Avec une audace incroyable, une bande nocturne démolissait les devantures et pillait les boutiques.
Elle apportait même dans ses exploits une sorte de fantaisie.
Ces estimables voyous entrèrent un soir chez M. J., faubourg Saint-Martin, et y burent et mangèrent toute la nuit, sans rien emporter, pas même la timbale d’argent avec laquelle ils avaient trinqué.
Les agents, prévenus, surveillèrent le quartier ; ils aperçurent, une nuit, un individu au guet à l’angle d’une rue latérale ; (…)
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23 février 2015, par Léon la Lune -
Silhouettes De Paris : Chopi - 1924
30 janvier 2015, par Léon la Lune"Le seul aspect de cet homme décourageait la vermine." Léon Bloy.
Je les ai tous connus autrefois, ces vagabonds, mais la guerre, la vieillesse et la maladie ont eu raison des plus robustes, et la petite place où ils venaient, d’habitude, s’asseoir, pour dormir au soleil, est aujourd’hui déserte. Il y avait là Pampelune, l’idiot ; Félix, un ancien fripier tombé dans la misère noire. Jacques Trinom, qui avait la folie des grandeurs, et à qui l’on faisait croire qu’il était, tour à tour, le (…) -
Un club bien fréquenté - Les « Truands Baveux » se « rencontrent » au Sébasto - 1924
15 janvier 2015, par Léon la LuneDeux blessés
Maria l’Ivrognesse, membre du Club des « Truands Baveux », sait parfaitement stimuler l’épilepsie, que d’aucuns nomment le « haut mal ». Maria l’Ivrognesse sait également être la mère désolée à la recherche d’une arche à sec pour abriter son bébé. Elle pleure au « commandement » et connaît tous les agents, ceux qui, philosophes, haussent les épaules lorsqu’elle est trop ivre, ceux qui l’emmènent aux postes et ceux qui l’ignorent, mais qu’elle connaît.
Maria l’Ivrognesse est (…) -
Les porteurs d’eau
26 décembre 2014, par Léon la LuneIl fut autrefois un métier connu, mais qui aujourd’hui est bien ignoré, par la raison toute simple qu’il n’existe plus guère. Nous voulons parler des porteurs d’eau. C’était, comme on dit vulgairement, un métier de chien, bien que les chiens n’aient jamais, que nous sachions, approvisionné d’eau les ménages parisiens. D’abord, pourquoi dit-on « un métier de chien » ? Nous voudrions bien que le Courrier de Vaugelas, ou l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, nous renseignât sur ce (…)
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Un bal de charcutier à la barrière des Deux-Moulins - 1842
17 décembre 2014, par Léon la LuneDans la crainte qu’une scène semblable se renouvelât, je quittai la barrière Ménilmontant, et je m’en allai jouer aux Deux-Moulins, lieu autrement appelé Barrière d’Ivry. Là, je crus du moins pouvoir rire sans danger. Bien que cette barrière ne soit pas à beaucoup près aussi fréquentée par le beau monde ; malgré le voisinage de Bicètre et de l’hôpital, les poètes ne viennent guère en ce lieu, et les musiciens n’ont rien à redouter de pareils fous.
Le dimanche suivant donc, je m’installai (…) -
Le réserviste du Canal St-Denis - 1881
15 décembre 2014, par Léon la LuneMe promenant de nuit dernièrement sur les bords du canal Saint-Denis, je fis cette remarque que ces parages sont hantés par des nuées de vagabonds et complètement dénués de surveillance.
Rien de plus facile que l’assassinat dans ces lieux déserts, surtout quand on connaît le procédé dont se servent les escarpes qui ornent les solitudes de La Villette.
Les cadavres retrouvés dans le canal portent rarement des traces de blessures ou de contusions.
Par là, les assassins ont une façon (…) -
A travers les égouts de Paris - 1906
5 décembre 2014, par Léon la LuneAu petit matin, quand Paris dort encore, de tous côtés, l’armée des cantonniers s’arme et se répand, couvre l’asphalte et les pavés. A coups de boulins et de rabot, les poussières, les boues, les feuilles tombées, les papiers vagues, tous les déchets d’hier sont poussés au ruisseau. Les prises d’eau s’ouvrent à la marge des trottoirs. Les fontaines coulent à flots, entraînant ces débris vers les souillards publics : et ce balayage matinal est le premier pourvoyeur de l’égout.
Paris (…) -
Le faubourg Saint Marceau - 1828
26 novembre 2014, par Léon la LuneRespicere exemplar vitœ morumque jubebo Doctum imitatorem, et veras hinc ducere voces.
Hor., Art poét.
Vous croyez connaître Paris, homme du monde, homme de lettres, dont les mœurs élégantes et le langage épuré semblent aujourd’hui si gothiques au milieu de l’opulent quartier où le salutaire agiotage va régénérer la France dans les eaux du Pactole ; détrompez-vous. Si vos méditations sont demeurées étrangères au langage de la scène qui voit briller l’immortel Odry ; si vous n’allez pas (…) -
Petite histoire de l’église de Saint-Julien le Pauvre
13 novembre 2014, par Léon la LuneLa disparition de l’ancien Hôtel-Dieu, tombé enfin sous la pioche des démolisseurs, a donné aux vrais amis de Paris tous les espoirs, toutes les craintes aussi. Que va-t-on faire du terre-plein qui longe maintenant l’antique rue de la Bûcherie ? A quelle bâtisse odieusement pimpante, laissera-t-on prendre des airs de parvenue sur le vénérable terrain qui porte encore un fragment de l’enceinte de Philippe Auguste et où se peut toujours admirer l’un des plus rares spécimens de l’architecture (…)
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Les amis des moineaux parisiens - 1902
6 novembre 2014, par Léon la LuneLes moineaux de Paris sont populaires. Hôtes babillards et heureux de nos grands jardins, ils ont une allure effrontée qui plaît. Le passant fait volontiers un détour pour ne pas les déranger dans leur picorée ; souvent même il s’arrête et suit, d’un œil amusé, leurs ébats.
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