Paroles de M. Apollinaire Catala, Ouvrier Menuisier
Air de ta Lionne, ou de Vive Paris
Mais pourquoi donc toutes ces barricades, Pourquoi ces cris, ces lugubres tambours ; Au loin, j’entends, j’entends les fusillades, Et le canon démolir nos faubourgs. Nous battre ainsi, quand nous sommes tous frères ! Loin de montrer tant d’inhumanité, Secourons-nous et soyons tutélaires, Voilà le but de la Fraternité ! Tous les ouvriers ne sont point communistes, De dons si purs ne viennent (…)
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Les sentiments d’un insurgé - 1848
21 décembre 2012, par Léon la Lune -
Tire-laine - 1865
14 décembre 2012, par Léon la LuneOn cite un tireur émérite, désigné dans la haute pègre sous le pseudonyme de Tire-laine. Il n’est pas moins habile que le fameux Mimi Preuil, surnommé le roi des tireurs.
Tire-laine est mis avec une grande recherche, une grande distinction ; il a des mains blanches et fines qu’il soigne avec une attention toute particulière ; seulement, pour les besoins de sa profession, il ne porte ni gant ni canne a la main droite.
En revanche, il est toujours pourvu d’une paire de ciseaux, appelés (…) -
L’Égouttier - 1842
13 décembre 2012, par Léon la LuneDans les grandes villes, tout est grossi, développé, revêtu de proportions gigantesques ; toutes les grandeurs et toutes les misères sont concentrées, groupées, mises en relief. Si, d‘un coté, les lumières intellectuelles y répandent un rayonnement immense, de l’autre, les vices nous épouvantent par leur active propagation. A côté de vastes palais se trouvent de vastes réceptacles d’immondices ; et, pour recevoir les fanges de la cité, il a fallu creuser des canaux souterrains dont le (…)
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Les Métiers des Pauvres : Les Chanteurs ambulants - 1868
10 décembre 2012, par Léon la LuneLes démolitions viennent de raser tout un quartier malsain, bâti sur le versant de la montagne Sainte-Geneviève, entre l’École polytechnique et la rue Saint-Victor.
Le long des murs de l’École rampait une ruelle tortueuse malpropre, boueuse en toute saison, et nommée rue Traversine. Là demeuraient de nombreux chiffonniers qui sont allés grossir les agglomérations d’industriels de nuit qui peuplent l’île des Singes, la cité Doré et la butte aux Cailles.
De la rue Traversine descendaient, (…) -
Le Temple - Etude de mœurs parisiennes - 1857
3 décembre 2012, par Léon la Lune— Savez-vous ce que c’est que le Temple ?... Si vous êtes riche, ma question vous fera faire la moue et vous répondrez dédaigneusement : « A quoi bon connaître le Temple ? »
Si vous êtes pauvre, ô ami lecteur, vous soupirerez avec convoitise, en répliquant : — « Hélas ! je ne le connais pas assez. »
Le Temple a ses mœurs, son langage, ses us et coutumes, son histoire nationale, son patriotisme, ses admirateurs et ses ennemis. C’est le dernier monument païen élevé au dieu Hasard et à la (…) -
Le bateleur de place - 1823
1er décembre 2012, par Léon la LuneSur le Pont-Neuf, entouré de badauds, Un charlatan criait à pleine tête : Venez, messieurs, accourez faire emplette D’un grand remède à tous les maux : C’est bien une poudre admirable Qui donne de l’esprit aux sots, La sagesse aux fripons, l’innocence aux coupables ; Aux vieilles femmes des amans, Aux vieillards amoureux une jeune maîtresse, Aux foux le prix de la sagesse, Et la science aux ignorans. Avec ma poudre il n’est rien dans la vie Dont bientôt on ne vienne à bout ; Par (…)
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Les pastoureaux - 1320
30 novembre 2012, par Léon la LuneDans les circonstances ordinaires, le grand Châtelet n’était guère défendu que par les archers de la prévôté, avec de bien faibles moyens de résistance ; aussi, fut-il souvent envahi par les flots de l’insurrection populaire.
Guillaume de Nangis nous a conservé le souvenir de la prise du grand Châtelet par les pastoureaux, en 1320 :
« Tout à coup éclata, sans qu’on s’y attendît, un mouvement d’hommes impétueux comme un tourbillon de vent ; un ramas de paysans et d’hommes du commun, en (…) -
Production d’un Villon moderne - 1849
26 novembre 2012, par Léon la LuneCopiée sur les murs d’un cabanon de la prison de la Roquette. Comme elle a, elle aussi, sa morale, et qu’elle est écrite dans le style des voleurs, nous la reproduisons comme une pièce assez curieuse, et nous nous gardons bien d’en changer le sens et l’orthographe.
Air connu.
Un soir que j’étais dans la débine, Un coup de vaque il nous fallut donné Pour travailler, je mis au plan ma rondine, Et mes outeils, nous fûmes les déplanquer. (Bis.) Mais en passant le portier vous excrache ; (…) -
Quelques maisons de rendez-vous parisiennes - 1893 - Trottoirs et lupanars
25 novembre 2012, par Léon la Lune— Rue d’Isly, la patronne porte un nom noble, ses pensionnaires lui donnent du DE gros comme le bras. Madame de par-ci, madame de par-là ; à force, elle a fini par croire que c’est arrivé. La première lettre de son nom suit celle que porte l’omnibus qui va de l’hôtel de ville à Plaisance. Elle n’est pas sans esprit, elle a choisi la rue d’Isly en souvenir de la célèbre bataille gagnée par le maréchal Bugeaud en Afrique ; elle a eu raison, car chez elle il s’en livre, de rudes batailles.
Il (…) -
Une visite à la mine à poivre - 1870
20 novembre 2012, par Léon la LuneLes assommoirs sont des mines à poivre, ou boîtes à poivre ; un des grands assommoirs, chaussée Ménilmontant, est cependant qualifié du titre de mine à poivre.
Une visite dans cet établissement et la reproduction de quelques conversations nous montreront les occupations les plus communes des habitués, et permettront d’apprécier les fâcheuses conséquences que le travailleur y puise.
Les jours les plus propices sont le lundi et le mardi. Vous entrez, en face du long comptoir, les sublimes (…)