« Léo Lespès se préparait à sortir pour aller diner et achevait une toilette victorieuse, — c’est-à-dire il essayait des cravates rouges et des gilets de velours, — lorsque le tailleur Bilderbeck entra chez lui sur la pointe du pied. — Ah ! c’est vous, monsieur Bilderbeck ? — Comme vous voyez, monsieur Lespès. — Tiens ! on vous a laissé entrer ?... Le tailleur réprima une grimace et répondit à cette remarque désobligeante par les mots suivants, accompagnés d’un sourire malin : — Oh ! (…)
Articles les plus récents
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Léo Lespès, alias Timothée Trimm, et son tailleur
23 avril 2012, par Léon la Lune -
Alfred de Caston, polytechnicien, faiseur de tours de cartes, professeur de mnémotechnie, illusionniste, voyageur, écrivain...
21 avril 2012, par Léon la LuneAlfred de Caston (1821-1882) : Célèbre prestidigitateur, ancien élève de l’École polytechnique, membre de la Société des gens de lettres, né Antoine Aurifeuille, en 1821. Il a publié quelques ouvrages traitant de sa science spéciale. (Dictionnaire des pseudonymes, recueillis par Georges d’Heylli - 1887)
Il a également écrit un Traité d’arithmétique en 1859 et laissé son nom à des formules mathématiques de factorisation.
Il fut aussi l’ami d’Alexandre Privat d’Anglemont avec qui il (…) -
Le Conservatoire des mendiants - 1885
21 avril 2012, par Léon la Lune« Ô Privat d’Anglemont, où es-tu ?
On enterrait, l’autre jour, à la Chapelle, un de ces types dont tu dévoilas les industries innommées, et qui méritait une place d’honneur dans ta galerie haillonneuse et macabre.
Celui qu’une escorte de loqueteux, échappée de je ne sais quelle géhenne, accompagnait à sa dernière demeure fut, de son vivant, un homme de génie, — le mot n’a rien d’excessif. Sa vie a prouvé que la misère ne tue pas tout le monde, et sa mort que la faim n’est pas toujours, (…) -
La voyante de Privat d’Anglemont, de Gerard de Nerval et du Vicomte de Caston
20 avril 2012, par Léon la Lune[|
La sybille de l’échafaud, par Alfred de Caston [1]
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« Je me trouvais en voiture avec Privat d’Anglemont.
Tout à coup, une de ces idées bizarres, comme il en vient aux malades, traversa la tête de mon ami.
-- Sais-tu tirer les cartes ? me demanda-t-il.
-- Ma foi non répondis-je.
-- Ah ! tant pis.
-- Pourquoi cela ?
-- Parce que, me dit Privat, j’ai une envie folle de me les faire tirer. Tiens, ajouta-t-il, si tu étais bien aimable, tu viendrais avec moi je connais une (…) -
Rapport du sieur Vincent, agent de police, sur le dîner que l’état-major de la Confrérie des mendians de la capitale donna, dans l’année 1786, chez un marchand de vin de la rue Saint-Jacques
20 avril 2012, par Léon la Lune« Je me suis transporté chez le sieur Drouet, cabaretier, près de l’Estrapade. Il avait fait, dès le matin, enlever les cloisons d’une salle basse dont les fenêtres grillées donnent sur le clos des Génovéfains. Une table en fer-à-cheval large et clouée sur de puissans tréteaux se trouvait disposée, chargée de près de deux cents couverts.
Le sieur Drouet, que je connais de longue date consentit à satisfaire ma curiosité et me fit passer près des commissaires ordonnateurs du festin pour un (…) -
Paris la nuit en 1910, par Georges Cain, conservateur du musée Carnavalet de 1897 à 1919
19 avril 2012, par Léon la Lune[| Autour de Saint-Merri - L’hôtel de la Haute-Loire - Chez Emile - Le Caveau des Halles|]
« Onze heures ; de gros nuages violacés passent devant la lune, et parfois des coups de tonnerre mêlés d’éclairs— tels des jets de lumière électrique— découpent sur le ciel les silhouettes aiguës de l’immense ville... Dans le grand atelier où ils achèvent les cigares, nos amis s’énervent... Ils ont hâte de partir, d’aller fouiller quelques coins bizarres, tragiques ou comiques du Paris nocturne. (…) -
Le galion de Privat d’Anglemont - Souvenirs de Théodore de Banville - 1882
18 avril 2012, par Léon la Lune« Privat d’Anglemont, un des parisiens restés légendaires, a été très mal connu, parce que tout en lui était invraisemblable. Quand je le vis pour la première fois, en 1841, c’était un très beau jeune homme, grand, svelte, élancé, aux traits réguliers et d’une distinction parfaite. Il avait du sang mêlé dans les veines ; cependant ses mains , sur lequel courait une barbe légère, étaient extrêmement blancs, et ses yeux couleurs d’or contrastaient bizarrement avec sa longue chevelure crépue, (…)
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Un cabaret de chiffonniers dans le quartier Mouffetard - Alfred Delvau - 1862
18 avril 2012, par Léon la Lune« Il est, dans le quartier Mouffetard, une vieille rue du XVIème siècle, tortueuse, pénimeuse, squalide, dont toutes les maisons suent la misère et l’humidité, dont toutes les fenêtres sont chassieuses,- la rue Neuve-Saint-Médard.
Cette rue est digne de ce quartier, qui rappelle désagréablement certains quartiers malsains de Londres (certains districts de Saint-Gilles, les bas quartiers de Westminster et les deux extrémités de White-Chapel) où s’agglomèrent les beggars. Là comme ici, ici (…) -
Les hirondelles - 1899
17 avril 2012, par Léon la Lune« Les « trucs » dont se servent les agents des mœurs pour arrêter les hirondelles sont parfois amusants.
Il y a quelque temps le Préfet de police a reçu d’un « groupe de pères de famille » du quartier Saint-Georges une plainte dénonçant les agissements scandaleux d’une certaine Maria dite « Fesse en l’Air », hirondelle de la pire espèce racolant du matin au soir par la fenêtre de son logement de la rue La Rochefoucauld.
Maria était insatiable. Tout lui était bon : hommes mariés, vieux (…) -
L’éleveuse de fourmis, le marchand d’asticot, les écosseuses de pois et les cuiseuses d’artichauts - 1882
16 avril 2012, par Léon la Lune« Je ne peux pas rééditer l’admirable série de Privat d’Anglemont : Les Métiers inconnus. Pourtant il est quelques industries étranges qu’il est bon que je décrive.
Par exemple, tenez, avez-vous jamais entendu parler des éleveuses de fourmis ?
C’est cependant une profession et je connais une jeune femme, répondant au doux nom de Blanche, qui l’exerce. Elle a l’aspect terrible ; sa figure et ses mains sont tannées comme si elles avaient été préparées par un habile ouvrier en peau de (…)