Une cour des miracles à Ménilmontant
Malgré les éclipses d’oubli que traverse sa gloire, le zouave Jacob n’en reste pas moins le plus pittoresque thaumaturge de l’époque. Bien des gens se demandent, n’ayant pas oublié qu’il fit fureur sous le second empire : « Le zouave Jacob ? mais il est mort ! » Non, le zouave Jacob n’est pas mort ; il supporte même allègrement sa vieillesse et boit son absinthe, comme autrefois. Il s’intitule médium guérisseur, et perche au sommet de la rue (…)
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Légendes de Jacques Yonnet
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Le zouave Jacob, théurge guérisseur de Ménilmontant - 1907
13 mars 2015, par Léon la Lune -
Les porteurs d’eau
26 décembre 2014, par Léon la LuneIl fut autrefois un métier connu, mais qui aujourd’hui est bien ignoré, par la raison toute simple qu’il n’existe plus guère. Nous voulons parler des porteurs d’eau. C’était, comme on dit vulgairement, un métier de chien, bien que les chiens n’aient jamais, que nous sachions, approvisionné d’eau les ménages parisiens. D’abord, pourquoi dit-on « un métier de chien » ? Nous voudrions bien que le Courrier de Vaugelas, ou l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, nous renseignât sur ce (…)
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Le faubourg Saint Marceau - 1828
26 novembre 2014, par Léon la LuneRespicere exemplar vitœ morumque jubebo Doctum imitatorem, et veras hinc ducere voces.
Hor., Art poét.
Vous croyez connaître Paris, homme du monde, homme de lettres, dont les mœurs élégantes et le langage épuré semblent aujourd’hui si gothiques au milieu de l’opulent quartier où le salutaire agiotage va régénérer la France dans les eaux du Pactole ; détrompez-vous. Si vos méditations sont demeurées étrangères au langage de la scène qui voit briller l’immortel Odry ; si vous n’allez pas (…) -
On a volé une maison ! - 1941
13 juin 2014, par Léon la LuneEn référence à la page 60 de "Rue des Maléfices", de Jacques Yonnet (édition Libretto de 1987)...
Le Matin du 15 et 17 juillet 1941 (Ne pas trop prêter attention aux nauséabonderies collaborationnistes du canard surtout, même si c’est édifiant et peut avoir un intérêt certain pour quiconque s’intéresse aux déviances de la presse de cette époque, à la propagande, voire à la dureté de la vie sous l’occupation...) -
L’argot du milieu - 1948
20 novembre 2013, par Léon la LuneL’existence d’un langage artificiel et secret, utilisé par les classes dangereuses, est très ancien.
Dès le XIIIème siècle, on trouve dans les écrits quelques traces de jargon, mais c’est surtout à partir de la seconde moitié du XVe siècle que les documents linguistiques sont assez nombreux pour nous permettre de préciser ce que fut le langage employé par les malfaiteurs de cette époque.
C’est à Marcel Schwob que revient le mérite de nous avoir fait connaître cet argot, grâce à la (…) -
L’histoire de la rue Zacharie
6 mars 2013, par Léon la LuneCe nom de Zacharie est une altération de Sacalie, à cause d’une maison dénommée « Méson Sacalie » qui existait au XIème siècle, et qui avait été donnée par le prieur de Saint-Martin-des-Champs à son monastère. De Sacalie, on fit Sac à lit, Sac-Alie et enfin Zacharie.
En 1240, c’était la rue Orillon ; en 1366 la rue des Bouticles, à cause de bouticles ou boutiques servant à conserver le poisson ; de 1379 à 1421, ce fut la rue Thibaut-aux-Broches (aux Hameçons).
La partie située entre le (…) -
Promenade légendaire dans le quartier Mouffetard
13 janvier 2013, par Léon la LuneEn s’avançant vers le bourg, on était d’abord frappé de la physionomie particulièrement barbare de ce quartier : c’était un réseau inextricable de ruelles étroites, tortueuses, sombres et puantes ; ruelles toutes ouvertes sans logique, glissantes à défier un équilibriste et percées de distance en distance d’immondes culs-de-sac et de hideux carrefours. Enfin, sur ce sol ainsi coupé, on voyait s’élever des ravins de maisons à façades vermoulues, ratatinées-et rabougries, des masures dont les (…)
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Le Cabaret des Bons Enfants, rue Zacharie - 1767
12 novembre 2012, par Léon la Lune9 Février 1767 — A une heure et demie après-midi, une maison sise rue de la Huchette, vis-à-vis de la rue Zacharie, tenant à main droite à la maison du sieur Delastre, marchand mercier, la dite maison connue sous le nom de Cabaret des Bons Enfants, s’étant subitement écroulée, ensevelit sous ses ruines environ 25 personnes, dont une douzaine au moins moururent sur le champ. Aussitôt ce malheur arrivé, on fut à la paroisse chercher le bon Dieu et l’extrême-onction qui furent déposés pendant 6 (…)
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Le quartier Saint Séverin - 1901
6 novembre 2012, par Léon la LuneLà où s’étend maintenant la place Saint-Michel, s’extravasait, au Moyen Age, l’abreuvoir Mâcon. Adossé à la rue de la Huchette, il s’allongeait jusqu’à la rue de la Serpent, devenue rue Serpente, jusqu’à la rue de l’Aronde ou de l’Hirondelle, dont, un tronçon existe encore, tel qu’un couloir dévoûté, derrière l’une des maisons de la place qu’elle rejoint à la rue Gît-le-Coeur.
Dans cette rue de l’Aronde, ainsi nommée parce qu’une hirondelle peinte sur une enseigne se balançait à la porte (…) -
Des filles publiques sous Philippe-Auguste
30 août 2012, par Léon la LuneCe roi, pour la sûreté de sa vie, menacée, dit-on, par les assassins du Vieux-de-la-Montagne, ou plutôt par une troupe de jeunes gens, que Richard, roi d’Angleterre, faisait élever dans l’art de braver la mort, en assassinant tous ceux que leur roi leur désignait, s’entoura d’hommes courageux, propres à défendre sa personne.
Ces hommes furent nommés les Ribauds. Leur chef portait le titre de Roi des ribauds ; il avait plusieurs emplois et prérogatives, au nombre desquelles les filles (…)