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	<title>Paris Anecdote</title>
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		<title>Les hommes de la Commune - Jules Allix, inventeur du t&#233;l&#233;graphe escargotique - 1871</title>
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		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



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&lt;p&gt;Allix (Jules) est une des physionomies les plus curieuses que nous ayons &#233;tudi&#233;es. N&#233; le 9 septembre 1818, &#224; Fontenay (Vend&#233;e), Allix se disait professeur ; il enseignait, en effet, autrefois la lecture en quinze le&#231;ons et s'occupait de physique universelle. Allix &#233;tait reconnaissable entre tous ses coll&#232;gues par ses excentricit&#233;s : il tenait continuellement &#224; la main un lorgnon qu'il braquait, avec un aplomb imperturbable, sur ceux qui se trouvaient en face de lui. Il avait, de plus, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Allix (Jules) est une des physionomies les plus curieuses que nous ayons &#233;tudi&#233;es. N&#233; le 9 septembre 1818, &#224; Fontenay (Vend&#233;e), Allix se disait professeur ; il enseignait, en effet, autrefois la lecture en quinze le&#231;ons et s'occupait de physique universelle. Allix &#233;tait reconnaissable entre tous ses coll&#232;gues par ses excentricit&#233;s : il tenait continuellement &#224; la main un lorgnon qu'il braquait, avec un aplomb imperturbable, sur ceux qui se trouvaient en face de lui. Il avait, de plus, la manie de vouloir toujours parler, et ses coll&#232;gues essayaient en vain de le gu&#233;rir de cette maladie, v&#233;ritable calamit&#233; pour ceux qui &#233;taient oblig&#233;s de l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allix se porta, en 1848, candidat en Vend&#233;e pour l'Assembl&#233;e Constituante ; il d&#233;fendait, dans sa circulaire, la religion et la famille, mais il promettait de demander le droit au travail, et le radicalisme de ses opinions, peut-&#234;tre d'autres raisons, l'emp&#234;ch&#232;rent d'&#234;tre &#233;lu. Allix se donna alors tout entier &#224; une invention dont il avait, para&#238;t-il, trouv&#233; le secret, et qui s'appelle le t&#233;l&#233;graphe escargotique. Ce mode de correspondance qu'Allix voulait substituer au t&#233;l&#233;graphe ordinaire, est assez grotesque pour m&#233;riter d'&#234;tre racont&#233;. Il fallait choisir des escargots sympathiques (?), et en mettant l'un d'eux sur la lettre d'un alphabet sp&#233;cial, le second escargot se pla&#231;ait imm&#233;diatement sur la m&#234;me lettre de l'alphabet correspondant. Cette invention, qui para&#238;t avoir consid&#233;rablement influ&#233; sur l'esprit de son auteur, et qui l'a conduit &#224; Charenton, o&#249; il est rest&#233; quelque temps, cette invention trouva cr&#233;dit aupr&#232;s de M. Emile de Girardin, qui, pendant longtemps, tint en grande estime M. Allix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1070582p/f27.image.r=.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Allix.jpg' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1853, Allix fut impliqu&#233; dans le complot de l'Hippodrome et de l'Op&#233;ra-Comique, et condamn&#233; &#224; huit ans de bannissement, apr&#232;s l'admission de circonstances att&#233;nuantes. La tenue d'Allix dans ce proc&#232;s, o&#249; presque tous les autres accus&#233;s eurent une contenance digne et fi&#232;re, la d&#233;fense que pr&#233;senta son avocat, Me Didier, ne faisaient pas supposer qu'Allix e&#251;t jamais la pr&#233;tention de devenir un homme politique. Son r&#233;cent s&#233;jour dans une maison de sant&#233; d'o&#249; il est loin d'&#234;tre sorti compl&#233;tement gu&#233;ri, n'&#233;tait pas, du reste, une excellente recomman- dation aupr&#232;s des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allix organisa, au moment des &#233;lections de 1869, apr&#232;s sa sortie de Charenton, des conf&#233;rences socialistes &#224; Belleville, o&#249; il ne put r&#233;ussir &#224; se faire &#233;lire. Il fit partie du bureau qui soutint la candidature d'Althon-Sh&#233;e, au gymnase Triat, avec une partialit&#233; et un manque de convenances vraiment monstrueux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu croire qu'Allix, orateur insipide des r&#233;unions publiques, &#233;tait assez connu des &#233;lecteurs pour qu'aucun ne voul&#251;t lui confier m&#234;me le mandat de repr&#233;sentant &#224; la Commune, mais Allix, qui s'&#233;tait fait de son arrestation au 22 janvier un petit pi&#233;destal aupr&#232;s du parti r&#233;volutionnaire, eut l'habilet&#233; de se porter candidat non &#224; Belleville, mais dans un arrondissement o&#249; il &#233;tait compl&#233;tement inconnu, le 8e, qui lui a donn&#233; 2,028 voix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allix s'&#233;tait install&#233; &#224; la mairie du 8e o&#249; il ne fit qu'organiser des gymnases de femmes.'Il portait les insignes de chef de l&#233;gion, grade auquel il s'&#233;tait nomm&#233; lui-m&#234;me. Plus myope que jamais, Allix regardait de plus pr&#232;s et plus insolemment qu'autrefois ses voisins ; il &#233;tait en outre d&#233;vor&#233; d'une envie continuelle de parler qui n'avait d'&#233;gale que le d&#233;sir de ses coll&#232;gues de ne pas l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allix formula ainsi son vote en faveur du Comit&#233; de salut public : &#171; Je vote pour, attendu que la Commune d&#233;truira le Comit&#233; de salut public quand elle le voudra. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/220px-Jules_Allix_1871.jpg' width='297' height='220' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jules Allix en 1871
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mai, la Commune ordonna l'arrestation de M. Jules Allix ; il s'agissait de l'interdire et d'emp&#234;cher sa folie de troubler, par de bizarres arr&#234;t&#233;s municipaux, toute l'organisation d'un arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allix resta ainsi d&#233;tenu presque jusqu'&#224; la chute de la Commune, ne cessant de protester contre l'arrestation dont il avait &#233;t&#233; l'objet, sans que ses coll&#232;gues aient paru s'&#233;mouvoir de ses constantes r&#233;criminations. Rel&#226;ch&#233; quelque temps avant l'entr&#233;e des troupes, Allix fut arr&#234;t&#233; par ordre du gouvernement et r&#233;int&#233;gr&#233; &#224; Charenton d'o&#249; il n'aurait jamais d&#251; sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=9ednAAAAMAAJ&amp;pg=PA10&amp;dq=%22telegraphe+escargotique%22&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=Z5dxVfKaMIfdUdq0gKAC&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les hommes de la commune : biographie compl&#232;te de tous ses membres par Jules Cl&#232;re - 1871&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Keupon et le Neuski, sc&#232;ne de la vie parisienne - 1984</title>
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		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ma&#238;tre Keupon dans les Halles coll&#233; Portait sur son cuir un dgeba Ma&#238;tre Neuski par le narpi &#233;m&#233;ch&#233; :&#034;Oi !&#034; Lui adressa la rolpa Hey ! Luss monsieur du Keupon Que vous &#234;tes l&#233;co, que vous me semblez fomb Sans conneder, si votre kelou se rapporte &#224; votre pecou Vous &#234;tes le plus fomb des Keupons &#224; Ripa &lt;br class='autobr' /&gt; A ces mots, le Keupon commence &#224; l&#233;chia Et, pour revoir son papa Il quecra et nedo son dgeba Le Neuski le prend et dit &#034;Gros fomb ! Apprenez que tout keupon doit ob&#233;ir au Neuskis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma&#238;tre Keupon dans les Halles coll&#233; &lt;br class='manualbr' /&gt;Portait sur son cuir un dgeba &lt;br class='manualbr' /&gt;Ma&#238;tre Neuski par le narpi &#233;m&#233;ch&#233; :&#034;Oi !&#034; &lt;br class='manualbr' /&gt;Lui adressa la rolpa &lt;br class='manualbr' /&gt;Hey ! Luss monsieur du Keupon &lt;br class='manualbr' /&gt;Que vous &#234;tes l&#233;co, que vous me semblez fomb &lt;br class='manualbr' /&gt;Sans conneder, si votre kelou se rapporte &#224; votre pecou &lt;br class='manualbr' /&gt;Vous &#234;tes le plus fomb des Keupons &#224; Ripa&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/47714482halles_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/47714482halles_1_.jpg' width='500' height='711' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A ces mots, le Keupon commence &#224; l&#233;chia &lt;br class='manualbr' /&gt;Et, pour revoir son papa&lt;br class='manualbr' /&gt;Il quecra et nedo son dgeba &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Neuski le prend et dit &#034;Gros fomb !&lt;br class='manualbr' /&gt;Apprenez que tout keupon doit ob&#233;ir au Neuskis &lt;br class='manualbr' /&gt;S'il veut pas perdre la vie &lt;br class='manualbr' /&gt;Cette le&#231;on vaut bien un dgeba&#034; &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Keupon jura vande ses tepos &lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il l'avait juste m&#233;pau &lt;br class='manualbr' /&gt;La ralmo de cette histoire &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est que si tous les Keupons &#233;taient Neuskis &lt;br class='manualbr' /&gt;Y aurait plus de cheveux, plus de bigoudis &lt;br class='manualbr' /&gt;Y aurait plus de dgebas, plus personne &#224; p&#233;ta &lt;br class='manualbr' /&gt;La ralmo de cette ralmo &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est qu'c'est &#231;a Ripa !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://euthanasie.records.free.fr/discographie/Zgroupe-R/Ras.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R.A.S.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://nodel.free.fr/Paris.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Skins et punks : histoires de groupes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/hors-sujet-n8-le-paris-des-early-8o-s-by-lsd-et-sa-raya-150924.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Paris des early eighties par LSD et sa Raya&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/REs_M-_nYDo&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'argot r&#233;el - 1881</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=278</link>
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		<dc:date>2014-10-06T17:50:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je ne sais pas si vous &#234;tes comme moi ; rien ne m'horripile comme de voir des gens intelligents parler &#224; tort et &#224; travers de choses qu'ils ne connaissent pas, qu'ils n'ont jamais vues, qu'ils ne se donnent pas la peine d'aller regarder. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais bien qu'on pr&#233;tend que les plus int&#233;ressants r&#233;cits de voyages ont &#233;t&#233; faits par des gens qui n'avaient jamais voyag&#233;. J'ai m&#234;me lu, dans une biographie de Paul F&#233;val, que c'&#233;tait avec le prix des Myst&#232;res de Londres que l'humoristique romancier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne sais pas si vous &#234;tes comme moi ; rien ne m'horripile comme de voir des gens intelligents parler &#224; tort et &#224; travers de choses qu'ils ne connaissent pas, qu'ils n'ont jamais vues, qu'ils ne se donnent pas la peine d'aller regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais bien qu'on pr&#233;tend que les plus int&#233;ressants r&#233;cits de voyages ont &#233;t&#233; faits par des gens qui n'avaient jamais voyag&#233;. J'ai m&#234;me lu, dans une biographie de Paul F&#233;val, que c'&#233;tait avec le prix des &lt;i&gt;Myst&#232;res de Londres&lt;/i&gt; que l'humoristique romancier &#233;tait all&#233; faire un s&#233;jour dans la capitale de l'Angleterre qu'il ne connaissait auparavant que de r&#233;putation et dont il avait d&#233;crit les m&#233;andres, les bouges et les assommoirs, d'apr&#232;s une &#233;tude de m&#339;urs anglaises, traduite par un ami. Mais n'importe, cela ne m'emp&#234;chera pas d'&#234;tre &#233;c&#339;ur&#233;, quand je verrai M. X... mettre gravement en sc&#232;ne l'&lt;i&gt;officier de paix&lt;/i&gt; d'un chef-lieu de canton de Normandie, s'imaginant que les petits villages de France ont une police comme Paris. Et je ne puis, sans hausser les &#233;paules, voir un &#233;crivain qui passe pour s&#233;rieux, d&#233;crire minutieusement une prison qu'il n'a jamais &#233;t&#233; visiter, car rien qu'en l'apercevant &#224; un kilom&#232;tre de distance, il pourrait se convaincre que ce qu'il dit est mat&#233;riellement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_924 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/feval.jpg' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9013867f.r=paul+feval.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gallica&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, on fait des r&#233;clames &#224; ces romans. On parle des descriptions r&#233;alistes qu'ils contiennent &#8212; et qui ont &#233;t&#233; tout simplement invent&#233;es et mal invent&#233;es, au coin d'un bon feu, le soir, la plume &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! que j'en pourrais citer comme cela... Et ceux qui mettent en sc&#232;ne des gens qu'ils pr&#233;tendent avoir connus particuli&#232;rement et dont ils ne savent m&#234;me pas les noms... Tenez, j'ai d&#233;j&#224; lu deux ou trois r&#233;cits des hauts-faits, de la condamnation, de l'&#233;vasion et de &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5492294t/f132.image.r=G%C3%A2tebourse.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la mort du faussaire G&#226;tebourse&lt;/a&gt;... Eh bien, &lt;i&gt;G&#226;tebourse&lt;/i&gt; n'a jamais exist&#233; : c'est le nom d'un village de la Charente-Inf&#233;rieure, pr&#232;s de Saint-Jean d'Angely, et &#224; un kilom&#232;tre duquel le faussaire &lt;i&gt;Giraud&lt;/i&gt; habitait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est l&#224; que le mar&#233;chal-des logis de gendarmerie de l'endroit &#8212; et non point un agent, ni un commissaire &#8212; l'arr&#234;ta, les journaux du temps confondirent le nom de l'homme avec celui de la localit&#233; et cela s'est continu&#233;, si bien que des gens qui pr&#233;tendent avoir eu ses confidences, et qui racontent aujourd'hui, soi-disant sur des documents in&#233;dits, ses aventures et sa vie, l'appellent de bonne foi G&#226;tebourse, sans se douter que ce nom seul suffit pour prouver la supercherie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais &#224; tout cela hier soir, en parcourant les pages d'un dictionnaire d'argot, tr&#232;s curieux, tr&#232;s int&#233;ressant, tr&#232;s bien fait &#8212; mais qui a le tort de n'&#234;tre fait que par oui-dire et qui, par cons&#233;quent, est souvent incomplet et quelquefois inexact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tout ce qui comprend les idiomes sp&#233;ciaux du journalisme, de la bourse, de la bureaucratie, des administrations, l'auteur a vu par lui-m&#234;me, il a &#233;cout&#233;, il a &#233;tudi&#233; ; mais quand il s'est agi du peuple des bouges, quand il a fallu faire le lexique des escarpes et des voleurs, il s'en est rapport&#233; &#224; d'autres... et ces autres n'en savaient pas plus que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il v a bien des choses je le r&#233;p&#232;te, dans ce dictionnaire. Tous les mots de Vidocq, tous ceux de Canter, tous ceux d'Eug&#232;ne Sue et de dix autres romanciers. Mais voil&#224;, justement. Depuis Vidocq, depuis Canler, depuis les &lt;i&gt;Myst&#232;res de Paris&lt;/i&gt;, la langue des voleurs a chang&#233;, et les mots d'argot que les &#233;crivains modernes soulignent orgueilleusement pour qu'on les mette en italiques, sont tout bonnement des archa&#239;smes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'essence m&#234;me de l'argot &#8212; langue cr&#233;&#233;e pour n'&#234;tre comprise qu'entre affili&#233;s &#8212; de se modifier d'ann&#233;e en ann&#233;e.. Il a pour acad&#233;mie &#8212; &#224; d&#233;faut du bagne, la maison centrale, et pour &#233;cole le trottoir. Les mots nouveaux s'inventent et s'adoptent sans discussion, mais, chose &#233;trange, ils ont toujours une &#233;tymologie, et presque toujours elle est pittoresque, que ce soit dans le sens terrible ou dans le sens po&#233;tique et joyeux. Quoi de plus joli que d'appeler les yeux des &lt;i&gt;mirettes&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63751601.r=dictionnaire+de+l%27argot+parisien.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/1862927_1_.jpg' width='500' height='425' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour les conna&#238;tre, tous ces nouveaux vocables qui renouvellent peu &#224; peu le vieil argot, comme se renouvelait le couteau de Janot, tant&#244;t par un bout et tant&#244;t par l'autre, il faut aller les chercher &#224; la source, il faut les prendre sur le vif... Quand on les a de seconde main, ils sont d&#233;fra&#238;chis. Cela, demande des exp&#233;ditions, pas toujours gaies, ni rassurantes. Il faut ex&#233;cuter la promesse de M. Gambetta &#8212; suivre les &#171; esclaves ivres &#187; jusque dans leurs repaires ; et les esclaves ivres n'en sont pas toujours tr&#232;s satisfaits. Mais aussi que de tableaux curieux on voit ! Quelle belle provision d'horreurs &#224; rendre un naturaliste malade de jalousie ! De quelles jolies notes on peut charger son carnet, au retour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que mon collaborateur Hogier et moi, nous avons pu faire la cueillette de quelques centaines de mots, qu'aucun dictionnaire ne donne, ni celui de Rigaud, ni celui, si complet pourtant, de Lor&#233;dan Larchey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenez, je feuillette au hasard. Vous connaissez &lt;i&gt;aller &#224; Niort&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;nier&lt;/i&gt;, mais savez-vous ce que veux dire &lt;i&gt;aller chez Fald&#232;s&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, aller chez Fald&#232;s, c'est &lt;i&gt;fade&lt;/i&gt;r, et fader c'est partager. Lorsque deux &lt;i&gt;charrieurs&lt;/i&gt; ont d&#233;valis&#233; un &lt;i&gt;pante&lt;/i&gt;, ils vont ensemble &#171; faire un petit tour chez Fald&#232;s &#187;. Avec tout l'argot ancien, un agent de police n'y comprendra goutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allumer la &lt;i&gt;quitourne&lt;/i&gt;, &#8212; argot de filles &#8212; c'est mettre la lampe allum&#233;e, le soir, derri&#232;re le rideau de la fen&#234;tre. &lt;i&gt;Qui tourne&lt;/i&gt;, fen&#234;tre, est tout neuf et r&#233;ellement imag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Baver des clignotes&lt;/i&gt;, pour pleurer, n'est il pas horrible. &lt;i&gt;Le Clignot&lt;/i&gt;, c'est l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Se tirer chez la Blafarde&lt;/i&gt;, est une nouvelle mani&#232;re &#224; ajouter &#224; celles si nombreuses d&#233;j&#224;, de dire mourir. &lt;i&gt;La Blafarde&lt;/i&gt; a remplac&#233; &lt;i&gt;la Camarde&lt;/i&gt;, beaucoup trop connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bougie&lt;/i&gt;. C'est la pi&#232;ce de cinq francs. Tout le vieil argot dirait &lt;i&gt;thune&lt;/i&gt;, et la thune avait elle-m&#234;me remplac&#233; la &lt;i&gt;croix&lt;/i&gt; (six francs) et le &lt;i&gt;Philippe&lt;/i&gt; (ancien &#233;cu de trois francs) d&#233;mon&#233;tis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez toujours entendu appeler &lt;i&gt;mouton&lt;/i&gt;, le voleur qui &lt;i&gt;mange le morceau&lt;/i&gt; envers la police, et qui &lt;i&gt;casse du sucre&lt;/i&gt; sur ses &lt;i&gt;copains&lt;/i&gt; ; il s'appelle aussi, d'apr&#232;s Vidocq et Canler, un &lt;i&gt;coqueur&lt;/i&gt; (d&#233;nonciateur), parce qu'il &lt;i&gt;chante une vache&lt;/i&gt;, d'o&#249; la devise de l'aimable Abadie, &lt;i&gt;Mort aux vaches&lt;/i&gt; ! &#8212; enfin, un &lt;i&gt;casseroleur&lt;/i&gt;, parce qu'il mange &#224; la &lt;i&gt;grande casserole&lt;/i&gt; (la police). Eh bien ! il a un nouveau nom. Aujourd'hui c'est une &lt;i&gt;bourrique&lt;/i&gt;, et il faut se m&#233;fier, de ses oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenez, encore un mot tout neuf : &lt;i&gt;la Bridaukil&lt;/i&gt;. C'est tout simplement, une cha&#238;ne d'or ; la &lt;i&gt;Bride&lt;/i&gt; c'est la cha&#238;ne, qui se vend au poids, et par cons&#233;quent au &lt;i&gt;Kil&lt;/i&gt; (kilogramme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde conna&#238;t le &lt;i&gt;Barbotage&lt;/i&gt;, qui constitue le vol au poivrier ; mais, aujourd'hui la phrase est chang&#233;e, on dit &lt;i&gt;chatouiller un roupillon&lt;/i&gt;. Chatouiller, c'est fouiller,parce que souvent on fait ainsi tressaillir l'homme qui dort, qui &lt;i&gt;roupille&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournons quelques pages ; voil&#224; &lt;i&gt;crottard&lt;/i&gt;, trottoir, mot qui a remplac&#233; celui de &lt;i&gt;trimard&lt;/i&gt;, lequel avait succ&#233;d&#233; &#224; &lt;i&gt;persil, quart et bitume&lt;/i&gt;. Voil&#224; le &lt;i&gt;douanier&lt;/i&gt; qui, &#224; cause de son habit vert, remplace le perroquet dans la d&#233;gustation de l'absinthe. &lt;i&gt;D&#233;culotter&lt;/i&gt;, cela veut dire faire faillite. Etre &#224; la &lt;i&gt;faridon&lt;/i&gt;, c'est subir la &lt;i&gt;d&#232;che&lt;/i&gt;, ou si vous aimez mieux la panne, la mis&#232;re. Se &lt;i&gt;gondoler&lt;/i&gt;, c'est se reposer, image emprunt&#233;e au bois qui se gondole, c'est-&#224;-dire se gonfle et se contourne, ce que font &#233;galement les lazzaroni couch&#233;s le ventre au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! un bon mot &#224; signaler. Vous savez que, de tout temps, le patron d'un atelier s'est appel&#233; &lt;i&gt;le Singe&lt;/i&gt; ; eh ! bien, le &lt;i&gt;Grand singe&lt;/i&gt;, c'est le grand patron, le chef du gouvernement, M. Gr&#233;vy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne puis vous dire ici ce que c'est que les &lt;i&gt;joyeuses&lt;/i&gt;, mais je puis &#224; la lettre J, vous nommer &lt;i&gt;le Grand Jablo&lt;/i&gt;. C'est le soleil, et l'&#233;tymologie, la bougie Jabloschkoff, la premi&#232;re lumi&#232;re &#233;lectrique bien connue du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/AMP_3716.jpg' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La bougie Jablochkoff, son globe et le support mobile des charbons. [Figuier, Les nouvelles conqu&#234;tes de la science, 1883]
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.ampere.cnrs.fr/parcourspedagogique/zoom/faraday/feelectricite/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ampere.cnrs.fr&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Passons encore. Voici un mot sinistre. &lt;i&gt;Moufionner dans le son&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Moufionner&lt;/i&gt;, c'est se moucher, renifler. On comprend par cons&#233;quent qu'il s'agit de la guillotine, l'un des cauchemars du voyou, qui lui donne sans cesse des sobriquets nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinistre aussi le &lt;i&gt;quart des d&#233;gomm&#233;s&lt;/i&gt; (commissaire des morts). Le &lt;i&gt;quart&lt;/i&gt;, c'est le &lt;i&gt;quart &#224; l'&#339;il&lt;/i&gt;, ou commissaire. Le d&#233;gomm&#233; c'est le mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, un joli mot : le &lt;i&gt;Rub de Rif&lt;/i&gt;, mot-&#224;-mot, &lt;i&gt;ruban de feu&lt;/i&gt; ; c'est ainsi qu'on d&#233;signe le chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien dr&#244;le aussi les &lt;i&gt;sachets&lt;/i&gt;, pour d&#233;signer les chaussettes et les bas &#224; l'&#233;talage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les &lt;i&gt;pages d'Alphand&lt;/i&gt; (&#233;goutiers), qui font pendant aux &lt;i&gt;lanciers du pr&#233;fet&lt;/i&gt; (balayeurs). Et les &lt;i&gt;vandales&lt;/i&gt; (poches b&#233;antes) parce qu'elles absorbent tout. Et le &lt;i&gt;lateur&lt;/i&gt;, rossignol ou fausse-clef dont l'appellation n'a pas besoin d'&#234;tre expliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot &#224; retenir &#171; Billoir et Pr&#233;vost, nous a-t-on dit un jour, c'&#233;taient des &lt;i&gt;buteurs d'ursules&lt;/i&gt; &#187;. Ursule, c'est une vieille fille ; on la choie, on la caresse, on lui fait la cour. Puis, un jour on la &lt;i&gt;bute&lt;/i&gt;, et aussit&#244;t qu'elle est &lt;i&gt;taupin&#233;e&lt;/i&gt; on prend son magot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'arr&#234;te sur un dernier mot : &lt;i&gt;vitrine&lt;/i&gt;. Il appartient au langage des souteneurs ; &#8212; &lt;i&gt;Ma Louis-Quinze a fait vitrine&lt;/i&gt; (ma ma&#238;tresse s'est par&#233;e, a fait &#233;talage de ses bijoux). On disait autrefois &lt;i&gt;se mettre sur son trente et un&lt;/i&gt;. On dit aussi, &lt;i&gt;par&#233; comme une ch&#226;sse&lt;/i&gt; ; vitrine est du m&#234;me ordre d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; assez pour donner une id&#233;e des &#233;l&#233;ments nouveaux que nous nous proposons d'introduire dans ce travail. J'ajouterai que, pour certains mots, nous ne nous contenterons pas d'une d&#233;finition. A certains noms de vols, &#224; certaines filouteries, nous voulons expliquer comment le voleur proc&#232;de et comment on peut s'en d&#233;fendre. Nous rendrons ainsi service, non-seulement aux curieux, mais encore aux honn&#234;tes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, quand cela para&#238;tra-t-il ? Dame... Nous avons encore bien des tourn&#233;es &#224; faire. Vous verrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Grison - &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k278027m/f3.zoom.r=le%20figaro.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Figaro du 23 novembre 1881&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arriv&#233;e d'un voleur de profession &#224; la prison de Sainte P&#233;lagie - Son histoire en argot - 1840</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=279</link>
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		<dc:date>2014-09-25T12:32:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tout derni&#232;rement encore, c'&#233;tait un dimanche, les goipeurs &#233;taient dans la cour, lorsqu'on amena un voleur, arr&#234;t&#233; dans la nuit ; il fut aussit&#244;t entour&#233; par ses vieilles connaissances : &#8212; Comment donc que tu t'es laiss&#233; emballer, lui demande t-on de toutes parts ? &#8212; Voil&#224; la chose, dit l'arrivant. Et aussit&#244;t il se mit &#224; raconter ce qui suit : j'ai conserv&#233; le langage d'argot afin que l'on puisse s'en faire une id&#233;e : &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait par un dix same (samedi) huit plombes (heures) de la sorgue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout derni&#232;rement encore, c'&#233;tait un dimanche, les goipeurs &#233;taient dans la cour, lorsqu'on amena un voleur, arr&#234;t&#233; dans la nuit ; il fut aussit&#244;t entour&#233; par ses vieilles connaissances : &#8212; Comment donc que tu t'es laiss&#233; &lt;i&gt;emballer&lt;/i&gt;, lui demande t-on de toutes parts ? &#8212; Voil&#224; la chose, dit l'arrivant. Et aussit&#244;t il se mit &#224; raconter ce qui suit : j'ai conserv&#233; le langage d'argot afin que l'on puisse s'en faire une id&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait par un &lt;i&gt;dix same&lt;/i&gt; (samedi) huit plombes (heures) de la &lt;i&gt;sorgue&lt;/i&gt; (du soir) &lt;i&gt;dinguaient&lt;/i&gt; (sonnaient) &#224; la cath&#233;drale de Pantruche (Paris) ; il &lt;i&gt;lansquinait &lt;/i&gt; (pleuvait) &lt;i&gt;&#224; plus soif&lt;/i&gt; (verse) ; je &lt;i&gt;cavalais &lt;/i&gt; (courrais) en &lt;i&gt;omnibus perc&#233;&lt;/i&gt; (&#224; pied) afin de me trouver au &lt;i&gt;rende &lt;/i&gt; (rendez-vous). A peine suis-je &lt;i&gt;enquill&#233;&lt;/i&gt; (entr&#233;), que je &lt;i&gt;rebouise &lt;/i&gt; (vois) un &lt;i&gt;p&#232;gre&lt;/i&gt; (voleur) qui m'avait &lt;i&gt;reconnobl&#233;&lt;/i&gt; (reconnu) et qui me frappant sur le &lt;i&gt;rape&lt;/i&gt; (&#233;paule) me &lt;i&gt;jacte&lt;/i&gt; (demande) en &lt;i&gt;arguche&lt;/i&gt; (argot) si je n'&#233;tais pas le &lt;i&gt;niers&lt;/i&gt; (l'homme) qui venait d'essuyer un &lt;i&gt;avarot &lt;/i&gt; (d&#233;sagr&#233;ment). La question &#233;tait &#233;pineuse : aussi, sans perdre de temps, je lance sur son &lt;i&gt;orgue &lt;/i&gt; (individu) mon &lt;i&gt;chasse am&#233;ricain&lt;/i&gt; (mon &#339;il scrutateur) et pas plus &lt;i&gt;&#233;pat&#233;&lt;/i&gt; (&#233;tonn&#233;) de &lt;i&gt;reconnobler&lt;/i&gt; (reconna&#238;tre) dans sa &lt;i&gt;tronche&lt;/i&gt; (figure) un &lt;i&gt;fague&lt;/i&gt; (for&#231;at) tr&#232;s connu du &lt;i&gt;grand pr&#233;&lt;/i&gt; (le bagne). Aussi, plus de &lt;i&gt;taff &lt;/i&gt; (peur) et j'accepte le &lt;i&gt;glacis &lt;/i&gt; (verre) qui m'&#233;tait &lt;i&gt;refiquanch&#233;&lt;/i&gt; (pr&#233;sent&#233;). Il y avait bien deux &lt;i&gt;plombes&lt;/i&gt; (heures) que nous &lt;i&gt;soiffions &lt;/i&gt; (buvions) quand je &lt;i&gt;remouche&lt;/i&gt; (je vois) &lt;i&gt;enquier &lt;/i&gt; (entrer) Mandal, dit &lt;i&gt;l'escarpe&lt;/i&gt; (l'assassin), autre &lt;i&gt;p&#232;gre &lt;/i&gt; (voleur) tr&#232;s connu de mon &lt;i&gt;orguorum&lt;/i&gt; (de moi), qui sans fa&#231;on posa la question sur nos moyens de &lt;i&gt;boulotage &lt;/i&gt; (d'existence). Pour moi, dit-il, je ne suis pas &lt;i&gt;de la f&#234;te&lt;/i&gt; (heureux) ; ni moi non plus, ajoute le nouveau d&#233;barqu&#233;, et si j'avais les outils que l'on m'a &lt;i&gt;d&#233;plant&#233;s &lt;/i&gt; (d&#233;nich&#233;s), je connais dans &lt;i&gt;Pantin &lt;/i&gt; (Paris) une &lt;i&gt;piolle &lt;/i&gt; (une maison) o&#249; le &lt;i&gt;carle &lt;/i&gt; (argent) est &lt;i&gt;en rompant&lt;/i&gt; (en grande quantit&#233;). &#8212; &lt;i&gt;Duffe &lt;/i&gt; (vrai), lui dis-je, eh bien ! j'ai ton affaire ; j'ai sur moi deux &lt;i&gt;jeux &lt;/i&gt; (cl&#233;s) qui sont &lt;i&gt;flambans &lt;/i&gt; (excellentes). &#8212; C'est bon, dit le &lt;i&gt;cambrousier &lt;/i&gt; ( le nouveau d&#233;barqu&#233;), en me serrant &lt;i&gt;la pogne&lt;/i&gt; (la main), c'est &lt;i&gt;chouette &lt;/i&gt; (fameux).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Sainte_pelagie.jpg' width='500' height='427' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sainte P&#233;lagie - Photo prise en ao&#251;t 1898, d&#233;molie en mai 1899, dans le fond H&#244;pital de la Piti&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/2577-sainte-pelagie-prise-en-aout-1898-d/?n=&amp;filemedia_id=2595&amp;viewer=image&amp;open_viewer=1&amp;current_image_id=0&amp;dbk=&amp;menu_left_visible=0&amp;menu_left_type=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gallica&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;pentres &lt;/i&gt; (bourgeois) sont &lt;i&gt;d&#233;carr&#233;s &lt;/i&gt; (partis) ; arriv&#233;s audit endroit, le &lt;i&gt;larbin &lt;/i&gt; (portier) nous &lt;i&gt;escrache &lt;/i&gt; (questionne), et nous &lt;i&gt;jactons &lt;/i&gt; (donnons) aussit&#244;t un &lt;i&gt;centre &#224; l'estoc&lt;/i&gt; (un faux nom). Nous &lt;i&gt;enquillons &lt;/i&gt; (entrons) ; c'&#233;tait, si j'ai bien &lt;i&gt;rebours&#233; &lt;/i&gt; (regard&#233;), au second ; figurez-vous, &lt;i&gt;m&#233;sigues &lt;/i&gt; (amis), une &lt;i&gt;lourde&lt;/i&gt; (porte) des mieux &lt;i&gt;boucl&#233;es &lt;/i&gt; (ferm&#233;es) ; Mandal en &lt;i&gt;gaffe &lt;/i&gt; (en faction) au premier, le &lt;i&gt;bagaffe &lt;/i&gt; (pistolet) en &lt;i&gt;pogne &lt;/i&gt; (en main) et le &lt;i&gt;surrin &lt;/i&gt; (poignard) de l'autre : Pour moi et le &lt;i&gt;fague &lt;/i&gt; (for&#231;at), nous nous mettons en besogne ; mais, par malheur, aucune de nos &lt;i&gt;caroubles &lt;/i&gt; (fausses cl&#233;s) ne pouvait &lt;i&gt;d&#233;brider &lt;/i&gt; (ouvrir) ; c'&#233;tait donc en &lt;i&gt;groumant &lt;/i&gt; (bisquant), que nous allions &lt;i&gt;d&#233;carrer &lt;/i&gt; (partir), quand Mandal, impatient&#233;, monte, et voyant notre embarras, se met &#224; &lt;i&gt;rigoler &lt;/i&gt; (&#224; rire), puis tirant de dessous sa &lt;i&gt;pelure &lt;/i&gt; (redingotte) le &lt;i&gt;cadet &lt;/i&gt; (pied de biche) et les &lt;i&gt;calles de rigue&lt;/i&gt; (de rigueur) : Vous n'&#234;tes que des &lt;i&gt;simples &lt;/i&gt; (maladroits), dit-il, en pla&#231;ant ses calles ; et d'un seul coup de cadet, la &lt;i&gt;lourde &lt;/i&gt; (porte) fut &lt;i&gt;esquint&#233;e &lt;/i&gt; (forc&#233;e). Un silence absolu succ&#233;da au silence de notre &lt;i&gt;fric-frac&lt;/i&gt; (exploit). Notre joie fut extr&#234;me en voyant accroch&#233;s devant nous de riches &lt;i&gt;bogues&lt;/i&gt; (montres), de superbes &lt;i&gt;brides en jonc&lt;/i&gt; (cha&#238;nes en or) ; bon nez, p&#232;re Sondeur, dit Mandal &#224; voix basse, en fourrant dans ses &lt;i&gt;valades&lt;/i&gt; (poches) &lt;i&gt;bogues &lt;/i&gt; (montres), &lt;i&gt;brides &lt;/i&gt; (cha&#238;nes), et la pr&#233;cieuse &lt;i&gt;fanfure&lt;/i&gt; (tabati&#232;re) que M. Lelong avait oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, je m'occupais du &lt;i&gt;barlin&lt;/i&gt; (secr&#233;taire), qui une fois &lt;i&gt;d&#233;brid&#233; &lt;/i&gt; (ouvert) laisse voir &#224; mes &lt;i&gt;ch&#226;ssis &#233;pat&#233;s&lt;/i&gt; (mes yeux &#233;tonn&#233;s) des &lt;i&gt;cigu&#235;s&lt;/i&gt; (des louis) et des &lt;i&gt;talbans&lt;/i&gt; (billets de banque). En un clin d'&#339;il tout fut &lt;i&gt;n&#233;toy&#233;&lt;/i&gt; (enlev&#233;) ; et &lt;i&gt;fargu&#233;s&lt;/i&gt; (charg&#233;s) du &lt;i&gt;fac&lt;/i&gt; (l'argenterie), des &lt;i&gt;baluchons&lt;/i&gt; (ballots), contenant &lt;i&gt;chamardes&lt;/i&gt; (chapeaux), &lt;i&gt;croisans&lt;/i&gt; (gilets), &lt;i&gt;pelures &lt;/i&gt; (redingottes), &lt;i&gt;paffs &lt;/i&gt; (chaussures) et &lt;i&gt;limaces &lt;/i&gt; (chemises) ; nous nous &lt;i&gt;isburions &lt;/i&gt; (retirions) en fredonnant : Amis point de &lt;i&gt;d&#233;go&#251;t &lt;/i&gt; (peur), s'il y a de la &lt;i&gt;morasse &lt;/i&gt; (du danger) ce ne sera pas pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/bagne.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/bagne.jpg' width='500' height='664' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Halte des for&#231;ats en route - BERTALL - ROUGET - Ed. ill. - Paris : G. Havard, 1845
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://enap-mediatheque.paprika.net/enap3/bin/opacweb.dll/FreeGetRecordDetail?XFile=Record&amp;DataBaseNames=ENAP3&amp;Inner=T&amp;NN=I24941&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand tout-&#224;-coup Mandal, le premier, tombe &lt;i&gt;en figure&lt;/i&gt; (face &#224; face) avec le &lt;i&gt;mizure &lt;/i&gt; (le ma&#238;tre) de la &lt;i&gt;piole &lt;/i&gt; (de la maison), et sans se d&#233;concerter, il lui &lt;i&gt;pousse &lt;/i&gt; (lance) en &lt;i&gt;fume &lt;/i&gt; (dans la figure) un l&#233;ger coup de cadet pour l'emp&#234;cher de &lt;i&gt;chiailler &lt;/i&gt; (crier) ; ainsi d&#233;barrass&#233; du &lt;i&gt;pentre &lt;/i&gt; (bourgeois) &lt;i&gt;argot&#233; &lt;/i&gt; (malheureux), nous &lt;i&gt;d&#233;carrons &lt;/i&gt; (d&#233;campons) sans &lt;i&gt;p&#233; &lt;/i&gt; (bruit) ; mais par guignon, la &lt;i&gt;rousse &lt;/i&gt; (les agens de police) en &lt;i&gt;planque &lt;/i&gt; (cach&#233;s) chez le &lt;i&gt;matzingue &lt;/i&gt; (marchand de vins) du coin, nous voyant &lt;i&gt;sifargu&#233;s &lt;/i&gt; (charg&#233;s), nous posent leurs &lt;i&gt;gluoteaux &lt;/i&gt; (la main au collet) ; on nous &lt;i&gt;ligotte &lt;/i&gt; (attache) ; on nous &lt;i&gt;emballe &lt;/i&gt; (conduit) chez le &lt;i&gt;quart d'&#339;il&lt;/i&gt; (le commissaire) qui, sans mis&#233;ricorde, nous emballe &#224; son tour au milieu des &lt;i&gt;griviers &lt;/i&gt; (soldats) pour la &lt;i&gt;Pr&#233;fectange&lt;/i&gt; ( la Pr&#233;fecture), et puis le matin on nous a &#233;parpill&#233;s, Mandal &#224; la Force, le &lt;i&gt;fargue &lt;/i&gt; (for&#231;at) aux Madelonnettes, et moi me voil&#224;, et j'esp&#232;re que dans quatre ou cinq &lt;i&gt;marques &lt;/i&gt; (mois) ces &lt;i&gt;messieurs &lt;/i&gt; ( les juges) &lt;i&gt;m'emballeront&lt;/i&gt; (m'enverront) &lt;i&gt;user le soleil&lt;/i&gt; (au bagne &#224; perp&#233;tuit&#233;) et &lt;i&gt;morfier &lt;/i&gt; (manger) des &lt;i&gt;gourganes &lt;/i&gt; (f&#232;ves) &lt;i&gt;au grand pr&#233;&lt;/i&gt; (aux gal&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63367461/f235.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un an de prison, ou Souvenirs de Sainte-P&#233;lagie&lt;/a&gt; par le Baron de Verteuil de Feuillas, g&#233;rant de &#034;La France&#034; - 1840&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Albert Glatigny - Pages de la Vie de boh&#232;me</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=277</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On a souvent parl&#233; de Glatigny ; qu'il me soit permis, &#224; mon tour, de publier quelques notes rapides sur ce charmant po&#232;te, dont j'&#233;tais l'intime et qui vient de servir de sujet de pi&#232;ce. &lt;br class='autobr' /&gt;
N'ayant aucun moyen d'existence, sans autres provisions que des vers aussi jolis que peu nutritifs, malgr&#233; cela, voulant demeurer &#224; Paris, ce tremplin n&#233;cessaire &#224; ceux que l'art a touch&#233;s de sa baguette magique, Glatigny avait accept&#233;, avec empressement, en 1858, peu apr&#232;s son arriv&#233;e de Normandie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a souvent parl&#233; de Glatigny ; qu'il me soit permis, &#224; mon tour, de publier quelques notes rapides sur ce charmant po&#232;te, dont j'&#233;tais l'intime et qui vient de servir de sujet de pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant aucun moyen d'existence, sans autres provisions que des vers aussi jolis que peu nutritifs, malgr&#233; cela, voulant demeurer &#224; Paris, ce tremplin n&#233;cessaire &#224; ceux que l'art a touch&#233;s de sa baguette magique, Glatigny avait accept&#233;, avec empressement, en 1858, peu apr&#232;s son arriv&#233;e de Normandie, d'entrer au th&#233;&#226;tre Montparnasse en qualit&#233; de cabotin et de deuxi&#232;me r&#233;gisseur et il se montrait content de cette haute position provisoire qui lui assurait cinquante francs par mois, persuad&#233; que l'avenir lui appartenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il aimait les planches o&#249; sa fantaisie outranci&#232;re et na&#239;ve &#233;tait &#224; l'aise ; les exemples de Shakespeare, de Moli&#232;re, l'exaltaient, et il ne concevait pas de sort plus enviable que celui d'auteur-acteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul inconv&#233;nient qu'il trouv&#226;t &#224; la profession de &#171; m'as-tu-vu &#187;, c'&#233;tait d'&#234;tre oblig&#233; d'apprendre par c&#339;ur la prose de Pix&#233;r&#233;court, de Bouchardy, d'Anicet Bourgeois, de d'Ennery ; aussi, par gaminerie, rempla&#231;ait-il souvent le texte de ses r&#244;les par des tirades de son cru.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/glatigny.jpg' width='488' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Albert Glatigny
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438655d/f10.item.hl.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Portraits d'&#233;crivains et hommes de lettres de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il me souvient qu'une fois, jouant avec des variantes un p&#232;re noble, en un m&#233;lo noir, et le premier sujet, furieux, s'&#233;tant emport&#233; jusqu'&#224; lui r&#233;pliquer distinctement, de mani&#232;re que tout le public l'entendit &#171; &#199;a n'est pas &#231;a &#187;, il r&#233;pondit, sans se d&#233;monter &#171; Comment, monsieur, vous ne me connaissez point, vous me demandez qui je suis, je vous raconte mon histoire, et vous me dites : &#231;a n'est pas &#231;a ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interloqu&#233;, le premier sujet ne sut que balbutier, et Glatigny acheva s&#233;rieusement la pantalonnade entam&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute qu'il s'abstenait d'une semblable d&#233;sinvolture &#224; l'&#233;gard des &#339;uvres litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas appel&#233; &#224; &#233;clipser Frederick Lemaitre ; n&#233;anmoins il e&#251;t convenablement tenu un emploi secondaire sans l'excentricit&#233; de son allure de Don Quichotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De taille &#233;lev&#233;e - il avait un m&#232;tre quatre vingt-six, - imberbe, mince, portant sur un cou maigre une t&#234;te d'enfant, aux cheveux bruns plats, d'une douceur singuli&#232;re, qu'illuminaient des yeux remplis d'enthousiasme, ne sachant que faire de ses bras, de ses mains, afflig&#233; de pieds &#233;normes, il &#233;tait mal constitu&#233; pour exercer le m&#233;tier de prot&#233;e sc&#233;nique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il loge&#226;t en un garni de barri&#232;re et din&#226;t, d'ordinaire, &#224; la Californie ou chez Richefeu, d'une portion de rago&#251;t ou d'un hareng grill&#233; de deux sous, d'une livre de pain et d'un demi-setier, ses cinquante francs par mois ne lui permettaient gu&#232;re de renouveler sa garde-robe que de charitables personnes entretenaient, l'hiver, avec de vieilles nippes d'&#233;t&#233;, l'&#233;t&#233; avec de vieilles nippes d'hiver, ni d'acheter r&#233;guli&#232;rement du tabac. Dans ce dernier cas, priv&#233; de sa pipe qui contribuait &#224; soutenir sa bonne humeur, il &#233;tait si d&#233;sorient&#233;, que s'il e&#251;t eu un droit d'a&#238;nesse &#224; vendre, il se serait certainement empress&#233; de le c&#233;der pour un paquet de caporal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la troupe &#224; laquelle il appartenait &#233;tait affich&#233;e &#224; S&#232;vres, il se risquait &#224; aller manger &#224; la soupe chez Banville, &#224; Bellevue et comme il manquait invariablement de l'argent n&#233;cessaire au paiement de sa place en chemin de fer, gaiement il se mettait en route par Malakoff et Clamart, en grommelant &#171; J'ai de grandes jambes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bellevue, o&#249; s'&#233;taient r&#233;fugi&#233; autour de l'&#233;tablissement hydroth&#233;rapique, quantit&#233; d'hommes de lettres, d'artistes, il passait une apr&#232;s-midi dor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure du spectacle, il gagnait le th&#233;&#226;tre imp&#233;rial de S&#232;vres, et y jouait, en pr&#233;sence des ar&#233;opagistes qu'il venait de quitter, descendus de leurs ermitages et mass&#233;s en une loge contenant, &#224; c&#244;t&#233; de Banville, Molin le dernier des chicards, et Gondinet qui, &#224; cette &#233;poque, employ&#233; des Finances, entassait manuscrit sur manuscrit et ne parvenait point &#224; attendrir le moindre directeur parisien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glatigny nourrissait une affection filiale pour Banville &#224; qui il devait d'avoir &#233;t&#233; lanc&#233;, en un clin d'&#339;il, dans le monde litt&#233;raire de Paris, et dont la valeur, faite surtout de forme impeccable, le s&#233;duisait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/banville-2.jpg' width='476' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;odore de Banville
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84386525/f29.item.hl.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Recueil. Portraits d'&#233;crivains et hommes de lettres de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je me rappelle qu'un dimanche, en homme d&#233;termin&#233; &#224; se ranger, il me surprit &#224; ma fen&#234;tre, en train de r&#234;vasser, et me dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je sors de chez Vacquerie, et il est entendu que lui et moi ferons en collaboration une pi&#232;ce en quatre actes, en vers, et &lt;i&gt;en habits noirs&lt;/i&gt;, pour le Th&#233;&#226;tre-Fran&#231;ais. Que veux-tu, poursuivit-il en remarquant mon &#233;tonnement, - car nous ne voyions alors que fl&#226;mberges, manteaux couleur muraille, vieux manoirs &#224; m&#226;chicoulis, &#233;pop&#233;es romantiques - on n'accepte plus maintenant que des choses contemporaines, genre Dumas fils ; d'autre part, il faut bien d&#233;buter et sacrifier, pour cela, au go&#251;t bourgeois du jour. La c&#233;l&#233;brit&#233; est &#224; ce prix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier argument entra&#238;na mon acquiescement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il va de soi que la pi&#232;ce &lt;i&gt;en habits noirs&lt;/i&gt;, sans doute tr&#232;s vaguement indiqu&#233;e par Vacquerie, resta &#224; l'&#233;tat de projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment que Glatigny &#233;crivit son d&#233;licat po&#232;me intitul&#233; : &lt;i&gt;Le Bois&lt;/i&gt;, qui fut repr&#233;sent&#233; quinze ans plus tard, &#224; l'Od&#233;on, et faillit l'&#234;tre, de prime saut, sur le th&#233;&#226;tricule des Folies-Marigny, des Champs-Elys&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce po&#232;me, il me le r&#233;cita tout frais &#233;moulu de son cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne lisait pas ses po&#233;sies, il les d&#233;clamait de m&#233;moire &#224; ses camarades, aux directeurs de revues, de journaux, &#224; qui manifestait l'envie de les entendre, et cela sans broncher. Ses rares facult&#233;s mn&#233;moniques lui servirent beaucoup dans l'avenir, lorsqu'il parcourut la France en rhapsode, de caf&#233; concert, en caf&#233;-concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait d&#233;laiss&#233; Montparnasse, o&#249; ses labeurs dramatiques l'accablaient, et essay&#233; de vivre du produit de sa plume ; il dut vite remonter sur les planches, sous peine de mourir d'inanition, et, en 1861, un engagement de cent francs par mois le lia au th&#233;&#226;tre de Versailles, toujours en qualit&#233; &#171; d'utilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut la p&#233;riode la plus agr&#233;able de son existence d&#233;cousue de com&#233;dien nomade. Le parc royal l'enchantait, autant que le voisinage de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_923 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/glatigny_albert.jpg' width='500' height='298' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Albert Glatigny
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://www.www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/paulus/memoires/paulus_memoire_27.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De Versailles il passa au Th&#233;&#226;tre-Lyrique, o&#249; Rouvi&#232;re devait jouer Othello, adaptation d'Alfred de Vigny. S'&#233;tant brouill&#233; avec Brisebarre, un des impresarii de cette sc&#232;ne de l'ancien boulevard du Crime, il v&#233;cut pendant quelques mois probl&#233;matiquement, et retourna enfin en province, pour y cabotiner durant trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; dans la capitale, il courut, suivant son habitude, &#224; mon adresse, et ne me rencontrant point, m'&#233;crivit ce mot que je reproduis parce qu'il est presque une silhouette do ce vagabond de m&#233;rite et que je ne pense pas qu'il y ait inconv&#233;nient &#224; le publier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon ami,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis &#224; Paris depuis cette semaine, et me trouverai ce soir, vers neuf heures et demie, au caf&#233; de Racine. &#187; (Le caf&#233; Racine &#233;tait au n&#176; 24 de la rue Racine, &#224; l'angle de la rue Mpnsieur-le-Prince.) &#171; Si ma lettre ne te parvient que demain, &#233;cris moi, afin que je sache o&#249; je te pourrai serrer la main avant mon d&#233;part. Ne me donne rendez vous dans le quartier des Latins que le soir. L'air y est, pour moi, tr&#232;s insalubre pendant le jour. Les miasmes et les cr&#233;anciers affectent douloureusement ma sant&#233;, si d&#233;licate, d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert Glatigny,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauvre, mais loyal. Flandre au lion ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre de mes copains, po&#232;te aussi, &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5535020b.r=Jacques+Bornet.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Bornet&lt;/a&gt;, avait eu l'id&#233;e de faire le tour de l'Europe en d&#233;bitant ses vers qu'il ne pouvait vendre, et m'avait enr&#244;l&#233;. Nous avions &#233;t&#233; au Havre o&#249;, pilot&#233;s par Rispal, math&#233;maticien distingu&#233;, , et appuy&#233;s par Santallier, journaliste de race, en une matin&#233;e de po&#233;sie, donn&#233;e au Casino, chacun de nous s'&#233;tait &#233;vertuer &#224; enthousiasmer, par ses &#339;uvres, les spectateurs, assez clairsem&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu &#224; Paris, et Raoul Bravard, encore un po&#232;te, mort depuis, m'ayant conseill&#233; de continuer l'exp&#233;rience dans les villes thermales de l'Est et de la Suisse, je m'&#233;tais promptement rembarqu&#233; en emportant une valise plus bourr&#233;e de chansons et d'odes que d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant r&#233;int&#233;gr&#233;, &#224; l'automne, mon pigeonnier, je pr&#233;sentai &#224; Glatigny, sous des couleurs &#233;clatantes, mon &#233;quip&#233;e de trouv&#232;re, et je lui proposai de nous adonner d&#233;sormais, ensemble, en une fraternelle association, &#224; cette triomphale exploitation de nos productions. Il accepta imm&#233;diatement ; nous arr&#234;t&#226;mes le lendemain, en d&#233;jeunant de compagnie, les bases de notre entreprise po&#233;tique, qui nous promettait fortune et gloire, et nous nous transport&#226;mes &#224; Bellevue, afin d'y exposer notre plan &#224; Banville, lequel, probablement, nous e&#251;t dit, en nous approuvant : &#171; Allez, mes enfants et qu'Apollon vous prot&#232;ge ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur des Odes funambulesques &#233;tant absent, nous repart&#238;mes, au pas acc&#233;l&#233;r&#233;, &lt;i&gt;musa pedestris&lt;/i&gt;, f&#226;ch&#233;s du contre-temps, et apr&#232;s avoir &#233;bloui Jules de Pr&#233;maray de nos illusions juv&#233;niles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! la difficult&#233; d'emprunter le billet de mille francs qui nous &#233;tait indispensable pour nous lancer dans les aventures, renversa nos ch&#226;teaux en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trangl&#233; par la d&#233;tresse, Glatigny dut contracter un engagement qui l'attacha au th&#233;&#226;tre de Rennes, et moi, oblig&#233; de sacrifier aux exigences du pain quotidien, je coupai les ailes &#224; ma petite muse, et j'entrai dans le journalisme par une campagne en Italie, ce qui temp&#233;ra mes regrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Glatigny n'oublia pas nos desseins pass&#233;s, car l'an d'apr&#232;s, errant de cit&#233; en cit&#233;, de cercle en cercle, de tr&#233;teaux en tr&#233;teaux, il se consacra &#224; des s&#233;ances d'improvisation qui l'arrach&#232;rent au cabotinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1867, ayant eu la funeste inspiration de visiter la Corse, il fut arr&#234;t&#233; non loin d'Ajaccio par un gendarme, brigadier ou mar&#233;chal des logis, qui, en d&#233;pit de ses d&#233;n&#233;gations indign&#233;es, s'obstina &#224; le prendre pour le fameux assassin introuvable, Jude, et l'encha&#238;na en un cachot humide et sombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de cet incident que la presse commenta, Glatigny eut en aversion la gendarmerie, quoique son p&#232;re e&#251;t appartenu &#224; ce corps d'&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/glatigny_gill.jpg' width='500' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Charge par Andr&#233; Gill d'Albert Glatigny pour son livre &#034;Le jour de l'an d'un vagabond&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=lPEFAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Albert+Glatigny&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=4kMQVKTzNsXmyQPLlYH4AQ&amp;ved=0CEUQuwUwBQ#v=onepage&amp;q=Albert%20Glatigny&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 1870-71 finie, il se maria, lui le boh&#232;me insoucieux, sans feu ni lieu, et se f&#233;licita d'&#234;tre r&#233;guli&#232;rement, bourgeoisement en m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souffrait de la tuberculose, qui devait l'emporter, et sentait l'imp&#233;rieux besoin du pot-au-feu familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banville lui fit ouvrir les portes de l'Od&#233;on comme auteur, et, par la repr&#233;sentation applaudie de la saynette &lt;i&gt;Le Bois&lt;/i&gt;, lui causa une joie exub&#233;rante, de courte dur&#233;e toutefois, la mort l'ayant enlev&#233; &#224; l'instant o&#249; la vie semblait enfin lui sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu philosophe, c'&#233;tait &#224; peine si, en d&#233;vidant vivement ses ann&#233;es &#224; la Fran&#231;ois Villon, il avait r&#233;fl&#233;chi &#224; l'au del&#224; ; aussi se r&#233;cria-t-il contre son d&#233;part pr&#233;cipit&#233;, ne s'assit-il pas de bonne volont&#233; en la barque de Caron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred de Musset s'&#233;teignit en soupirant &#171; Que la vie est longue &#187; Glatigny, plus dispos&#233; que jamais &#224; la lutte, malgr&#233; ses mis&#232;res, murmura, constern&#233;, &#224; son heure ultime &#171; Que la vie est courte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que l'un avait vid&#233; la coupe des satisfactions terrestres, et que l'autre trempait seulement ses l&#232;vres p&#226;les dans cette coupe quand la mort se dressa devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bah ! Glatigny se rattrape s&#251;rement l&#224;-haut, en rimant richement aupr&#232;s du P&#232;re &#201;ternel, au milieu des anges roses et blonds que les peintres religieux primitifs nous montrent, et qu'il aimait &#224; chanter ici-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k66084h.r=Armand+Dubarry.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Armand Dubarry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'herboriste-parfumeuse tenanci&#232;re de fumerie du quartier Fontaine - 1907</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=264</link>
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		<dc:date>2014-04-29T13:56:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une herboristerie - voyons, est-ce une herboristerie ? - une parfumerie - mais est-ce une parfumerie ? enfin une boutique bizarre du quartier Fontaine, avec une arri&#232;re-boutique plus bizarre encore. La fa&#231;ade s'enguirlande de simples dess&#233;ch&#233;s, et la vitrine s'orne de flacons de parfums, de poudre de riz, d'ustensiles et d'instruments de toilette intime, et intime au sexe faible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon ami X... para&#238;t &#234;tre un familier de la maison, car c'est d'un pas d&#233;lib&#233;r&#233; qu'il p&#233;n&#232;tre dans ce magasin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une herboristerie - voyons, est-ce une herboristerie ? - une parfumerie - mais est-ce une parfumerie ? enfin une boutique bizarre du quartier Fontaine, avec une arri&#232;re-boutique plus bizarre encore. La fa&#231;ade s'enguirlande de simples dess&#233;ch&#233;s, et la vitrine s'orne de flacons de parfums, de poudre de riz, d'ustensiles et d'instruments de toilette intime, et intime au sexe faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon ami X... para&#238;t &#234;tre un familier de la maison, car c'est d'un pas d&#233;lib&#233;r&#233; qu'il p&#233;n&#232;tre dans ce magasin et, apr&#232;s un sourire et un geste amical &#224; la dame du comptoir, il m'entra&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout de suite dans l'arri&#232;re-boutique, je tombe - le verbe est presque juste - je tr&#233;buche dans un divan bas, si bas ! - un divan profond comme un tombeau ; et mon involontaire heurt fait pousser un cri &#224; une languide cr&#233;ature, qui, la voix dolente, poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oh ! faites donc attention, m&#226;me Louise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'apercevant de sa m&#233;prise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pardon, je croyais que c'&#233;tait m&#226;me Louise, et qu'elle m'apportait mon &#171; sal&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la cr&#233;ature plus affal&#233;e que jamais d&#233;tourne de nous son visage, et de ce geste &#224; la fois f&#233;brile et las auquel je suis habitu&#233; maintenant que je fr&#233;quente les fumeries d'opium et les pires, elle fait r&#244;tir sa boulette pour ensuite la humer longuement par son bambou.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_886 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/opium.jpg' width='497' height='758' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Etude pour la couverture de &#034;Les Trois jeunes filles de Vienne&#034; (1934)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=26&amp;FP=1681564&amp;E=2K1KTSJZR7517&amp;SID=2K1KTSJZR7517&amp;New=T&amp;Pic=1&amp;SubE=2C6NU0ZX3EKP&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant quatre heures de l'apr&#232;s midi ; au dehors, c'est la joie d'un ciel de printemps, et tant de jeunesses galantes, chapeaux conqu&#233;rants et robes triomphantes, d&#233;ferlant par cette rue d'amour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici, c'est la t&#233;n&#232;bres ; la flamme douteuse et rouge d'une lampe &#224; p&#233;trole qui malodore &#233;pouvantablement sur un buffet Henri II achet&#233; d'occasion &#224; l'H&#244;tel des Ventes, dans la cour (service des &#171; autorit&#233;s &#187;) ; des chaises boiteuses et le divan o&#249; s'intoxique l'opiumane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu cela d'un coup d'&#339;il rapide car d&#233;j&#224; X... m'entra&#238;ne &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retraversons la boutique, et, &#224; nouveau, sourire &#224; la dame du comptoir ; puis mon ami d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je croyais que Jane &#233;tait l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Jane ? oh ! non ; ce n'est pas son heure, rectifie l'herboriste-parfumeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tiens, il me semblait pourtant qu'elle venait l'apr&#232;s-midi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Dans le temps, oui ; mais depuis trois mois elle a un ami qui ne la laisse libre que le soir. Alors elle n'arrive jamais qu'apr&#232;s d&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ah ! Eh bien, vous lui souhaiterez le bonjour de ma part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je n'y manquerai pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sortons, rejoignons notre voiture ; et X..., lan&#231;ant l'adresse du Pr&#233; Catelan o&#249; un th&#233; r&#233;unit quelques gens de notre connaissance, X. me dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous avez vu, n'est-ce pas ? Je vais maintenant vous expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette parfumerie-herboristerie est une des mille officines du m&#234;me genre qui existent &#224; Paris sous l'&#339;il indiff&#233;rent du public. C'est la fumerie d'opium &#224; peine voil&#233;e, cach&#233;e. Tr&#232;s connue d'ailleurs de tout le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et vous dites qu'il existe beaucoup de boutiques de ce genre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Certes oui, mon cher ; mais je me h&#226;te de vous indiquer qu'elles ne sont pas toutes exploit&#233;es sous la forme parfumerie. Nous avons la papeterie-mercerie, la p&#226;tisserie, que sais-je ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et cette Jane que vous d&#233;siriez me montrer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Semblable assur&#233;ment &#224; l'opiumane que nous venons d'entr'apercevoir. Sa s&#339;ur d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/opium4.jpg' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Petit Parisien. Suppl&#233;ment litt&#233;raire illustr&#233; - 17 f&#233;vrier 1907
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9103636/f1.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'allez pas croire qu'il s'agisse de galanteuses du quartier Pigalle. Non. La maison n'accepterait pas pareille client&#232;le. Les femmes qui viennent l&#224;, &#224; l'insu de leurs maris - car quelques unes sont m&#234;me mari&#233;es - ont peut &#234;tre eu une jeunesse orageuse, des d&#233;buts difficiles ; mais aujourd'hui, rang&#233;es des voitures et impeccables sur le rapport des m&#339;urs, elles sont sans passions amoureuses ; elles ont tout sacrifi&#233; au dieu Opium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma&#238;tresses d'employ&#233;s de grandes administrations ou de minist&#232;res, anciens mod&#232;les, ayant trouv&#233; le port de refuge et de paix dans des collages tranquilles avec des peintres ou des sculpteurs palm&#233;s et surpalm&#233;s, elles cultivent le go&#251;t de l'absinthe et des bitters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'&#224; vau-l'eau de leur vie aujourd'hui calme, apr&#232;s tous les al&#233;as, tous les hasards de la vingti&#232;me ann&#233;e par Montmartre ou le quartier Latin, l'opium s'est pr&#233;sent&#233; &#224; elles comme une v&#233;ritable occupation pour tromper leur ennui, leur veulerie et, aussi et surtout, leur tristesse de femmes blas&#233;es, revenues de toutes les noces et toutes les orgies m&#234;me les plus coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, &#224; ces &#234;tres qui furent de luxe quelquefois et de luxure toujours, ces &#234;tres &#224; qui on peut appliquer le &lt;i&gt;vanitas vanitatum&lt;/i&gt; de ce grand blas&#233; d'Eccl&#233;siaste, les Paradis artificiels ont &#233;t&#233; toute une r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sans doute, elles avaient la morphine et l'&#233;ther &#224; leur disposition, car la morphine et l'&#233;ther ont terriblement ravag&#233; dans les rangs des dames d'amour compagnes intermittentes d'artistes ou de gens de lettres. Mais la morphine exige la piq&#251;re et la piq&#251;re provoque toujours une pr&#233;alable douleur physique ; et quant &#224; l'&#233;ther, son insupportable odeur vous poursuit deux ou trois jours. Et puis ces toxiques ne sont plus &#224; la mode, pour tout dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tandis que l'opium, quel poison &#233;l&#233;gant et dont l'usage pr&#234;te &#224; de si jolis gestes, &#224; toute une pr&#233;paration, une fa&#231;on de cuisine raffin&#233;e et hors le monde !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elles se sont donc ru&#233;es &#224; l'opium, et ru&#233;es est le participe juste. Chaque jour, elles s'&#233;loignent une couple d'heures, de leur domicile extra-conjugal, sous le pr&#233;texte de visites ou de courses, et viennent fumer sur la latte. C'est leur partie au caf&#233; &#224; elles. Et pour un peu, parodiant le mot l&#233;gendaire de notre ami Courteline, elles d&#233;clareraient que cela vaut mieux que d'y aller, au caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/opium3.jpg' width='450' height='658' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Des femmes au sol fumant de l'opium et trois eunuques les surveillant : Broquin, Max l'eunuque et Footitt.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=26&amp;FP=1681564&amp;E=2K1KTSJZR7517&amp;SID=2K1KTSJZR7517&amp;New=T&amp;Pic=25&amp;SubE=2C6NU0JWUGAK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Compris, cher ami ; et la Jane en question rentre tout &#224; fait dans cette cat&#233;gorie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tout &#224; fait. Ce que je viens de vous raconter pourrait &#234;tre sa monographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'interromps encore X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et &#224; propos de la d'moiselle que nous venons de voir, pouvez-vous me donner une explication de ce &lt;i&gt;sal&#233;&lt;/i&gt; dont elle parlait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cette malheureuse femme doit &#234;tre la triste Gaby dont la Jane s'entretenait derni&#232;rement devant moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cette Gaby ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il s'agirait d'une opiumane endurcie, femme mari&#233;e &#224; un commis-voyageur toujours en tourn&#233;e. La Gaby viendrait passer ses journ&#233;es chez l'herboriste, et, comme elle est m&#232;re depuis quelques mois et que le p&#232;re, ignorant la passion de sa femme, exige que cette derni&#232;re nourrisse elle-m&#234;me au sein son enfant, la bonne complice am&#232;ne &#224; Madame, de deux heures en deux heures, le pauvre gosse, le &lt;i&gt;sal&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est &#233;pouvantable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; N'est-ce pas ? Et vous voyez le rejeton que cela fera !... Mais inutile de nous affliger sur ce tableau futur. L'enfant est condamn&#233; ; le lait qu'il suce l'empoisonne s&#251;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je r&#233;it&#232;re : c'est &#233;pouvantable ; plus m&#234;me : c'est criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oh ! au sujet de l'empoisonnement des enfants par l'opium, il y aurait beaucoup &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et tenez, si cela vous int&#233;resse, allez donc de ma part trouver le docteur Marcel R&#233;mond, &#224; sa clinique, rue...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/opium2.jpg' width='500' height='655' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=26&amp;FP=1681564&amp;E=2K1KTSJZR7517&amp;SID=2K1KTSJZR7517&amp;New=T&amp;Pic=15&amp;SubE=2C6NU0KSFBDG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le docteur Marcel R&#233;mond est un jeune savant que j'ai connu m&#233;decin colonial &#224; Sa&#239;gon et s'occupant tout particuli&#232;rement des opiumanes et de leur intoxication. Rentr&#233; en France, il y a un an environ, il a effectu&#233; toute une tourn&#233;e dans les ports de guerre de la M&#233;diterran&#233;e et de l'Oc&#233;an o&#249; la fumerie d'opium s&#233;vit ; les fumeries d'opium de Paris n'ont pas non plus &#233;t&#233; oubli&#233;es par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabrice Delphi (1877-1937) - &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6438470h.r=Fabrice+Delphi.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Opium &#224; Paris&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; - 1907&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pradier, po&#232;te, litt&#233;rateur, improvisateur et chansonnier - 1867</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=259</link>
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		<dc:date>2014-04-24T11:08:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Place du Chatelet et du Chateau-d'Eau, mais de pr&#233;f&#233;rence sur le pont des Arts, se tenait un grand gar&#231;on, &#224; l'aspect distingu&#233; ; v&#234;tu assez proprement, invariablement coiff&#233; d'un chapeau haut de forme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son mat&#233;riel se composait d'une chaise qu'il empruntait &#224; un marchand de vin des environs, et d'une bo&#238;te semblable &#224; celles que portent les placiers en bijouterie. En arrivant &#224; sa place, il ouvrait sa bo&#238;te, montait sur sa chaise et commen&#231;ait &#224; lire ses productions. Il &#233;tait tout : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Place du Chatelet et du Chateau-d'Eau, mais de pr&#233;f&#233;rence sur le pont des Arts, se tenait un grand gar&#231;on, &#224; l'aspect distingu&#233; ; v&#234;tu assez proprement, invariablement coiff&#233; d'un chapeau haut de forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son mat&#233;riel se composait d'une chaise qu'il empruntait &#224; un marchand de vin des environs, et d'une bo&#238;te semblable &#224; celles que portent les placiers en bijouterie. En arrivant &#224; sa place, il ouvrait sa bo&#238;te, montait sur sa chaise et commen&#231;ait &#224; lire ses productions. Il &#233;tait tout : po&#232;te, litt&#233;rateur, improvisateur et chansonnier ; il lisait d'une fa&#231;on charmante, puis vendait ensuite &#224; ses auditeurs ses compositions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;132&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pont_des_arts.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pont_des_arts.jpg' width='500' height='791' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Partie gauche de panorama avec la passerelle des Arts et l'Institut - Gustave Le Gray (1820-1884) - 1859 - D&#233;tail
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84578434/f1.item.r=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : Gallica&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il affectionnait plus particuli&#232;rement lire un extrait des &lt;i&gt;Filles de Boh&#232;me&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauvres enfants perdus qui vivez de la rue,&lt;br class='manualbr' /&gt;H&#233;las ! par les baisers du soleil qui vous mord, &lt;br class='manualbr' /&gt;Vous que l'on voit jeter &#224; la foule accourue &lt;br class='manualbr' /&gt;Vos rires ou vos pleurs, ah ! votre triste sort &lt;br class='manualbr' /&gt;M'ennuie, et je vous plains, natures fourvoy&#233;es, &lt;br class='manualbr' /&gt;Car, sous vos oripeaux, qu'insulte le passant,&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne vois que des maux, que des &#226;mes broy&#233;es, &lt;br class='manualbr' /&gt;Des hommes comme nous, de la chair et du sang.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ah ! lorsque moi qui sais, de toutes ces mis&#232;res, &lt;br class='manualbr' /&gt;Lire dans ces lambeaux les douloureux secrets, &lt;br class='manualbr' /&gt;Je vois l'homme &#233;tranger &#224; ces tristes myst&#232;res, &lt;br class='manualbr' /&gt;S'arr&#234;ter, regarder, rire et s'enfuir apr&#232;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je dis : si tu savais ce qu'il faut de courage, &lt;br class='manualbr' /&gt;De ressources, d'audace et d'impossibles efforts, &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour arracher du corps ce haillon de l'outrage, &lt;br class='manualbr' /&gt;Oh ! tu t'inclinerais devant cet homme fort, &lt;br class='manualbr' /&gt;Certes, je ne veux pas po&#233;tiser la fange, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et le vice n'a pas en moi un d&#233;fenseur. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mais l'homme peut tomber, l'homme n'est pas un ange ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Et s'il tombe, sa main trouve-t-elle une s&#339;ur ?...&lt;br class='manualbr' /&gt;Non, sur le Golgotha, secouant son suaire, &lt;br class='manualbr' /&gt;Quand monta sur les cieux le grand crucifi&#233; ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Il laissa sur nos c&#339;urs en tomber la poussi&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et chaque c&#339;ur sali resta p&#233;trifi&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je vous pardonne donc, &#244; rats de la Boh&#232;me, &lt;br class='manualbr' /&gt;De traiter les humains comme des ennemis, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et puisqu'il n'est ici personne qui vous aime...&lt;br class='manualbr' /&gt;De vivre librement des restes des fourmis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce boh&#233;mien se nommait &lt;i&gt;Pradier&lt;/i&gt;, et il &#233;tait lettr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai sous les yeux une brochure de lui intitul&#233;e : &lt;i&gt;Un contemporain aussi&lt;/i&gt;, qui porte pour &#233;pigraphe ces deux vers de Virgile :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.....Quaeque ipse miserrima vidi &lt;br class='manualbr' /&gt;Et quorum pars magna fui.....&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;....Tristes &#233;v&#232;nements que j'ai vus moi-m&#234;me, Et auxquels j'ai pris une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www2.biusante.parisdescartes.fr/livanc/?cote=APHPF00332&amp;do=pages&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/pradier.jpg' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa s&#233;ance termin&#233;e, Pradier ramassait &lt;i&gt;ses outils&lt;/i&gt; et allait tr&#232;s tranquillement faubourg du Temple, au coin du canal, chez Doisteau, le distillateur renomm&#233; de la boh&#232;me d'alors, parce qu'il ne vendait ses absinthes que trois sous et qu'elles &#233;taient copieuses ; l&#224;, en compagnie de Privat d'Anglemont, Vinet, Santiago, Jacquemart, etc., etc., les &lt;i&gt;tourn&#233;es&lt;/i&gt; succ&#233;daient aux &lt;i&gt;tourn&#233;es&lt;/i&gt;. Quelquefois, &#224; onze heures du soir, aucun d'eux n'avait song&#233; &#224; manger ; alors Pradier ou Privat, Pradier quand la recette avait &#233;t&#233; fructueuse, Privat quand il avait plac&#233; un article faisait les frais du souper : une livre de pain, du boudin rassis, le tout arros&#233; avec... de l'absinthe pour changer ; cela durait jusqu'&#224; minuit. Minuit &#233;tait une heure trop raisonnable pour se s&#233;parer, aussi la bande descendait-elle bras dessus bras dessous vers le quartier des Halles, o&#249; se dirigeait-elle vers les assommoirs situ&#233;s dans les quartiers excentriques, en ruminant les projets les plus extravagants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://silos.ville-chaumont.fr/flora/jsp/index_view_direct_anonymous.jsp?record=default:UNIMARC:80793&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/absinthe.jpg' width='475' height='600' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Privat, qui se sentait mourir, ne r&#234;vait qu'un bon lit bien blanc, o&#249; il p&#249;t mourir &#224; l'aise : &#171; A quoi bon, leur disait-il, songer &#224; l'avenir, puisque l'avenir, pour nous, c'est la fosse commune ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve du malheureux a &#233;t&#233; accompli, car il mourut &#224; la maison Dubois le 18 juillet 1859.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Pradier, qui r&#234;vait les palmes de l'Acad&#233;mie, il n'avait choisi le pont des Arts que pour en &#234;tre plus proche, il fut nomm&#233; inspecteur des vidanges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle chute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pradier mourut quelques ann&#233;es plus tard &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles Virma&#238;tre &#8212; &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6496050d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Paris qui s'efface&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#8212; 1867&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1348676.r=Pradier.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Boh&#234;miennes, po&#233;sies par Charles Pradier Auteur : Pradier, Charles &#201;diteur : l'auteur (Paris) Date d'&#233;dition : 1854&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57899068.r=Pradier.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;moires d'un spahis, ou Six ans en Afrique, par Charles Pradier - 1852&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www2.biusante.parisdescartes.fr/livanc/?cote=APHPF00332&amp;do=livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Pradier - Un contemporain aussi, Duchesne, le dentiste - 1857&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alexandredumas.org/eJ/journal/Le_Mousquetaire/1855-06-10#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Pradier par Victor Fournel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2694343/f7.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Figaro - 13 janvier 1856 - Le Bouge et la Rue de Charles pradier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k590756b/f1.image.r=%22charles%20pradier%22.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Souvenirs de la rue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7518946g/f3.image.r=%22charles%20pradier%22.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paris Lugubre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=jTpSw1yVbicC&amp;pg=PA69&amp;dq=victor+fournel+pradier&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=Ss9HU7KhNNPn7AbzrYHwBg&amp;ved=0CDIQ6AEwAA#v=onepage&amp;q=victor%20fournel%20pradier&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fournel sur Pradier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lavieparisie00alm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vie parisienne : sous le r&#232;gne de Louis-Philippe (1911)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&amp;adv=1&amp;tri=&amp;t_relation=cb31448036z&amp;q=M%C3%A9moires+de+Bilboquet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Petits Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&amp;adv=1&amp;tri=&amp;t_relation=cb31448026n&amp;q=M%C3%A9moires+de+Bilboquet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les M&#233;moires de Bilboquet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;....Tristes &#233;v&#232;nements que j'ai vus moi-m&#234;me, Et auxquels j'ai pris une grande part....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eug&#232;ne de Pradel, improvisateur - 1847</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=258</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un improvisateur d'un autre genre &#233;tait Eug&#232;ne de Pradel, j'ai conserv&#233; une de ses cartes. elle date de 1847. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est extr&#234;mement curieuse, la voici textuellement : &lt;br class='autobr' /&gt;
Soir&#233;es particuli&#232;res d'improvisation pour les salons de Paris, par le comte E. de Pradel (des ducs de Bouillon), seul improvisateur en vers fran&#231;ais. Ces soir&#233;es, d'une remarquable distinction, sont aussi d&#233;centes que r&#233;cr&#233;atives et font passer l'esprit d'&#233;tonnements en &#233;tonnements. Elles se composent des morceaux suivants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un improvisateur d'un autre genre &#233;tait Eug&#232;ne de Pradel, j'ai conserv&#233; une de ses cartes. elle date de 1847.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est extr&#234;mement curieuse, la voici textuellement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soir&#233;es particuli&#232;res d'improvisation pour les salons de Paris, par le comte E. de Pradel (des ducs de Bouillon), seul improvisateur en vers fran&#231;ais. Ces soir&#233;es, d'une remarquable distinction, sont aussi d&#233;centes que r&#233;cr&#233;atives et font passer l'esprit d'&#233;tonnements en &#233;tonnements. Elles se composent des morceaux suivants : Monologues et sc&#232;nes dramatiques. &#8212; Inscriptions sur des personnes c&#233;l&#232;bres. &#8212; &#201;chos. - Accouplements de mots les plus bizarres, offrant le moins de rapports ensemble. &#8212; Rimes occultes. &#8212; Bouts rim&#233;s.&#8212; Monorimes, &#233;chelles po&#233;tiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;ance d'improvisation, pouvant se restreindre ou s'&#233;tendre au gr&#233; des ma&#238;tres de maison, dure ordinairement une heure, une heure trois quarts, ou deux heures un quart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite soir&#233;e, soir&#233;e moyenne, soir&#233;e compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On traite &#224; des prix mod&#233;r&#233;s et directement avec M. de Pradel, de une heure &#224; trois, rue Croix-des-Petits-Champs, 33. Il est bon de s 'inscrire quelques jours &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Eugene_Pradel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/Eugene_Pradel.jpg' width='500' height='392' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les petits journaux s'&#233;gay&#232;rent aux d&#233;pens de M. le comte de Pradel (des ducs de Bouillon). Il &#233;tait plus fort que Duval, le bouillon allait en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charles Virma&#238;tre &#8212; &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6496050d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Paris qui s'efface&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#8212; 1867&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=JgUUAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_ge_summary_r&amp;cad=0#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eug&#232;ne de Pradel &#224; Bruxelles en 1839 : soir&#233;es phr&#233;nologico-magn&#233;tiques et litt&#233;raires, dict&#233;es de C&#233;sar, po&#233;sies, improvisations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=EtJNAAAAcAAJ&amp;pg=PA2&amp;lpg=PA2&amp;dq=Eug%C3%A8ne+de+Pradel&amp;source=bl&amp;ots=_UHtm1blDu&amp;sig=X1orRmjKUV66n_kG4Nuljj2hayE&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=IlBKU9fRBaem0QWR14CoAQ&amp;ved=0CFsQ6AEwCg#v=onepage&amp;q=Eug%C3%A8ne%20de%20Pradel&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manuscrits autographes d'Eug&#232;ne de Pradel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un canard de haut vol - 1868</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=233</link>
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		<dc:date>2014-04-02T07:58:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;tymologie du mot canard est assez amusante : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un journaliste belge, qui poussait le patriotisme jusqu'&#224; trouver ridicules les nouvelles publi&#233;es par les journaux des &#171; Fransquillons &#187;, imagina d'en fabriquer une qui d&#233;passerait toutes les autres en invraisemblance ; il prit pour th&#232;me la voracit&#233; du canard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vingt de ces volatiles &#233;taient r&#233;unis ; on hacha l'un d'eux avec ses plumes et on le servit aux autres qui le d&#233;vor&#232;rent gloutonnement, apr&#232;s quoi on en sacrifia un second, qui eut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;tymologie du mot &lt;i&gt;canard&lt;/i&gt; est assez amusante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un journaliste belge, qui poussait le patriotisme jusqu'&#224; trouver ridicules les nouvelles publi&#233;es par les journaux des &#171; Fransquillons &#187;, imagina d'en fabriquer une qui d&#233;passerait toutes les autres en invraisemblance ; il prit pour th&#232;me la voracit&#233; du canard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt de ces volatiles &#233;taient r&#233;unis ; on hacha l'un d'eux avec ses plumes et on le servit aux autres qui le d&#233;vor&#232;rent gloutonnement, apr&#232;s quoi on en sacrifia un second, qui eut le m&#234;me sort, et enfin successivement tous les canards jusqu'&#224; ce qu'il n'en rest&#226;t plus qu'un seul qui, dans l'espace d'une journ&#233;e, se trouva avoir aval&#233; les dix-neuf autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette plaisanterie eut un succ&#232;s immense, elle fit le tour du monde ; alors son auteur la d&#233;mentit ; mais le mot &lt;i&gt;canard&lt;/i&gt; resta comme synonyme de fausses nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530041340.r=faubourg+Montmartre.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/journeaux_montmartre.jpg' width='461' height='600' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Une femme porteuse de journaux &#224; Paris, Faubourg Montmartre - Agence Rol. Agence photographique - 1917&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un canard de haut vol&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1868, une apr&#232;s midi du mois de d&#233;cembre, il faisait un froid de loup ; les trottoirs &#233;taient couverts d'une &#233;paisse couche de neige glac&#233;e. Malgr&#233; cette temp&#233;rature sib&#233;rienne, une foule immense encombrait le faubourg Montmartre, au point d'arr&#234;ter la circulation. Une escouade de sergents de ville &#233;tait impuissante &#224; disperser la foule sans cesse grossissante. Le fameux : Circulez, messieurs, n'&#233;tait entendu de personne, chacun voulait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un entrefilet du journal la &lt;i&gt;France&lt;/i&gt; &#233;tait cause de ce tumulte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup&gt;Un mari outrag&#233; a tir&#233; un coup de pistolet sur le ravisseur de sa femme, M. D., ancien contr&#244;leur des Folies- Dramatiques.&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup&gt;Pendant toute la journ&#233;e, des groupes ont stationn&#233; devant le num&#233;ro 30 du faubourg Montmartre, o&#249; se sont d&#233;roul&#233;es, la veille, les p&#233;rip&#233;ties du tragique &#233;v&#233;nement et o&#249; g&#238;t le cadavre de la victime.&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup&gt;Une large t&#226;che de sang descendant du troisi&#232;me &#233;tage, le long du mur, &#233;tait l'objet de la curiosit&#233; de la foule.&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt; envoya un reporter aux informations et le lendemain elle imprimait ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup&gt;- La longue tra&#238;n&#233;e de sang qui macule l'angle de la maison portant le num&#233;ro 30 du faubourg Montmartre, provient tout simplement d'un pot d'encaustique qu'un locataire, en attendant de l'employer pour vernir son parquet, avait plac&#233; sur l'appui de la fen&#234;tre. Un chat l'avait renvers&#233; en jouant et l'encaustique avait coul&#233; : de l&#224;, la fameuse tra&#238;n&#233;e.&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup&gt;La police a fait passer une couche de blanc sur la pr&#233;tendue tache de sang.&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me soir, la foule &#233;tait encore plus consid&#233;rable que la veille ; elle ne regardait plus la &lt;i&gt;tache de sang&lt;/i&gt;, mais la &lt;i&gt;place&lt;/i&gt; o&#249; avait &#233;t&#233; la tache ! et les vendeurs de journaux hurlaient &#224; tue-t&#234;te : demandez les derniers d&#233;tails du drame du faubourg Montmartre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64720103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paris-canard&lt;/a&gt; - Charles Virmaitre - 1888&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64720103&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/paris_canard.jpg' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les carri&#232;res de Montmartre - 1860</title>
		<link>http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=article&amp;id_article=252</link>
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		<dc:date>2014-02-18T21:17:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on la Lune</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vers 1844 ou 1845, avis&#233;, par les r&#233;cits que faisaient les journaux, qu'une partie de la montagne de Montmartre s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e de la pointe qui regarde le faubourg Saint-Denis, et &#233;tait descendue sur les maisons de la rue Saint-Andr&#233;, qu'elle avait &#233;cras&#233;es, la curiosit&#233; me poussa &#224; aller voir, comme beaucoup d'autres, ce qu'il en &#233;tait. Je vis en effet qu'une masse consid&#233;rable s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e de la montagne, avait gliss&#233; tout d'un bloc sans &#234;tre boulevers&#233;e, et avait englouti des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://parisanecdote.usebynet.com/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=7" rel="directory"&gt;Curiosit&#233;s litt&#233;raires, infernales et pittoresques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vers 1844 ou 1845, avis&#233;, par les r&#233;cits que faisaient les journaux, qu'une partie de la montagne de Montmartre s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e de la pointe qui regarde le faubourg Saint-Denis, et &#233;tait descendue sur les maisons de la rue Saint-Andr&#233;, qu'elle avait &#233;cras&#233;es, la curiosit&#233; me poussa &#224; aller voir, comme beaucoup d'autres, ce qu'il en &#233;tait. Je vis en effet qu'une masse consid&#233;rable s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e de la montagne, avait gliss&#233; tout d'un bloc sans &#234;tre boulevers&#233;e, et avait englouti des jardins avec leurs arbres, ainsi que les murs de cl&#244;ture, &#233;cras&#233; deux maisons et fortement endommag&#233; une troisi&#232;me, dont les habitants avaient d&#233;camp&#233;, avertis qu'ils &#233;taient par les hurlements des chiens, qui avaient ressenti le travail de la commotion prochaine. Cette masse n'&#233;tait pas boulevers&#233;e, comme on aurait pu le croire ; non ! elle avait gliss&#233; si tranquillement sur une nappe d'eau et un lit de glaise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai revu, en mars 1860, des sources d'eau d'o&#249; cette masse s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que des petits arbrisseaux et des herbes, pouss&#233;s &#224; la surface du sol, n'avaient pas &#233;t&#233; d&#233;rang&#233;s. La v&#233;g&#233;tation continuait son travail comme si le fait n'&#233;tait pas arriv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77402983.r=Carri%C3%A8res+de+Montmartre.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/1.jpg' width='500' height='643' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Carri&#232;res &#224; l'Est de Montmartre - Dessin de Louis Thi&#233;non - 1826&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'occasion de voir cette sc&#232;ne &#233;trange m'en procura une autre, celle de voir les carri&#232;res de cette m&#234;me montagne de Montmartre, d'o&#249; l'on extrait depuis des si&#232;cles de la pierre &#224; b&#226;tir, mais plut&#244;t &#224; pl&#226;tre. Comme ces carri&#232;res &#233;taient tout pr&#232;s de la butte d&#233;plac&#233;e, je for&#231;ai la consigne, qui &#233;tait une barri&#232;re en bois, et j'entrai dans ces souterrains. Ils avaient quatre grandes entr&#233;es. Je parcourus les galeries, mais pas autant que je l'aurais voulu. Les piliers de sout&#232;nement &#233;taient gros, &#233;pais et hauts, &#224; chapiteaux &#233;tendus. Dans les profondeurs des galeries souterraines qui s'ouvraient devant moi j'apercevais comme des ombres fantastiques ; c'&#233;taient des charretiers qui chargeaient leurs voitures de pierres. Dans un endroit de l'une de ces galeries la vo&#251;te &#233;tait crev&#233;e ; de la terre et des petits arbres avec leur motte de terre &#233;taient descendus dans la galerie ; je vis la vo&#251;te du ciel &#224; travers la vo&#251;te de terre. A cette vue je sentis un frisson parcourir tout mon corps, je sortis bien vite d'un endroit aussi p&#233;rilleux, en regrettant de ne pouvoir explorer ces int&#233;ressantes galeries.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/2.jpg' width='500' height='572' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Carri&#232;res de Montmartre : 18&#232; Butte Montmartre Clignancourt - Dessin de Pierre-Adolphe Varin - 1838
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces carri&#232;res-l&#224; auraient pu mieux servir de catacombes de Paris que les trous qui leur ont &#233;t&#233; consacr&#233;, s'il n'avait pas &#233;t&#233; dangereux pour le village de Montmartre de les conserver.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77402894.r=Carri%C3%A8res+de+Montmartre.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/3.jpg' width='500' height='616' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;A Montmartre. Masures &#224; l'entr&#233;e d'une carri&#232;re - 1832&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s le d&#233;placement de la butte dont j'ai parl&#233; plus haut, et vu les accidents, les pertes qu'elle avait caus&#233;es aux propri&#233;taires et aux locataires des maisons englouties, et dont deux sont encore sous terre, rue Saint-Andr&#233;, nos 21 et 22 (la troisi&#232;me, n&#176;20, est relev&#233;e), et la frayeur caus&#233;e aux habitants de ce quartier populeux, l'autorit&#233; prit des mesures pour &#233;viter de plus grands malheurs ; car les galeries souterraines en question approchaient sous les maisons de Montmartre sises au-dessus de ces carri&#232;res ; il &#233;tait &#224; craindre que la commotion produite par la descente de cette butte et que le vide qu'elle faisait au flanc de la montagne ne produis&#238;t un nouveau travail souterrain, et qu'un autre d&#233;placement plus consid&#233;rable encore et plus grave venant &#224; se produire, ne fit descendre les maisons et les habitants dans les carri&#232;res, et par suite &#233;branler et renverser la lourde construction de l'&#233;glise. L'autorit&#233;, dis-je, fit cesser les travaux des carriers, d&#233;molir les entr&#233;es, combler ces cavit&#233;s, d&#233;truire les fours &#224; pl&#226;tre, remblayer le tout ; et sur l'emplacement de ces fours et des carri&#232;res effondr&#233;es on a form&#233; une belle place avec un rond-point au milieu, o&#249; se trouve une fontaine entour&#233;e d'un petit parterre et surmont&#233;e de la statue de saint Pierre, patron de Montmartre, village qui est maintenant r&#233;uni &#224; la ville de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77402968/f1.item&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/4.jpg' width='480' height='768' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue de la Cariere [sic] &#224; Platre de Montmartre, du Cot&#233; de Monceau - 1786&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette place sert &#224; toutes sortes de jeux les dimanches et les f&#234;tes. Une foule de saltimbanques, v&#233;ritable colonie de boh&#233;miens, n'ayant d'autre g&#238;te nocturne que leurs mis&#233;rables charrettes, y &#233;talent leurs th&#233;&#226;tres en plein vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L F. Hivert - &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=mPtDCw9fUvYC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_ge_summary_r&amp;cad=0#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Esquisse sur les catacombes de Paris et sur les catacombes de Rome, la montagne Montmartre et le mont Val&#233;rien&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; - 1860&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77402916.r=Carri%C3%A8res+de+Montmartre.langFR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://parisanecdote.usebynet.com/IMG/jpg/5.jpg' width='500' height='740' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue de Montmartre. Carri&#232;re et tour du T&#233;l&#233;graphe - 1826&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai revu, en mars 1860, des sources d'eau d'o&#249; cette masse s'&#233;tait d&#233;tach&#233;e.&lt;/p&gt;
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