des deux mains, qui de&#231;a, qui del&#224;, et tascheront &#224; venger la mort du patient sur ceux qui le regardent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;X.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auront nos dits supots pour attraper les niais des chaisnes en fa&#231;on d'or, qu'ils laisseront tomber expr&#232;s, afin qu'estant recueillies, qu'ils en tirent leur part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Genre de vol pratiqu&#233; encore aujourd'hui avec succ&#232;s.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ne manqueront de lettres feintes, demanderont le chemin, se feront conduire dans quelque cabaret ; l&#224;, detrousseront leur conducteur, contreferont les etrangers, auront deux ou trois frippiers apostez pour vendre et distribuer leur vol, seront courtois, et feront la courtoisie enti&#232;re, c'est-&#224;-dire osteront le chapeau et manteau tout ensemble, prendront l'argent sans compter et l'or sans peser ; iront tant de nuict que de jour, sans crainte du serain ; s'il fait froid ne porteront gans, ains eschaufferont leurs mains dans les pochettes de leurs voisins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette plaisanterie a &#233;t&#233; reprise bien des fois &#224; propos des ministres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ne rendront rien de ce qu'ils auront pris, fouilleront partout ; tiendront d'ordinaire le gros de leur caballe dans le faux-bourg Saint-Germain, marets du Temple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V., sur ces diverses bandes de voleurs, notre &#233;dition des Caquets de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, faux-bourgs Saint-Marcel et Montmartre, sans oublier le Pont-Neuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;XI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seront les principaux maistres du mestier subjets un tantinet au maquerellage, cognoistront tous les couverts de Paris, s&#231;auront les bons lieux, afin d'y mener et conduire les niais et nouveaux venus, et illec les desplumer comme corneilles d'Esope et chercher la source de leur fouillouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La bourse, la poche, en argot. Rabelais s'est plusieurs fois servi de ce mot.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; que si par copulation, conjonction f&#233;minine, plantation d'homme, quelque pauvre diable va au pa&#239;s de Su&#232;de, Claquedent, Bavi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Locutions trop connues pour qu'on prenne la peine de dire ici &#224; propos de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc., nos maqueraux et coupeurs de bourse se donneront garde d'estre recogneus, et fuiront les coups la queue entre les jambes, comme vieux chiens deratez.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Pillage_auberge.jpg' width='342' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pillage d'une auberge - 1795
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;XII.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a quelque foire S.-Germain, Landy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fameuse foire de l'Indict annuel, ou, par alt&#233;ration, du Landit, qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou autre, seront tenus nos dits supposts de s'y trouver des quatre coins du royaume, et l&#224; attraper les marchands au pi&#232;ge, les affronter, envahir, tromper, decevoir, seduire tout le monde, et fuir le bourreau comme une peste tr&#232;s dangereuse et abominable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les loix conten&#252;es en nos statuts, que je, Fouillepoche, veux estre soigneusement gard&#233;es par nous, et en partie par un tas de larrons domestiques et un as de mercadans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mercadent, terme de m&#233;pris qui signifie un marchand de petites merceries, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui vont parmy le monde et qui empruntent la faveur de nostre nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compagnie approuva ces statuts comme tr&#232;s bons et valables, estant estroictement observez, pour la manutention et entretien de leur estat et office de coupeurs de bourses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/mendiants-2.jpg' width='357' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Honni soit qui mal y voit - 1789
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moyen de cognoistre les filous d'une lieue loing sans lunettes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premierement, il faut que vous s&#231;achiez qu'ils ont un nez, une bouche et deux yeux comme un autre homme, et partant il n'est point difficile de les trouver. On en rencontre partout, et ressemblent mieux &#224; un singe qu'&#224; un moulin &#224; vent ou &#224; un fagot : toutes leurs actions sont vrayes singeries ; mais ne leur baillez jamais la bourse &#224; garder, car ils savent fondre l'or et l'argent, et sont les plus grands alchimistes du temps present, du pass&#233; et de l'advenir. Quand vous verrez un Allemand contrefaict, un homme bigarr&#233; comme un valet de carreau ou le roy de picque, un maquereau, un minois du Palais, un joueur de dez, un chercheur de repu&#235; franche, un po&#232;te qui prend les vers &#224; la pip&#233;e, un entreteneur de dames, un homme de chambre bott&#233;, frais&#233; comme un veau, gaudronn&#233; comme un singe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par raillerie, les montreurs de b&#234;tes savantes habilloient leurs chiens et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; un laquais vagabond, un joueur de tourniquet, un faiseur de passe-passe, Jean des Vignes et sa sequelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. sur ce joueur de farces, qui faisoit partie de la sequelle de l'h&#244;tel de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un sauteur, un plaisantin, un Gascon sans argent, un Normand sans denier ny maille, un visiteur de foires, un courtisan des halles, un traffiqueur de vieux habits, un receleur frippier, un traisneur d'espee sans maistre, un capitaine sans compagnie, imagin&#233;s-vous de voir autant de filous ; et quand vous rencontrerez telles gens, serrez vostre bourse, et mettez la main dessus avec ces mots : Au premier occupant. Que si vous les voulez voir de loin sans lunettes, allez vous planter sur la montaigne de Montmartre, et croyez que la moiti&#233; de ceux qui sortent ou entrent dans Paris sont tous filous, sans en rabattre la que&#252;e d'un seul ; et si vous en voulez la raison, c'est le temps qui le porte, et le si&#232;cle le requiert ainsi, dans la corruption o&#249; nous sommes. Adieu : souvenez-vous de l'anneau de Hans Carvel, on ne prendra jamais votre bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;douard Fournier - &lt;i&gt;Vari&#233;t&#233;s historiques et litt&#233;raires, Tome III&lt;/i&gt; - P. Jannet, 1855&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On sait que les abords de la Samaritaine &#233;toient le quartier g&#233;n&#233;ral des tire-laine et coupe-bourse. Maynard a dit, dans un de ses sonnets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul, vous &#234;tes le capitaine&lt;br class='manualbr' /&gt;Des voleurs qui toute la nuit&lt;br class='manualbr' /&gt;Courtisent la Samaritaine&lt;br class='manualbr' /&gt;Et font plus de mal que de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on lit dans la satire 9e de Du Lorens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon manteau, dieu merci, ne craint pas le serein.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je passe hardiment pr&#232;s la Samaritaine&lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque les assassins courent la tirelaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le capitaine Carrefour, fameux voleur de ce temps-l&#224;, sur les exploits et la &lt;i&gt;prinse&lt;/i&gt; duquel nous publierons quelques pi&#232;ces curieuses dans nos prochains volumes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce n'est point au hasard que ce nom de Gueulle-Noire est donn&#233; au fripier. Il fait allusion &#224; ces huis des caves par lesquels les voleurs, de connivence avec leurs rec&#233;leurs des halles, jetoient &#171; ce qu'ils avoient butin&#233; par la ville. &#187; V. notre tome 1er, p. 198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On disoit d'un homme mort en peu de temps qu'il avoit &#233;t&#233; trouss&#233; en malle. (Dict. de Fureti&#232;re.) L'expression &#234;tre vite trouss&#233; en est rest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La punition des filous &#233;toit d'avoir les oreilles coup&#233;es, ou, comme on disoit alors, d'&#234;tre essorill&#233;s. Ces ex&#233;cutions se faisoient pr&#232;s la Gr&#232;ve, au carrefour qui s'appeloit pour cela Guigne-Oreille, et par alt&#233;ration Guillori. Brant&#244;me nous dit que, de son temps, l'arm&#233;e &#233;toit pleine de vagabonds &#171; essorill&#233;s, et qui cachoient les oreilles, &#224; vray dire, par de longs cheveux h&#233;riss&#233;s. &#187; (&#201;dit. du Panth&#233;on, t. 1er, p. 580.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En vertu d'un &#233;dit rendu en 1604, &#224; l'instigation du secr&#233;taire du roi Charles Paulet, et nomm&#233; &#224; cause de lui la Paulette, les officiers de judicature ou de finance &#233;toient frapp&#233;s d'une taxe consid&#233;rable, payable au commencement de chaque ann&#233;e. Faute de l'acquitter, ils perdoient le droit de conserver leur charge &#224; leurs veuves et &#224; leurs h&#233;ritiers. Sit&#244;t qu'ils &#233;toient morts, elle devenoit vacante au profit du roi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En argot, la guillotine est encore appel&#233;e la veuve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce qu'on appeloit obtenir un brevet d'espalier. Regnard n'a pas craint d'employer cette expression tout argotique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et l'on ne vous a pas fait pr&#233;sent en gal&#232;re&lt;br class='manualbr' /&gt;D'un brevet d'espalier&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Le Joueur, acte I, sc. 10.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Genre de vol pratiqu&#233; encore aujourd'hui avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette plaisanterie a &#233;t&#233; reprise bien des fois &#224; propos des ministres concussionnaires. M. Scribe ne l'a pas oubli&#233;e dans sa com&#233;die de l'Ambitieux, a propos de Walpole, qui peut fort bien se passer de manchon, puisqu'il a ses mains dans les poches de tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V., sur ces diverses bandes de voleurs, notre &#233;dition des Caquets de l'Accouch&#233;e, p. 71, et notre tome 1er, p. 122, 202.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La bourse, la poche, en argot. Rabelais s'est plusieurs fois servi de ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Locutions trop connues pour qu'on prenne la peine de dire ici &#224; propos de quel mal on les employoit. Sorel, dans son Francion, donne une variante de la derni&#232;re : &#171; C'est assez de vous apprendre, fait-il dire par un de ses h&#233;ros, que j'allois &#224; Bavi&#232;res voir sacrer l'empereur. &#187; (&#201;dit. de 1673, in-8, p. 91.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fameuse foire de l'Indict annuel, ou, par alt&#233;ration, du Landit, qui se tenoit, comme on sait, &#224; Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Mercadent, terme de m&#233;pris qui signifie un marchand de petites merceries, un marchand ruin&#233;. Il est pris de l'italien, un povero mercadente. &#187; (Dict. de Tr&#233;voux.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par raillerie, les montreurs de b&#234;tes savantes habilloient leurs chiens et leurs singes &#224; l'espagnole, avec larges fraises gaudronn&#233;es (voy., sur ce mot, notre tome 1er, p. 163). Une vieille enseigne de Paris repr&#233;sentoit un de ces magots ainsi accoutr&#233;, avec cet affreux calembour pour l&#233;gende : Au singe en batiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. sur ce joueur de farces, qui faisoit partie de la sequelle de l'h&#244;tel de Bourgogne, notre &#233;dition des Caquets de l'Accouch&#233;e, p. 281&#8211;282.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les filous, premiers occupants du Pont-Neuf - Vers 1610</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=67</link>
		<guid isPermaLink="true">http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=67</guid>
		<dc:date>2012-06-16T19:14:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Pont-Neuf &#233;tait &#224; peine achev&#233; de b&#226;tir qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; devenu le centre de la vie parisienne, le but de promenade des oisifs, le rendez-vous des d&#233;s&#339;uvr&#233;s de qualit&#233;, le bazar de tous les petits commerces, le Parnasse de tous les Apollons, po&#232;tes et chanteurs en plein vent ; encore oubliai-je dans la liste ce qui &#233;tait le fond de cette population flottante : les filous . &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur quartier g&#233;n&#233;ral &#233;tait au Port-au-Foin, &#224; l'endroit o&#249; se trouve aujourd'hui la place des Trois-Maries, tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=5" rel="directory"&gt;Les agitateurs du Pont Neuf&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Pont-Neuf &#233;tait &#224; peine achev&#233; de b&#226;tir qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; devenu le centre de la vie parisienne, le but de promenade des oisifs, le rendez-vous des d&#233;s&#339;uvr&#233;s de qualit&#233;, le bazar de tous les petits commerces, le Parnasse de tous les Apollons, po&#232;tes et chanteurs en plein vent ; encore oubliai-je dans la liste ce qui &#233;tait le fond de cette population flottante : les filous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils ne sont pas omis dans une pi&#232;ce dont il sera encore question plus loin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/carrefour_des_trois_maries.jpg' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/carrefour_des_trois_maries_vignette.jpg' width='274' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le carrefour des Trois Maries - Plan de Turgot - 1739 - Cliquer pour agrandir&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur quartier g&#233;n&#233;ral &#233;tait au Port-au-Foin, &#224; l'endroit o&#249; se trouve aujourd'hui la place des Trois-Maries, tout pr&#232;s de la descente du Pont-Neuf. Ils avaient l&#224; tout un gouvernement organis&#233;, m&#234;me une justice rendant de beaux arr&#234;ts contre ceux de la compagnie qui avaient enfreint les statuts. Les uns &#233;taient condamn&#233;s &#224; l'amende, &#171; les autres au fouet, les autres &#224; la mort, qui estoit de les poignarder et puis jeter &#224; la rivi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journal de L'Estoile, &#233;dition Champollion, t. II, p. 531.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Il ne fallait pas aller loin pour cela. C'est en effet sur la rivi&#232;re m&#234;me que si&#233;geait la cour de ces coupebourses et voleurs. &#171; Ils avoient, dit L'Estoile, un grand et petit basteau pour l'exercice de leur brigande justice. L&#224;, se tenoient les plaids et audiances en l'un ; et en l'autre estoient prononcez et ex&#233;cutez leurs arr&#234;ts, sentances et condamnations. &#187; La vraie justice avait l'&#339;il sur cette insolente parodie de son tribunal. Au mois de septembre 1610, elle mit la main sur le pr&#233;sident, puis sur le procureur et l'avocat du roi, et ce fut grande joie pour le pr&#233;v&#244;t, M. Defunctis, de faire pendre haut et court ces faux justiciers. L'ex&#233;cution eut lieu en cette place du Port-au-Foin, qui, je l'ai dit, &#233;tait leur principal refuge, et d'o&#249;, vers la brune, ils s'&#233;lan&#231;aient d'un bond, &#171; comme loups, sur le Pont-Neuf&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une pi&#232;ce de ce temps, publi&#233;e dans nos Vari&#233;t&#233;s hist. et litt., t. III, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;128&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Vues_du_Pont_Neuf_de_la_Samaritaine_du_Pont_Royal_prises_sous_la_1re_arche_du_Pont_au_Change_Nicolle_Victor_Jean_1779.jpg' width='453' height='590' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vues du Pont Neuf, de&#173; la Samaritaine, du P&#173;ont Royal prises sou&#173;s la 1re arche du Po&#173;nt au Change - Nicolle&#173; Victor Jean 1779
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu que, gr&#226;ce aux gueux d'Irlande&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'an dernier on a pris une bande d'industriels log&#233;s sous le tablier du pont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; l'honorable compagnie &#187; l'infestait, m&#234;me avant son ach&#232;vement. Ce n'&#233;tait pas pour l'abandonner lorsqu'il serait ouvert &#224; tous. En 1609 , &#8212;vous voyez qu'il n'y a pas eu pour eux de temps perdu, &#8212; un industriel y exer&#231;ait d&#233;j&#224; le noble m&#233;tier aux d&#233;pens de toutes les dupes qui passaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'estoit, dit L'Estoile , un charlatan qui, tenant sur le Pont-Neuf une quantit&#233; de billets qu'il faingnoit d'avoir pris &#224; la Blanque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces blanques &#233;toient des esp&#232;ces de loteries o&#249; le billet blanc (blanque) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (encores qu'il les eust faicts luy-mesme), joua son jeu si dextrement qu'il tira la quintessence des bourses de plusieurs... jusqu'&#224; ce qu'estant d&#233;couvert, il gagna le haut, et est encore aujourd'huy &#224; retrouver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Edouard Fournier - &lt;i&gt;Histoire du Pont-Neuf&lt;/i&gt; - 1862&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/La_Lettre_consolatoire_%C3%A9crite_par_le_g%C3%A9n%C3%A9ral_de_la_compagnie_des_Crocheteurs_de_France,_sur_son_r%C3%A9tablissement_au-dessus_de_la_Samaritaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lettre consolatoire escripte par le g&#233;n&#233;ral de la compagnie des crocheteurs de France &#224; ses confr&#232;res, sur son r&#233;tablissement au-dessus de la Samaritaine du Pont-Neuf, etc.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Reigles,_Statuts_et_Ordonnances_de_la_Caballe_des_filous_reformez_depuis_huict_jours_dans_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#232;gles et statuts et ordonnances de la Caballe des filous reformez depuis huict jours dans Paris, ensemble leur police, estats, gouvernement&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ils ne sont pas omis dans une pi&#232;ce dont il sera encore question plus loin, la &lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/La_Lettre_consolatoire_%C3%A9crite_par_le_g%C3%A9n%C3%A9ral_de_la_compagnie_des_Crocheteurs_de_France,_sur_son_r%C3%A9tablissement_au-dessus_de_la_Samaritaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lettre consolatoire escripte par le g&#233;n&#233;ral de la compagnie des crocheteurs de France &#224; ses confr&#232;res, sur son r&#233;tablissement au-dessus de la Samaritaine du Pont-Neuf, etc.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; Paris 1612, p. 5. &#8212; Le crocheteur y dit : &#171; Mon retour apportera une grande joye et contentement.... &#224; plusieurs marchands qui tiennent leurs boutiques et vendent leurs marchandises sur ledit Pont-Neuf, comme vendeurs d'allumettes, arracheurs de dents, crieurs de poudre pour faire mourir les rats et les souris, vendeurs d'herbes et autres marchands de semblable ou plus grande qualit&#233;, mesme &#224; messieurs les couppeurs de bourses, qui me sont d&#233;j&#224; venu voir pour tesmoigner l'aise qu'ils ont de mon r&#233;tablissement.... &#187; Dans une pi&#232;ce intitul&#233;e : &lt;i&gt;Procez nouvellement intent&#233; contre messieurs les savatiers savatant de la ville et fauxbourgs de Paris et les courtisans de la n&#233;cessit&#233;, avec le playdoyer de part et d'autre&lt;/i&gt; (Paris, 1634, p. 18) ; on dit que ces courtisans, ou parasites et voleurs, avoient &#233;leu domicile sur le Pont-Neuf, et on leur permet d'aller, &#171; non-seulement bottez, mais piedz nuds, si bon leur semble ; &#224; la charge toutes fois qu'une partie d'iceux ne passeront l'heure de six heures du soir pour leur promener sur le Pont-Neuf et autres lieux, et d'advancer les six autres heures du matin, sur peine d'estre rencontr&#233; par les courriers du guet et d'estre menez sans forme de procez regarder attentivement le cadran de l'Hostel de ville, pour quer l'heure de leur entr&#233;e en l'autre monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journal de L'Estoile, &#233;dition Champollion, t. II, p. 531.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une pi&#232;ce de ce temps, publi&#233;e dans nos Vari&#233;t&#233;s hist. et litt., t. III, p. 147, fait allusion &#224; cette association de voleurs : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Reigles,_Statuts_et_Ordonnances_de_la_Caballe_des_filous_reformez_depuis_huict_jours_dans_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#232;gles et statuts et ordonnances de la Caballe des filous reformez depuis huict jours dans Paris, ensemble leur police, estats, gouvernement&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'an dernier on a pris une bande d'industriels log&#233;s sous le tablier du pont d'Arcole, comme nos Irlandais dans les piles du Pont-Neuf. On les appelait les Hirondelles du Pont-d'Arcole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces blanques &#233;toient des esp&#232;ces de loteries o&#249; le billet blanc (blanque) perdoit, o&#249; le billet &#224; b&#233;n&#233;fices faisoit gagner les sommes et les bijoux dont il portoit la d&#233;signation. C'&#233;toit, selon Pasquier, une importation italienne, et l'expression entendre le num&#233;ro en venoit. (Recherches de la France, liv. 8, ch. 49.) Ces blanques, sous Henri IV, &#233;toient devenues de v&#233;ritables acad&#233;mies de jeux. &#171; On a vu, dit L'Estoille (18 mars 1609), un fils d'un marchand perdre dans une s&#233;ance soixante mille &#233;cus, n'en ayant h&#233;rit&#233; de son p&#232;re que vingt mille. &#187; Les blanques faisoient rage &#224; la foire S.-Germain. &#171; Le nomm&#233; Jonas, ajoute L'Estoille, a lou&#233; une maison, pour tenir une de ces acad&#233;mies, au faubourg S.-Germain, pendant l'espace de quinze jours, durant la dur&#233;e de la foire, et d'icelle maison il a donn&#233; quatorze cents francs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
