Il était une fois un homme et une femme, nommés Siblot, qui habitaient la rue de la Roquette, près du Père-Lachaise. Le mari vendait de la terre glaise pour les sculpteurs, et la ménagère exerçait la profession de blanchisseuse.
C’étaient deux rudes travailleurs qui s’aimaient bien, mais dont l’union, quoique légitime, n’avait encore donné aucun fruit. De là naissaient maints regrets, à peine adoucis par la rigueur des temps et par une extrême pauvreté. Ces choses se passaient vers 1846 ou (…)
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Pot à tabac - 1883
12 juillet 2012, par Léon la Lune -
Entrée gratis - 1787
9 juillet 2012, par Léon la LuneJe passais un jour sur la place de Grève. Je vis beaucoup de monde assemblé à la porte de l’Hôtel de Ville. J’aperçus des Paysans portant à leur chapeau des cocardes faites de rubans bleus, et de rubans blancs, se tenant près d’une charrette décorée de branches de lauriers, qui étaient enlacées de pareils rubans ; et attelée de dix forts chevaux liés à la file, et ornés aussi de branches de lauriers et de rubans bleus et blancs. Je crus que c’était une fête publique. Je m’enquis de quoi il (…)
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En ballon ! Pendant le siège de Paris - Voyage extraordinaire de Paris en Norwège - 1870
7 juillet 2012, par Léon la Lune28ème Ascension. 24 novembre 1870. — La Ville d’Orléans.
Aéronaute : Rolier, ingénieur. — Passager : M. Deschamps, franc- tireur.
Dépèches : 960 kil. Pigeons : 6.
Départ : gare du Nord, 11 h. 45 soir.
Arrivée : Norwège, à cent lieues au nord de Christiania, le lendemain à 1 h. soir.
Ce voyage est un des plus curieux de l’histoire des ballons. Nous en rendons compte d’après une lettre adressé à l’Indépendance belge.
« Copenhague, 3 décembre,
Je vous apporte le récit du (…) -
Un nouveau Privat d’Anglemont - 1909
4 juillet 2012, par Léon la LuneJ’ai rencontré M. Durieu comme il allait prendre le tramway pour rentrer à Clamart, où il habite. Tous les jours, à sept heures, M. Durieu monte dans le tramway de Clamart. Tous les jours, sauf le dimanche. Si j’ajoute qu’il est correctement vêtu de noir, qu’il porte sous le bras une serviette de cuir, qu’enfin il a le teint clair et les yeux calmes de celui que ne torturent point des soucis d’avenir, vous devinerez aisément que M. Durieu est fonctionnaire. Il est en effet estimé, au (…)
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Le bal du 15 de la rue des Vertus - 1922
2 juillet 2012, par Léon la LuneOn est pris, sitôt entré, par une atmosphère de gaieté et de mouvement. La salle étroite d’abord s’élargit pour faire de la place aux danseurs, comme une tige porte une fleur épanouie. Cette fleur est la salle de danse. Des glaces en couvrent les murs, tandis que là on voit la décoration faite de panneaux d’un art assez banal représentant soit des balustres et des fleurs, soit des scènes Louis XIII. L’orchestre se compose d’un accordéon et d’une guitare, et le guitariste est assis sur la (…)
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L’avocat, le vin et les voleurs - XVIIème siècle
27 juin 2012, par Léon la LuneVoici un trait d’un Avocat ; qui prouve que l’ivresse pouvait aussi avoir alors quelqu’avantage ; ne faisait-elle que sauver de la peur, et fournir des ressources, qu’on n’aurait pas trouvées dans un état de parfaite raison.
Maître P... dans le siècle dernier, mêlait volontiers les plaisirs du cabaret avec les travaux du cabinet. Une fois qu’il s’était oublié avec un de ses amis et qu’il avait poussé la séance bien avant dans la nuit, en se retirant seul (son ami avait pris un autre (…) -
Le Restaurant des pieds humides - 1910
27 juin 2012, par Léon la Lune« A côté des ambulantes, voici au Restaurant des pieds humides, la marchande de café, la marchande de pommes de terre frites, la marchande de journaux. Celles-ci sont des sédentaires. Les « restauratrices » des pieds humides et les marchandes de pommes de terre frites louent une encoignure à un marchand de vin ou bien s’entendent, — surtout les marchandes de café dont les mastroquets ne toléreraient pas la concurrence, — avec un concierge pour s’installer sous une porte ; elles donnent pour (…)
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La Maison du Lapin-Blanc - 1859
26 juin 2012, par Léon la Lune« Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir, Maurice me dit, après avoir mis la main à la fenêtre et s’être assuré de la tranquillité de l’atmosphère. Je parie que tu ne sais pas ce que c’est que le numéro 6 de la rue aux Fèves ? C’est vrai, et après. Après, après... tu es indigne de l’amitié que te témoigne Jean Hiroux ! Ah ! et pourquoi ? Parce que, je le le répète, tu ne connais pas le numéro 6 de la rue aux Fèves, et, si tu m’en crois, fit il en allumant un cigare, nous allons y (…)
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La couturière de Privat
25 juin 2012, par Léon la LuneL’Eclipse attribue à Privat-d’Anglemont un trait tout à fait digne de ce roi de la basse bohème.
Il avait trouvé un moyen ingénieux de sacrifier à la tyrannie du costume, sans orner son domicile d’aucune couturière. Il entrait dans la loge du premier concierge venu, à l’épouse duquel il tenait à peu près ce langage :
-- Madame, j’ai une visite à faire chez un de vos principaux locataires mais je m’aperçois à l’instant même qu’il me manque un bouton. Seriez-vous assez bonne pour me le (…) -
Les femmes de la Bastille
23 juin 2012, par Léon la LuneLorsqu’il est question de femmes mises à la Bastille, le premier nom, le seul qui s’impose à la pensée, est celui de Mme de Staal ; mais, malgré la grâce qui s’y attache, il faut ne pas voir que lui, et ne l’appeler qu’à son tour.
La plus ancienne prisonnière dont nous ayons connaissance est une demoiselle de Vezilli, qui passa un an au château, de 1659 à 1660. Ravaisson a publié son dossier. On y voit que c’était une femme de fort bonne famille, à qui d’interminables et injustes procès (…)